dimanche 30 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Sexualité 1e

La reproduction sexuée, qui est apparue il y a un milliard d'années a entraîné le développement d'une infinité de combinaisons génétiques, en provoquant une accélération prodigieuse de l'évolution.

Avec la reproduction sexuée est née la motivation sexuelle, permettant le rapprochement du mâle et de la femelle, et la survie de toute espèce ayant adopté cette façon de transmettre ses génies.

Certaines espèces ne vivent d'ailleurs que le temps de se reproduire pour mourir une fois cette tâche accomplie.

Et que dire des odeurs........dans la sexualité. Pour Elliot M.F. il n'y a que la vue ou l'audition qui interviennent dans notre façon d'entrer en contact avec les autres; l'affection semble aussi jouer un rôle dans l'attirance ou la répulsion que les autres exercent sur nous.

Les éthologistes avaient déjà montré que les membres de nombreuses espèces animales utilisent les sécrétions de certaines glandes afin de communiquer aux autres, par le marquage, les lmites de leur territoire ou encore pour attirer le ou la partenaire en vue de l'accouplement. Ces sécrétions furent appelées, pour cette raison, "hormones sociales" ou phéromones. Nos connaissances sont encore limitées sur l'olfaction humaine. Pourtant, des expressions telles que "avoir quelqu'un dans le nez" (ce qui paradoxalement signifie qu'on "ne peut pas le sentir") portent à croire que cet organe joue sûrement un rôle plus important qu'on ne le pense sans que nous en prenions nécessairement conscience.

* à suivre *

samedi 29 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 6e

Conclusion.

Croire que la dépendance est de l'amour, voilà un autre malentendu très courant auquel les psychothérapeutes sont confrontés quotidiennement. L'un de ses effets les plus spectaculaires apparaît chez l'individu qui menace ou tente de se suicider, ou qui fait de la dépression à la suite du rejet ou de la séparation d'un amant ou d'un époux.

Une telle personne dira:

Je ne peux pas vivre sans mon mari (ma femme, mon amie), je l'aime tellement!
Et je réponds:
Vous faites erreur, vous ne l'aimez pas.
Mais, reprend-elle en colère, je viens de vous dire que je ne pouvais pas vivre sans lui (elle, etc.).
Alors j'essaie d'expliquer:
Ce que vous décrivez, c'est du parasitisme, pas de l'amour. Lorsqu'on a besoin d'un autre individu pour survivre, on est un parasite de cet individu. Il n'y a pas de liberté dans votre relation. Il s'agit de besoin plutôt que d'amour. L'amour est un choix délibéré. Deux personnes ne s'aiment vraiment que lorsqu'elles sont capables de vivre l'une sans l'autre mais choisissent de vivre ensemble.

Je définis la dépendance comme l'incapacité de se reconnaître comme un tout et de fonctionner correctement sans avoir la certitude qu'on est pris en charge par quelqu'un. La dépendance chez les adultes physiquement sains relève de la pathologie; elle est malsaine et toujours la manifestation d'une déficience ou d'une maladie mentale.

Il faut la distinguer de ce qu'on appelle communément les besoins ou sentiments de dépendance que nous avons tous, même si nous affirmons à nous-mêmes et aux autres le contraire. Nous avons tous le désir que quelqu'un s'occupe de nous, le désir de recevoir sans effort, d'être choyés par quelqu'un de plus fort que nous-même si nous sommes des adultes responsables, en regardant au fond de nous-mêmes avec lucidité, nous trouverons toujours un désir d'être chouchoutés.

vendredi 28 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 5e

Pour terminer cette partie sur les dynamiques de dépendance, il demeure essentiel de définir la personnalité indépendante. En fait, dans un contexte de relation interpersonnelle, l'indépendance ne saurait exister sans l'autonomie.

Par ailleurs, comment décrire l'indépendance:

  1. la personne indépendante associe l'estime de soi à l'individualité, cette affirmation d'être à la fois semblable et différent, à cent lieux de l'individualisme qui prône le chacun pour soi et l'égocentrisme.
  2. Il s'agit de femmes et d'hommes qui se reconnaissent une valeur constante, cultivent leurs relations d'intimité; apprécient l'engagement et multiplient leurs sources d'expériences valorisantes.
  3. Fidèles en amitié et en amour sans exiger l'exclusivité, centrées sur elles-mêmes mais dénuées d'égoïsme ou d'égocentrisme, recherchent la critique créatrice, ces personnes curieuses se sentent à l'aise à expérimenter et à explorer.
  4. l'intimité; l'engagement, l'affirmation de soi et la liberté leur apparaissent tout à fait compatibles.
Mais parce qu'on n'est jamais tout à fait blanc ou tout à fait noir, il se peut fort bien que des aspects de dynamique d'indépendance côtoient parfois, par exemple en situation de crise, des éléments de dynamique de dépendance. En ce sens, l'indépendance et l'autonomie demeurent des idéaux, mais combien stimulants, motivants, épanouissants quand ils favorisent le développement de l'individualité et de la coopération dans un élément de respect et d'échange réciproques?

* à suivre *

jeudi 27 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 4e

Cette présentation de la dépendance laisse sur sa faim. Quels liens fait-on entre les facteurs prédisposants, les traits caractéristiques et les complications potentielles? Y-a-t-il des facteurs précipitants ou perpétuants? Une telle définition, toute schématique soit elle, répondrait-elle plus à un besoin d'étiqueter qu'à un désir de comprendre ce trouble de la personnalité dans ses dynamiques et ses contextes d'évolution?

Dans la notion séparation - individuation, Margaret Mahler, théoricienne et clinicienne de la psychanalyse, a formulé l'hypothèse d'une phase déterminante pour le développement psychologique. Mahler et son équipe (1980) ont observé le processus de séparation individuation entre des enfants, âgés de quelques mois à trois ans, et leur mère. Distincte de la naissance biologique, se ferait par étapes. Les adultes significatifs, notamment la mère, joueraient un rôle-clé en favorisant ou non chez l'enfant l'acquisition de ses propres caractéristiques individuelles.

* à suivre *

mercredi 26 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 3e

Les manifestations sont:

  1. est incapable de prendre des décisions dans la vie de tous les jours sans être rassuré(e) ou conscillé(e) de manière excessive par autrui;
  2. laisse autrui prendre la plupart des décisions importantes le (la) concernant, par exemple où habiter ou quel emploi prendre;
  3. se montre "d'abord" avec les gens, même quand il (elle) pense qu'il se trompe, par crainte d'être rejeté(e);
  4. a du mal à mettre en route des projets ou à faire des choses seul(e);
  5. se porte volontaire pour faire des choses désagréables ou dévalorisantes pour se faire aimer par les autres;
  6. se sent mal à l'aise ou impuissant quand il (elle) est seul(e) ou fait des efforts considérables pour éviter d'être seul(e);
  7. se sent annihilé(e) ou impuissant(e) quand une relation proche s'interrompt;
  8. est fréquemment préoccupé(e) par la crainte d'être abandonné(e);
  9. est facilement blessé(e) quand il (elle) est critiqué(e) ou désapprouvé(e) par autrui;

Le DSM III-R retient deux facteurs prédisposants (une maladie physique chronique pendant l'enfance ou l'adolescence, l'angoisse de séparation de l'enfance et conserve les complications potentielles de la première version (dépression majeure, trouble dysthémique).

* à suivre *

mardi 25 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affectives 2e

Dépendants Affectifs.

Tout au long de son enfance et de sa jeune adolescence, Elizabeth, adulée par un père présent, dynamique et stimulant, se voyait comme une princesse. À 23 ans, elle recherche en des amours multiples et passionnés, éphémères et décevants, ce sentiment si valorisant d'être la personne la plus importante et la plus merveilleuse aux yeux de ses conjoints. Quand ses amies lui soulignent qu'elle semble rechercher un père idéal plus qu'un conjoint à son égal, elle répond qu'elle ne peut pas se contenter de moins que ce qu'elle a connu.

En 1987, le DSM III Révisé présente une seconde définition qui remplace les trois critères monothétiques de 1980 par neuf critères polythétiques, c'est-à-dire que la présence de cinq parmi ceux-ci suffit pour établir un diagnostic de personnalité dépendante. Voici les critères tels que les les présentent loas et Guelfi.

Mode général de comportement dépendant et soumis, apparaissant au début de l'âge adulte et présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes:

* à suivre *

lundi 24 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 1e

Dépendances affectives.

La dépendance a une empreinte.

Au cours de leur enfance, de leur adolescence ou au début de leur âge adulte, ces personnes ont vécu une expérience marquante au sein d'une relation affective significative, familiale, amoureuse ou autre. N'ayant pas fait le deuil ou la séparation avec ce passé, elles ne réussissent pas à s'en détacher et interprètent le présent dans la crainte ou l'espoir d'une possible répétition de ce malheur ou de ce bonheur.

Face à une expérience nouvelle, ces femmes et ces hommes tendent à réagir en fonction d'un souvenir-fantasme ayant la force d'une empreinte psychique, plutôt qu'au potentiel d'originalité ou d'exploration de soi et de l'autre qu'offre la réalité du présent.

À 21 ans, Gilles, pour la première fois de sa vie, louait un appartement avec son amie Manon, et non plus avec des copains ou copines d'université. Quatre mois plus tard, en plein hiver, le drame éclatait. Manon annonçait à Gilles sa décision de se séparer et lui demandait d'aller vivre ailleurs.

Quinze ans plus tard, Gilles revivait pour la xième fois une nouvelle séparation d'avec une conjointe parce qu'il lui refusait de partager son projet d'habiter ensemble. Gilles s'était juré de ne jamais plus lier amour et cohabitation. Parfois, il se trouvait trop rigide, mais sa peur finissait toujours par l'emporter.

* à suivre *

dimanche 23 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 21e

Les chevaliers de l'espoir perdu.

La solution des anonymes: un inventaire minutieux et crucifiant de toutes leurs fautes passées. Ils se dénoncent au groupe et réparent ces erreurs si lourdes. Un rétablissement durement gagné. Et peu importe qu'ils soient pardonnés ou pas, ils en ressortent allégés d'un énorme fardeau et remplis de dignité...assez pour en redonner à leur tour.

Cette attitude chevaleresque préviendra la rechute et deviendra leur nouveau mode de vie. Ils deviendront parrains et avec grand bonheur passeront le reste de leur vie à aider les autres sexolistes à retrouver la sortie de secours des bas fonds.

Les groupes anonymes sont efficaces pour régler les problèmes de ceux qui veulent arrêter; mais ils ne s'intéressent pas aux causes de la dépendance. À ce moment, l'aide des professionnels peut s'avérer efficace.

Toutefois, un moyen ne contredit pas l'autre. Une grande partie des thérapeutes envisagent un travail complémentaire avec les anonymes "ces groupes s'avèrent plus efficaces avec le nombre d'années de sobriété des membres qui peuvent ainsi agir comme des guides, mais il faut aussi valoriser les autres dimensions de leur vie", assure le sexologue de la maison Jean Lapointe.

"Pourtant, il est clair que ces groupes d'entraide aident à vaincre les dépendances, cicatrisent les blessures psychologiques et sont un puissant antidote au problème de la solitude qui multiplie les autres problèmes, que ce soit la drogue, le jeu ou l'alcool", affirme Yves avec détermination. Il y a des années qu'il n'a pas eu d'activités sexuelles. Il se dit heureux et en paix.

Un petit conseil pour les futurs Yves? Le psychiatre Aubert suggère de faire le tour des différentes options : "ce qui est important, c'est qu'il n'y a pas de traitement miracle qui travaille à la place des gens. Et si les gens sont décidés à changer qu'ils se fassent confiance."

samedi 22 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 20e

Une suite de 24 heures.

À partir de là, la vie devient une suite de 24 heures. Chaque matin, Yves demande la force de ne pas avoir d'aventures aujourd'hui. Et demain? On verra bien! Pour la plupart des sexoliques, imaginer l'abstinence éternelle est proprement inimaginable et créerait une anxiété tellement profonde que la rechute deviendrait inévitable.

Plusieurs semblent guéris, ils ne sont plus obsédés, mais tous sont d'accord pour dire qu'ils restent vulnérables. Les rechutes sont toujours possibles et tout spécialement lors des coups durs.

"Dans une période de stress, il faut donc travailler beaucoup au niveau de la prévention; par exemple, être aux aguets au nombre de masturbations qu'ils ont dans la journée, du genre de situation à éviter, ou encore savoir comment et quand demander l'aide d'un thérapeute ou d'un réseau. Surtout, mais surtout, il ne faut pas voir la rechute comme une défaite", affirme le Dr. Aubert.

vendredi 21 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 19e

Souffrance.

"Le désir d'activités sexuelles est si grand qu'ils cherchent les situations dans lesquelles ils s'exécutaient avant. Ils auront des manifestations psychosomatiques (imaginaires) qui sembleront physiques comme un mal de tête, de coeur, etc. Aucune recherche n'a cependant prouvé qu'il y avait un impact réel sur le corps", analyse le psychiatre Jocelyn Aubert. Mais qu'ils soient physiques ou psychosomatiques, les dépendants souffrent énormément durant cette phase.

L'acteur Michael Douglas peut en témoigner. Il a traversé ce chemin infernal, appelé sevrage - coupé de toute activité sexuelle pendant 88 jours, à la clinique Sierra Tucson en Arizona. Il a crié, donné des coups de poing dans les oreillers, médité et surtout, il s'est confié. Lors d'un tel jeûne, la crise d'identité est énorme. Selon Yves et les autres sexoliques, le sevrage de sexe est aussi douloureux que celui de l'alcoolisme: "Nous ne savons pas qui nous sommes, parce que nous l'avons fui pendant si longtemps. Notre façon de réagir dans son ensemble nous déplaît. On ressent, en même temps, toute la douleur et l'anxiété que l'on a cachées pendant toutes ces années, en plus de celles qui viennent de ce que l'on réalise. Imaginez l'agressivité que ça provoque!".

Une fois ce passage des ténèbres terminé et que les étapes sont enclenchées, la libération et le bien-être sont si grands qu'il ne reste plus qu'à remercier et demander que ce bonheur, nouvellement acquis et si fragile, perdure....au moins pour aujourd'hui.

jeudi 20 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 18e

Mon dieu, sors-moi des ténèbres.

Mais avant tout, il faut absolument arrêter ces ébats qui les intoxiquent. Un stoppage des plus affligeants. Quand ils sentent le volcan près de l'éruption et qu'ils la retiennent de toutes leurs forces, qu'ils n'en dorment plus, qu'ils en ont mal au coeur, à la tête, à l'âme et que plus rien ne les soulage, les sexoliques n'ont plus rien à perdre. La spiritualité - ne pas confondre avec religion - devient alors une part importante de leur cheminement. Ils ont besoin que, logiquement, il existe une puissance aussi forte que leur dépendance qui serait, elle, positive. Seule l'espérance qu'il existe une telle force est suffisante pour entamer le changement. "Cette puissance supérieure peut être le groupe, le cosmos, ou les petits oiseaux. Ça dépend de chacun, élucide Yves en rigolant. L'important, c'est le courage et l'espoir que ça procure."

Une fois l'impuissance admise, ce serait trop facile de dire:"oui, oui, je suis malade", il faut le sentir jusqu'au fond de ses entrailles et en reprendre la responsabilité. "Habituellement, avant le début du rétablissement, ils remettent sur les autres la responsabilité de leur bonheur et de leur malheur", constate la psychologue Céline.

* à suivre *

mercredi 19 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 17e

Parler avec d'autres.

Bill Wilson, l'un des fondateurs de AA a découvert que pour éviter de retoucher à l'alcool, il devait parler le plus souvent et le plus honnêtement possible avec d'autres alcooliques. C'est pour cette raison que les anonymes ont instauré différentes règles, afin de mieux écouter les confidences de leurs confrères et consoeurs.

"Personne ne peut interrompre ou commenter ce qu'un autre a à dire et surtout, on ne parle jamais d'autres choses que de notre dépendance", raconte Yves, membre depuis trois ans des S.A.

De plus, grand soulagement pour les nouveaux arrivants; personne n'osera les juger. Ils en ont tous fait autant...sinon plus. Enfin, ils rencontrent d'autres sexoliques qui ont réussi à sortir de ce bas fond. L'espoir revient et le miroir fait moins peur.

Reste à savoir comment ces revenants y sont arrivés.....

Grâce au programme de douze étapes suggéré par les anonymes, il s'additionne à d'autres conseils comme lire les témoignages d'autres sexoliques et la littérature du mouvement, mais le plus important, assister aux réunions.

Yves et Gérard suivent cette recette à la lettre. Ils ont admis qu'ils pouvaient s'en sortir seuls. Ils l'ont d'ailleurs essayé des centaines de fois, en vain.

* à suivre *

mardi 18 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 16e

Les anonymes ou l'anarchie du réconfort.

Il y a deux à Montréal, les DASA (Dépendants affectifs et sexuels anonymes) ou S.L.A.A., pour les anglophones, et les S.A. (Sexoliques Anonymes). Tous deux proviennent des États-Unis mais se différencient par le degré de retenue nécessaire afin de contrôler la maladie. Les DASA laissent leurs membres décider seuls de leur seuil de tolérance sexuelle. Les SA, pour leur part, considèrent une personne sobre, quand elle n'a aucune activité sexuelle, sauf avec son conjoint.

Ces groupes accueillent tous ceux qui ont besoin, peu importe leur emploi ou leur orientation sexuelle. Ils souffrent, c'est tout ce qui compte. On y utilise que son prénom, son vécu et surtout, son écoute. On omet tout contrôle, carte ou liste de membres.

Les anonymes forment ainsi de petites anarchies où le calme règne en maître.

La majorité de ces anarchistes se méfient des conseils d'experts. Pour eux, les thérapeutes sont des aviateurs qui tentent de décrire le dessous d'un iceberg du haut de leur nuage. "l'enfer, le bas fond, ils ne savent pas ce que c'est. Ils ne parlent pas la même langue que nous et ils coûtent très cher, affirme Yves avec un soupçon de révolte dans la voix. Les groupes, eux, ne coûtent rien à personne. Ils refusent même les contributions extérieures, par conséquent, tout le monde est égal et on se comprend."

* à suivre *

lundi 17 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 15e

Le sexologue.

Pour apprendre à revivre, Yves et Gérard, comme beaucoup d'autres sexoliques, auraient pu se rendre chez un thérapeute comme Michel Lemay. Un sexologue qui anime des sessions d'information sur le lien entre la sexualité et les autres intoxications à la Maison Jean Lapointe.

Celui-ci affirme que chacun d'eux aurait appris que ses fantasmes sont comme des rêves. Ils doivent être interprétés, et, non réalisés intégralement. Ainsi, les deux hommes auraient découvert leurs besoins, leurs propres normes et éliminé, la honte qu'ils ont face à leurs ébats. Pour le sexologue, la thérapie est un moyen d'atteindre un niveau d'intimité appréciable avec quelqu'un ou encore de vivre seul tout en étant heureux.

Juste un petit peu de bonheur, n'est-ce pas là le seul but escompté? Du côté de la biologie, on se demande encore où se situe ce fameux bonheur. Au niveau des neurones ou des hormones? Dans les différents départements de psychiatrie, on choisit selon les CEO. D'un côté, on procure aux sexoliques une thérapie visant à améliorer leur qualité de vie et de l'autre, plus rare, des médicaments à base de testosterones ou toute une panoplie d'anti-dépressifs afin de diminuer leur libido. Or, ces pilules ne font que contrôler la maladie. Pour eux, fini les potions magiques et les gourous qui savent tout, Yves et Gérard ont choisi les groupes anonymes.

* à suivre *

dimanche 16 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 14e

Le sexe, souvent, longtemps, tout le temps...c'est bon, pourquoi s'en passer? Gérard, le sait lui. Sa vie en est envenimée. L'homme d'affaires de 40 ans se masturbe plusieurs fois par jour. Il devient incapable de négocier:
"Je suis sûr que ça se voit dans mes yeux." Plus il a honte, plus il occupe la salle de bain, son refuge. Il fuit sa vie. Compagne savoureuse au début, la masturbation l'a rendu esclave. Sa drogue est le sexe et Gérard crie à l'aide. Qui sera là pour lui? Les discrets groupes d'entraide qui sillonnent les sous-sols d'Église en appliquant les principes des A.A? Les experts bien réfléchis et documentés? Ou les deux?

On dit d'Yves qu'il en a brisé les casques. Mais, dans sa tendre enfance, c'est le sien qu'on a brisé. Né d'un père alcoolique, les manques (d'attention, d'affection, d'encouragement, etc.) se succédaient et Yves n'a jamais appris à communiquer. Pendant de nombreuses années, il a bien caché sa solitude et ses émotions derrière le masque de la luxure. Est-ce vraiment possible de récupérer la pendule et de combler le vide qui provient de l'enfance? Enfin, voler de ses propres ailes. Selon Jocelyn Aubert, psychiatre et professeur de l'université de Montréal, la réponse est un oui conditionnel: "s'ils veulent remanier leur vie, les dépendants devront aller chercher le soutien nécessaire, se poser beaucoup de questions et être ouverts aux changements, qui sont très souffrants en passant. La dépendance coûte cher, plus tu veux arrêter de payer. Certains jeunes par exemple, n'ont pas assez souffert. Ils n'investiront pas beaucoup d'énergies dans cette démarche."

* à suivre *

samedi 15 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 13e

Les dépendances s'entremêlent en plus de ceux qu'il aide en clinique privée, le sexologue Michel Lemay anime à la Maison Jean Lapointe des sessions d'information sur la sexualité et la consommation d'alcool et de drogue de ce centre de désintoxication. Souvent les dépendances s'entremêlent. Le psychiatre Jocelyn Aubut tient à préciser qu'il est impossible d'expliquer un comportement humain par un seul et même facteur. D'autres composantes telles le passé et la perception de la personne seraient souvent oubliées. Par exemple, le fait qu'il était le plus jeune d'une famille de 18 enfants et qu'il n'a jamais eu la possibilité de s'affirmer constituerait un autre facteur primordial afin de mieux saisir le comportement de Gaëtan.

Michel Lemay ajoute à ces facteurs, l'irresponsabilité du système d'éducation face aux enfants plus vieux: "notre éducationo Judéo-Chrétienne a séparé le sexe de notre vie. Il a valorisé l'autorité et l'individualisme - l'école en est venue à parler de MTS et de biologie, mais jamais des motivations de rompre et de baiser, ou encore, sur comment on peut grandir là-dedans. Un questionnement s'impose sur la qualité qu'on accorde globalement à notre bien-être au sein de la relation sexuelle et sur nos modèles culturels d'érotisation. Le mythe de la performance sexuelle doit cesser d'être une tape dans le dos."

* à suivre *

vendredi 14 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 12e

Question d'hormones?

Toutefois, selon le Dr. Rock Carbonneau, il est plus probable que le problème se situe du côté de l'accueil que leur réservent les différentes cellules. L'hormone, comme une clé, tenterait de s'introduire à l'intérieur de la serrure (structure chimique) de chaque cellule, dont la forme est héréditaire; d'où la divergence d'une personne à l'autre. Les sexoliques seraient dotés de cellules hyper- réceptives. De bien plus belles hypothèses d'experts qui n'ont pas toujours aidé Gaëtan. Sa vie a été bouleversée par un événement, un seuil. Il a été abusé sexuellement par son frère lorsqu'il avait 3 ans. Son cas n'est pas unique. Chez les sexoliques, 81 pourcent auraient subi le même sort. "Le problème est qu'il y a un mélange de deux réactions dans l'agression: le sentiment d'avoir subi le pouvoir de l'autre dans la partie la plus intime de son être et la ferme conviction que c'est la seule façon d'avoir de l'attention. Tout cela modifie considérablement les comportements relationnels, dit-il.

* à suivre *

jeudi 13 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 11e

Existerait-il une hormone du samedi soir qui propulserait directement les sexoliques dans les tumultes de leur dépendance? Selon le Dr. Rock Carbonneau, du département de biologie de l'université de Montréal, les études sérieuses en ce domaine ne dâtent que les anéées 70 et les chercheurs en sont à leurs premiers balbutiements.

Néanmoins, le docteur a bien l'impression qu'elle existe, cette sacrée hormone: "l'endorphine et d'autres protéines humaines auraient les mêmes effets que la morphine. Elles donneraient une sensation de bien-être et seraient secrétées dès que l'individu effectuerait une activité physique suffisamment exténuante comme les ébats sexuels. De plus, la libido pourrait être modifiée par la fréquence avec laquelle le cortex surrénalien (partie du cerveau) secrète les hormones androgènes, c'est-à-dire les testostérones chez les hommes, l'oestrogène et la progesterone chez les femmes."

* à suivre *

mercredi 12 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 10e

Le Cas de Mme Bovary

Chaque sourire cachait un baillement d'ennui, tout plaisir son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissaient sur la lèvre qu'une irréalisable envie d'une volupté plus haute. (...) Mme Bovary n'était pas heureuse. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait?.... En 1856, Flaubert s'intéressait déjà aux causes de ce qui, plus tard, serait nommé la dépendance sexuelle.

Aujourd'hui, la question demeure......

* à suivre *

mardi 11 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 9e

Comme Gaëtan qui est toujours en désarroi depuis sa séparation, les sexoliques sont terrifiés devant la possibilité de rejet, de l'impuissance ou de l'incompréhension. Tout leur amour propre en dépend. Victimes et bourreaux, ils sont donc incapables de rompre ou de dire non. "Je me disais: ils vont m'aimer s'ils couchent avec moi. Le vide n'était jamais comblé, je me sentais belle sur le coup, mais....je n'avais jamais d'orgasme et je pleurais toujours après avoir fait l'amour", raconte Jacqueline fébrile. Certains vont jusqu'à se prendre pour Zélig, le fameux homme-caméléon de Woody Allen. Ils changent leur personnalité pour les besoins de la séduction; moyen par excellence de cacher leur sentiment d'être étranger à tous et partout.

* à suivre *

lundi 10 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 8e

C'est le cas d'Yves qui a séduit une multitude de dames : " J'avais édifié une forteresse autour de moi. Personne, absolument personne ne pouvait entrer et je ne pouvais en sortir. Je n'avais jamais de réactions extrêmes comme la colère ou une grande joie. Ça m'aurait obligé à communiquer et à me rendre vulnérable.

Je suis resté six ans avec une fille et je ne parlais tellement pas de moi qu'elle ne savait même pas quel genre de musique j'aimais. Je baisais avec tout le monde, sauf avec elle."

* à suivre *

dimanche 9 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 7e

Évidemment, ces malheureux subissent un exténuant conflit interne. Plusieurs d'entre eux se voient comme des êtres sans volonté et des pervers. Ils craignent de révéler ce qu'ils font par peur d'être méprisés ou tout simplement abandonnés. "Je sais que je ne suis pas correct et je me sens très coupable de mes fantasmes...", explique Paul, un homme marié. Les voix masculines des lignes érotiques sont l'objet de son supplice.

La sélection "naturelle".

La psychologue Céline Mondor dresse un portrait assez ahurissant, mais réaliste, des sexoliques : "ces gens là ne voient, dans les autres personnes, que la source de plaisir sexuel. Quand ils rencontrent quelqu'un, la seule et unique question qu'ils se posent est de savoir s'ils peuvent baiser avec elle ou lui."

La raison de ce comportement est simple. Les obsédés se croient indignes d'intimité ou d'amour. Voilà pourquoi certains préfèrent la masturbation ou les ébats avec une prostituée; le sexe sans aucune communication. Les adeptes des aventures d'un soir, eux, se sauvent le plus possible de leur partenaire après le coït.

* à suivre *

samedi 8 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 6e

Paul est piégé par les lignes érotiques : "je ne peux me lever la nuit pour aller me chercher un verre d'eau sans arrêter devant le téléphone pour appeler 1-976. J'ai demandé à ma femme de faire disparaître tous les téléphones, touch-tone, portable, iphone de la maison." Après 20 ans de mariage et deux beaux enfants, Gaëtan considère l'infidélité comme un mode de vie : "Je vois la femme comme une paire de seins. Voilà ce à quoi j'ai réduit mes relations avec elle! J'en ai même déjà oublié la fête de ma fille et dépensé tout l'argent de son cadeau pour une prostituée." Après une panoplie de mésaventures du genre, sa femme a mis fin à leur vie conjugale.

Paul, Gaëtan et Jacqueline souffrent d'une maladie étrange et sournoise: la dépendance sexuelle. La masturbation, le voyeurisme, l'exhibitionnisme, bref, le sexe, jour et nuit, rarement joyeux, souvent douloureux. "Toute leur vie tourne autour de ça : leur budget, leurs loisirs, leurs relations...", constate la psychologue Céline Mondor, une recherche américaine effectuée dans les années 1990 révélait qu'une personne sur 12 est dépendante sexuelle. Quatre sur cinq sont des hommes. Les dépendants sexuels viennent de tous les milieux; depuis Don Juan jusqu'à Michael Douglas, en passant par John. F. Kennedy, Frank Sinatra, Victor Hugo et des milliers d'inconnus. "Notre difficulté est que le mal est progressif. Si nous n'apprenons pas à le contrôler, il ira toujours en s'aggravant, nous en voudrons toujours plus", explique Gaëtan.

* à suivre *

vendredi 7 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 5e

Écoutez l'histoire de Jacqueline, de Paul et de Gaëtan pour nous convaincre de cette maladie:

Jacqueline ne vit que pour les histoires d'un soir : "À chaque aventure, je me promets de ne pas recommencer.....jusqu'au lendemain soir! Déchirée entre le fait que j'ai besoin d'attention et la façon dont je l'obtiens, je me sens seule, inadéquate socialement. Et ça progresse depuis que je suis jeune."

* à suivre *

jeudi 6 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 4e

Cercle infernale des malheurs.

Un cercle qu'on nomme sexolisme par analogie à l'alcoolisme. Il entraîne ses victimes, soit vers des comportements sexuels hautement dangereux, soit dans une suite infernale de malheurs. Selon le livre 'Don't Call it Love' de Patrick Carnes, un sondage effectieux auprès de 1000 dépendants sexuels révèle que 27 pourcent d'entre eux ont perdu leur emploi ou ont été arrêtés, plusieurs ont aussi perdu leur famille, leurs amis, leur santé, et surtout, leur estime personnelle.

* à suivre *

mercredi 5 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 3e

Pour Danielle Tardif, cette maladie débute à l'enfance ou à l'adolescence. Elle se caractérise par des sentiments excessivement pénibles. Émotions trop intenses, manques d'estime de soi, solitude ou vide intérieur, tous provoquent un remous à la fois physique et psychologique. La victime doit apaiser son tourment rapidement et le plaisir sexuel devient le calmant idéal. De plaisir en plaisir, l'habitude s'installe, s'incruste et devient obsession.

Les relations n'ont plus la dignité d'autrefois, le dépendant se contente de ce qui passe. Honteux et plein de remords, il se sait esclave de ses instincts. À ce stade, le dépendant devient désespéré. Il réalise qu'il a perdu la maîtrise de sa vie.

Pour ne pas vivre l'angoisse de sa douloureuse prise de conscience, il recommence....Plus rien ne semble pouvoir le sortir du cercle vicieux.

mardi 4 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 2e

Au même titre que l'alcoolisme, la dépendance a été diagnostiquée comme une maladie. Après avoir été taxées de manque de volonté pendant des années, la narcomanie, la cocaïnomanie, etc., ont aussi rejoint les rangs des maladies dans le répertoire de l'association américaine de psychiatrie. Depuis, le gambler ou le joueur pathologique a démontré que la dépendance n'est pas nécessairement liée à l'absortion d'une matière quelconque. Ainsi, en 1981, la même association a reconnu que la dépendance au jeu était aussi forte que celle de l'alcool. Tout comme les joueurs et les outre-mangeurs, les sexoliques fuient la vie réelle. Seule leur obsession est différente...pour eux, c'est la sexualité.

lundi 3 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle

La dépendance sexuelle a un nom

Dépendance, état d'une personne qui est soumise à un être ou à une chose. La dépendance peut exister à l'égard d'un produit toxique dont on use pour en retirer du plaisir ou dissiper un malaise.

On distingue deux sortes de dépendance:
  1. la dépendance physique, qui est un état adaptatif ayant pour conséquence l'apparition de troubles physiologiques et psychologiques intenses lorsque la prise de drogue est suspendue ("état de manque").
  2. dépendance psychique, caractérisée par le désir impérieux de renouveler la consommation du produit toxique. À défaut, le sujet présente un état dépressif anxieux. Mais il s'agit de dépendance sexuelle que vous allez lire au compte-goutte sur nos pages.
* à suivre *

dimanche 2 novembre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte 8e








La médecine créole en Haïti pense autrement le développement des soins de santé, la maladie du bon Dieu indique le chemin du Docteur de la médecine moderne. La maladie naturelle, qu'on pourrait qualifier de mécaniste, peut conduire sur le chemin du Docteur feuille ou médecine créole. Les soins dispensés dans ses espaces sont préventifs et curatifs et peuvent être renforcés par des rituels simples. La maladie est un événement familial et c'est au sein de la communauté que se prennent toutes les décisions concernant les stratégies de guérison. Si c'est une maladie loa ou une maladie diable qui est suggérée par le groupe, ces gens se dirigeront vers le houngan ou la mambo. Le Houngan ou la mambo dispensent leurs soins dans le pérystile de la région. Les rituels de guérison souvent très complexes sont effectués selon la gravité des maladies. Ils assurent aussi les échanges symboliques entre les vodouisants et les esprits.

Y-a-t-il une comparaison entre le Shaman et le Houngan, pour le comprendre, allons voir ce qui se passe chez le Shaman.

Le grand sorcier primitif

Depuis le début du siècle, l’éthnologie a coutume d’appeler chaman ou shaman, medecine-man, (grand) sorcier, voire magicien, les individus doués de pouvoirs magico-religieux, basés sur l’extase, qui leur confèrent un rôle essentiel dans les sociétés dites primitives.

Il existe un chamanisme sibérien, indonésien, océanien, nord et sud américain. Malgré cette diversité géographique, les traits de ces chamanismes sont si constants qu’on a pu les intégrer dans l’étude de certaines religions de peuples évolués et que l’on a parlé d’un chamanisme chinois, indien, iranien, germanique pour désigner l’ensemble des éléments primitifs et magiques subsistant dans les religions ou folklores de ces peuples.

Pour mieux cerner le problème, nous dirons qu’au sens strict, le chamanisme est avant tout un phénomène du centre de l’Asie (le mot provient du toungouse shaman), et qu’il peut se définir comme une « technique de l’extase », dotée de pouvoirs miraculeux que nous préciserons.

Cette technique de l’extase, soulignons-le, implique « transe »mais nullement « possession ordinaire » : si le chaman, dans son extase communique avec les Esprits de la Nature ou avec les morts, c’est pour leur imposer ses vues, pour les utiliser, et non pour devenir, par une « possession » quelconque, leur docile instrument.

Ceci n’est évidemment pas à la portée de n’importe qui. Le chaman est un élu, appelé par vocation. Car il n’est pas seulement un magicien. Il est également mystique, prêtre, poète, responsable des âmes et de la vie religieuse de la communauté (dans la mesure où l’âme est impliquée). La vocation se manifeste de différentes manières : par hérédité de la ligne féminine chez les Vogouls; par hérédité masculine et reconnaissance des Esprits, chez les Ostyaks et les Samoyèdes sibériens; par révélation en rêve d’un chaman défunt chez les Toungouses transbaïkaliens; par un don inné du ciel chez les Ostyaks orientaux et les Vasiuganes, etc. Comme nos médiums, le chaman est souvent affecté d’états morbides qu’Ohlmarks qualifiait d’ « hystérie arctique ». Cependant le chaman, répétons-le, est toujours maître de sa transe, il ne faut donc pas le confondre avec l’épileptique; il est, comme l’a écrit Éliade, grand spécialiste du chamanisme, « un malade qui a réussi à guérir, qui s’est guéri lui-même » et qui prétend guérir les autres.

Les pouvoirs du Shaman

L’expérience du chaman est riche en extases, maladies et rêves, soit « venus du ciel », soit provoqués. Élu, ayant subi sa « maladie-initiation » (souffrance, mort et résurrection symboliques), le chaman devient le grand maître de la transe extatique. Cette extase lui permet notamment : 1) de discerner les âmes des mortels, de les suivre lorsqu’elles quittent leur corps (sommeil ou mort) et de les ramener éventuellement dans ce corps; 2) de descendre aux Enfers pour racheter les âmes d’accidentés ou de malades et les ravir aux démons voraces; 3) de monter au ciel et de conserver avec les dieux. Bref, elle le libère des servitudes de l’espace et du temps. Elle lui accorde d’étonnants pouvoirs : lévitation, vol dans les airs, invisibilité, maîtrise du feu, dépècements initiatiques, etc. Guérisseur et « conducteur d’âmes », le chaman dompte les éléments, comprend le langage secret des dieux et des démons, prend à volonté des formes animales, se rend invisible à son gré, maîtrise la chaleur et, en produisant pour lui-même une « sudation magique », dompte le froid et brave les blessures. Comme guérisseur, sa spécialité s’exerce en ce monde et dans l’autre.

Une première étape de la guérison chamanique consiste en un « rappel de l’âme ». Chez les Bouriates de la région d’Alarsk, par exemple, entouré de plusieurs objets, parmi lesquels une flèche : de sa pointe, un fil de soie rouge mène jusqu’à un bouleau dressé à l’extérieur de la yourte, dans la cour. C’est par ce fil que l’âme du malade est censée réintégrer son corps; pour cette raison, la porte de la yourte reste toujours ouverte.

Si l’âme du malade refuse de revenir, le chaman procède à sa recherche et finit par descendre au Royaume des Morts pour l’en ramener.

samedi 1 novembre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte 7e

LEGBA

C’est la « voix » qui pourrait être dite « de la masculinité ». Elle structure cette position libidinale qui est culturellement identifiée, et donc contrôlée, par des attributs de la masculinité, de la puissance dominatrice, du pouvoir et de l’autorité. Legba garde les barrières et autorise les « passages ». Il est donc le maître du signifiant. À la croisée des chemins, il banalise l’errance, sédentarise le pulsionnel et mesure l’innombrable. Il est donc le nom. Il nomme et nombre. Il est donc logiquement l’époux d’Erzulie : ce qui rend pour elle, la jouissance possible.

Le vèvè qui n’invoque pas un esprit particulier tend à ouvrir un espace où des énergies sont (ré) utilisées à des fins politiques, économiques, sociales, médicales ou idéologiques ce qui est alors en cause n’est pas la signification. L’herméneutique fait partie d’ici de l’écriture. Le vèvè ne représente pas. Il accomplit, met en jeu, contrôle, réalise.

ASSON

L’Asson est l’emblême de la jouissance du pouvoir et du savoir dans le vodou. C’est l’objet symbolique que reçoit celui qui a pu atteindre la plus haute initiation vodouique. Il est en quelque sorte ce à quoi tout vodouisant aspire, et que n’atteint que le petit nombre des houngan et mambo qui ont pouvoir sur le visible et les insivisibles.
La fonction sociale de l’Asson est ainsi de connoter la jouissance d’un pouvoir. Dans sa référence phallique il n’est pas sans indiquer le rapport que cette jouissance entretient avec une maîtrise de ce qui a lieu dans la crise de possession, en tant que celle-ci peut être perçue ou théorisée comme le déplacement et la mise en scène de la jouissance.

Le vèvè ne représente pas le voyage de l’initié au-delà des frontières dont l’écriture marque le corps de l’individu. Il est l’acte même du voyage. Il le réalise, suivant à la trace ces jointures et disconnexions du pulsionnel au signifiant que le corps érogène matérialise et dont il fait et prend acte dans la crise (jouissance) de possession.

Le Boulé-ZIN

Ce rituel n’est pas sans évoquer la mise en circuit, donc le contrôle par la confrérie de multiplicités libidinales, ramenées au nombrable d’une pratique où l’individu comme le groupe ont un sursis. Le rituel dit la possibilité de vivre – le vèvè de boulé-Zin est la mise en œuvre de cet enjeu. Mettre un centre, ouvrir des espaces et assigner des bords à l’innombrables où s’écoule la mort. Ce tracé de l’espoir combine les vèvè de plusieurs voix (dont Erzulie, Jacques le Majeur, Ogou les feux, Ogou Badagris, Ogou Ferraille, etc.)

Loa OSSANGUE

Père de Legba. À première vue, c’est une combinaison de Ogou et de Damballah. Ce vèvè trace l’origine ancestrale. La source. Il s’agit là de poser Damballah à l’origine.

Au centre de la « pratique libidinale » qu’est le vodou, le vèvè marque la jouissance d’Erzulie : l’État où elle se réalise au-delà du signe. Ce qui est ainsi ouvert avec ce vèvè; c’est un espace pour les voix dans la distorsion de l’écriture.

Aussi, dans ce vèvè disparaît Legba, le phallus, le pouvoir de l’écriture, et pourtant l’époux d’Erzulie, qui s’accomplit dans Damballah.

Legba qui est le dieu des ouvertures va commander pour la maladie et la guérison toutes les affections buccales comme des autres ouvertures du corps.

Damballah guérit tout ce qui a rapport à la tête au moyen de ses herbes sacrées qui combattent les céphalées.

Les Guédés sont les esprits de la mort. Ils occupent par rapport aux autres loas une position particulière. Ceux qui les craignent, s’esquivent à leur approche. Ainsi, les guédés apparaissent surtout en fin de cérémonie. Ils déchaînent alors une angoisse tempérée de joie. Car leurs grivoiseries, leur langage cynique et grossier, leurs chansons obscènes introduisent une note d’imprévu désopilante, ou tragique selon l’angle sous lequel on la regarde. Leurs voix pareilles à un disque éraillé met de bonne humeur l’assistance, bien qu’elles soient un écho de l’outre tombe. Ils dansent la banda à l’allure érotique. Leur accoutrement correspondant aux deux faces de leur personnalité, costumes noirs de cérémonie, fracs et jaquettes, robes de deuil et voilent forment la base digne de leur habillement vite dénaturé par des lunettes noires souvent rafistolées, des mouchoirs de couleur, des chapeaux tressés, des rapiéçages, portent une sorte de linceul entortillé autour du cou, un drap, pour bien marquer leur qualité de cadavre.

POTEAU-MITAN
Support central, est l’échelle par laquelle descendront les esprits dans un coin! L’assoto un superbe tambour, plus grand qu’un homme. Objet sacré, il est habillé, car un loa l’habite.
La Conque Marine qui est un lambi, qui sert en certains lieux, notamment aux tuamotu dans le pacifique à rappeler les pêcheurs sur la mer. Ainsi qu’une calebasse emplie de graines et pourvue d’un manche, le Tchatcha.