samedi 11 février 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 40e partie


ANXIÉTÉ

L’anxiété fabrique des scénarios troublants et parfois terrifiants.  De l’inquiétude à la peur panique, elle est envahissante.  Parfois même paralysante.  Pour s’en sortir, il faut faire face à la musique et même imaginer le pire disait F. Genest.  Aussi, raconte-elle sur sa plume un événement par rapport à l’anxiété.  
Le cas.  Assis devant une tasse de thé qui refroidit. Monsieur X se frotte les mains dans un geste répétitif.  Le regard alarmé, elle tend l’oreille, pour la centième fois vers la porte puis dans un va-et-vient fébrile.  Arpente la cuisine, passe au salon, soulève le rideau et revient s’asseoir, ignorant toujours sa tasse de thé.  “Je sais que je ne devrais pas tant m’inquiéter, lance Monsieur X d’une voix un peu essoufflée, mais j’ai toujours peur qu’ils aient un accident.  Il y a tellement de monde sur les routes et tant de mauvais conducteurs”.  Dix minutes plus tard arrive Madame Y son épouse, au grand soulagement de Monsieur X qui ne peut retenir quelques reproches.  “Tu t’en fais toujours pour rien, lui répond Madame Y, pourquoi imaginer sans cesse le pire?  Ça te rend nerveux”  Monsieur hausse les épaules.  Ce n’est pas d’hier qu’on lui dit qu’il est nerveux.  Les résultats scolaires de ses enfants, la crainte des accidents, la peur du chômage ou de la maladie ont peuplé nombre de ses nuits blanches.
“C’est vrai que j’ai tendance à me faire du mauvais sang. Mais c’est plus fort que moi, confie-t-il. Malgré mes efforts, je n’arrive pas à contrôler ma nervosité”.  La nervosité de Monsieur X porte un nom : l’anxiété.  Dans le langage populaire, on la nomme plutôt angoisse; il s’agit en fait de synonymes.  Et Monsieur X n’est pas le seul à souffrir d’anxiété.  En fait, les études cliniques démontrent que 24,9% de la population souffre d’anxiété ou de troubles anxieux à divers degrés.
Comment se caractérise-t-elle
L’anxiété se caractérise par un ensemble de symptômes physiques et psychologiques ressentis devant un événement, une situation ou un objet perçu comme un danger potentiel.  Il s’agit en fait des mêmes symptômes que ceux reliés au stress ou à la peur : rythme cardiaque accéléré, respiration thoracique rapide et saccadée, sudation, vertiges ou étourdissements, tremblements, contraction du système digestif, circulation sanguine accélérée, rougeurs, chaleurs, etc.
Côté psychologique : pensées  négatives, peur de perdre le contrôle, sentiment d’impuissance, etc.  Bien sûr, tous ces symptômes n’apparaissent pas toujours en même temps et avec la même intensité.  Ils peuvent se manifester pendant quelques minutes, quelques heures et parfois de façon régulière.
Stress, peur ou anxiété : mêmes symptômes, mais des causes et une nature différentes.  Alors qu’en général la peur ou le stress se fonde sur des objets, des événements ou des situations existantes, l’anxiété, pour sa part, repose davantage sur une anticipation des événements. Ainsi, si la compagnie pour laquelle vous travaillez annonce d’importantes coupures, il est possible que vous craigniez pour votre emploi ou votre caisse de retraite.  Ce stress ou cette peur s’appuie sur une situation réelle. Mais si, malgré les remarques positives de votre patron ou une situation stable dans l’entreprise, vous craignez sans cesse d’être renvoyé ou mis à l’écart, on parlera alors plutôt d’anxiété.  Bref, l’anxiété échafaude des scénariosde catastrophes qui n’ont souvent aucun fondement et qui reposent sur une peur disproportionnée par rapport à la réalité.
Selon certains chercheurs, l’anxiété serait, en partie du moins, d’origine génétique et la personnalité anxieuse serait donc un cadeau de naissance, tout comme la couleur des yeux.  “Une théorie plausible.  Puisque l’anxiété se manifeste aussi chez les très jeunes enfants.  En fait, l’entourage et l’éducation n’auraient qu’un très petit rôle à jouer.  Mais la recherche ne fait pas l’unanimité à ce sujet.  D’autres spécialistes soutiennent qu’il s’agit simplement d’un trait de personnalité.  On a aussi pointé d’autres facteurs prédisposants comme l’hypersensibilité aux relations interpersonnelles.  Certaines personnes ont beaucoup de difficulté à vivre les conflits ou encore craignent fortement le rejet des autres.  Ces personnes sont généralement plus sujettes à faire de l’anxiété.  Dans d’autres cas, les personnes anxieuses démontreraient une sensibilité aux symptômes physiques d’anxiété et développent une anxiété reliée à ces symptômes”
Autre source d’anxiété : les événements stressants, bien sûr! Car si le degré d’anxiété varie d’un individu à l’autre, il peut également fluctuer selon les événements.
L’anxiété prend parfois des proportions plus alarmantes qui vont jusquà nuire au fonctionnement social.  On parle alors du trouble anxieux, leurs symptômes sont les mêmes que ceux de l’anxiété, mais ils sont plus intenses et s’accompagnent de symptômes comportementaux.
L’anxiété généralisée : une anxiété totale et constante, qui se manifeste dans presque toutes les activités quotidiennes.
L’agoraphobie : la peur des lieux et des situations dont on ne peut s’échapper l’obsession - compulsion : caractérisée par des pensées obsédantes.  Certains obsessifs sont par exemple terrorisés à l’idée d’être contaminés et deviennent des maniaques de la propreté; allant jusqu’à se laver des mains trente fois de suite.
Les phobies: différentes des peurs qui, elles, sont contrôlables. Les phobies concernent une chose spécifique, par exemple les chiens ou les araignées.
La phobie sociale: une phobie spécifique aux rencontres et aux situations sociales.
Les attaques de panique : crises aigües d’anxiété.  Tous les symptômes sont à leur paroxysme; l’attaque de panique dure de 5 à 20 minutes, survient spontanément sans raison et peut revenir régulièrement.  Elle est paralysante et très inconfortable.
Pour traiter tous ces troubles anxieux, l’aide d’un psychologue ou d’un psychiatre s’avère nécessaire.  On prescrit parfois des anxiolytiques.  Mais règle générale on applique les mêmes stratégies que pour l’anxiété (relaxation/dédramatisation). Les techniques behaviorales qui consistent à mettre le patient dans la situation qui lui fait peur sont particulièrement efficaces dans le traitement des phobies.

samedi 4 février 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 39e partie


ANXIÉTÉ
L’homme en détresse peut vivre une infinité de problèmes : de sress de troubles anxieux et de santé mentale.
Quand on parle d’agents stresseurs, ce sont: une structure organisationnelle , des problèmes reliés aux rôles et aux conditions de travail; les mauvaises relations interpersonnelles; les facteurs individuels.  À ces agents stresseurs, ajoutons la situation économique et la vie sociale.
Depuis quelques années, les gens plus conscients de l’importance de l’activité physique pour se maintenir en forme et éviter certaines maladies.  La multiplication des clubs sportifs prouve la popularité de l’exercice physique et l’importance de ce marché.  Par contre, on a oublié le vieux proverbe “un esprit sain dans un corps sain” et complètement escamoté l’importance de la santé mentale. Il n’est donc pas étonnant de se retrouver maintenant avec une incidence accrue de maladies reliées au stress de dépression, de fatigue chronique, d’alcoolisme et de toxicomanies, de troubles du sommeil et d’épuisement professionnel.
Gérer sa santé mentale, il y a 10 points à retenir
  1. laisser connaître ses besoins
  2. bien gérer son temps
  3. organiser sa vie sociale
  4. planifier des moments de détente
  5. apprendre à s’évader
  6. avoir le sens de l’humour
  7. aider les autres
  8. cultiver sa bulle de survie
  9. encourager la vie de famille
  10. accepter de chercher de l’aide professionnelle au besoin
Comme nous passons la grande majorité de notre temps à travailler et à dormir, nous devons tous et toutes faire face à la musique et développer individuellement notre propre programme de santé mentale, efficace, concret et adapté à notre société moderne afin que nous puissions traverser la vie avec le maximum de dynamisme et de sérénité.
Au temps des mammouths, les choses étaient simples, dirait M. Lortie par ces grosses bêtes, l’homo sapiens devait carburer à l’adrénaline, le coeur battant et les muscles tendus, toujours prêt à attaquer ou à fuir!  Pour éliminer toute source de distractions, le cortisol (une hormone de stress) chassait d’ailleurs ses moindres envies de sommeil, de gourmandises ou de pensées crapaudes.  Ces stratégies de survie, fort utiles, subsistent toujours en nous. Seul petit hic : “les faux cons ayant remplacé les faucons”, pour reprendre la boutade d’Henri Laboritt, certains mécanismes de stress semblent parfois mal adaptés à la jungle des temps modernes.  Supposons par exemple qu’un affreux patron ait succédé au mammouth d’antan dans le rôle d’agent stresseur.  Quatre  choix s’offrent à vous ; soit vous attaquez le patron-stresseur, soit vous le fuyez.  Mais comme vous risquez de vivre à la fin du mois le stress des factures impayées, sans doute tâcherez-vous de vous adapter (les Anglais parlent de stratégies de coping).  Si vous n’y parvenez pas, alors vous risquez de tomber malade.
C’est là l’abécédaire du stress, tous sexes confondus.
Bien comprendre le stress intrinsèque et le stress extrinsèque.
Le stress intrinsèque : si vous êtes un candidat à la dépendance, le travail peut devenir pour vous une drogue, vous correspondez alors au profil suivant : passionné par votre métier, vous êtes parmi les premiers arrivés et parmi les derniers partis du bureau.  Vous vous absentez très rarement au travail.  L’intensité de votre engagement et les exigences de réussite et de perfection vous accaparent tellement que vous ne pouvez pas vous permettre d’exprimer vos émotions, de perdre trop de temps en colère, en tristesse ou en inquiétude. Vous oubliez souvent de manger et ne sentez pas la fatigue vous gagner. Après de longues heures, vous tombez de fatigue dans un sommeil de plomb d’où vous êtes parfois tiré très tôt, au lever du soleil, par un dossier qui assaille votre cerveau.  
Votre cerveau est votre monture et vous la traitez comme un cheval.  Cette dynamique est un cercle vicieux qui masque trois réalités.
Entrainé par un besoin de satisfaction professionnelle élevé, vous ne réalisez votre incapacité de lâcher prise que lorsque les weekends sont absorbés par le travail et que vous êtes devenu incapables de partir en vacances.  En second lieu, vous n’avez peut être pas réalisé que votre attention, toute votre disponibilit est avalée par le travail; votre entourage a peut-être déjà pris son parti de ne plus pouvoir compter sur votre présence.  Enfin, le carburant ayant ses limites, la monture cérébrale n’ayant plus de repos, de jeu, de détente, le cerveau craque, un beau matin, fourbu, vidé.
Le stress extrinsèque. Il est plus facile à reconnaître, à sentir et à gérer: il est alimenté par les conflits ouverts ou larvés.  Conflits de travail, conflits entre productivité et sécurité. Conflits entre les rôles au travail et ceux hors-travail, qui se multiplient avec le virage monoparental.  Vous avez tendance à rentrer au travail à reculons, et à vous absenter.  Vos émotions sont plus à vif  : votre conflit a un nom et un prénom et vous arrivez difficilement à le sortir de votre esprit.
Vous sentez la fatigue difficilement à le sortir de votre esprit.
Vous sentez la fatigue ou la tension qui prend souvent l’allure d’un mal de dos, d’une tension musculaire permanente.
Alors vous en parlez en dehors des heures.  Vous n’avez de conversations que pour parler des acteurs de votre conflit.  Votre discours devient redondant.  Cette dynamique comporte aussi trois risques.  Une perte de créativité et de productivité parce que la lassitude vous gagne.
Vous perdez aussi l’écoute de votre entourage. Vous cherchez peut-être ailleurs, vous décrochez, vous partez ou encore vous décrétez un “lock-out”.  Dans ce contexte, il faut doser votre stress intrinsèque : d’évaluez périodiquement votre capacité à lâcher prise en comptant les heures que vous consacrez à vos loisirs personnels, à votre entourage et à votre travail et ajustez vos priorités;
  • Négociez la durée et la fréquence de vos marathons de travail avec votre entourage;
  • Établissez-vous des routines de décompressions quotidiennes, hebdomadaires, saisonnières.
Puis, affrontez vos stress extrinsèques
  • Réorganisez le travail de façon à éliminer les conflits;
  • choisissez de lutter pour changer les choses ou de fuir en changeant de défi;
  • si vous ne pouvez ni fuir ni combattre, jouez l’humour, d’imaginaire car la lassitude deviendra contagieuse et votre entourage décrochera peut-être avant vous.
Pour le Dr L. Gagnon, le stress est un mal qu’il faut apprendre à gérer. Il faut être bien conscient que les racines du stress et les effets pernicieux de ce fléau ne disparaîtront pas comme par enchantement.  
Au contraire, tout tend à une augmentation du stress. “les gens qui vont s’en tirer le mieux sont ceux qui vont savoir se gérer: une case travail, une case loisir, une case vie personnelle, tout en visant une capacité d’adaptation. La communication aussi semble s’être améliorée. Les hommes arrivent de plus en plus à parler de leurs émotions et les femmes sont de plus en plus capables d’encadrer les leurs et de rationaliser”.
La règle d’or pour le docteur Gagnon, c’est l’équilibre constamment recherché entre les trois principaux domaines qui réglent la vie de chacun: le travail, l’amour et les loisirs.  “Ce qui m’intétresse c’est de donner des outils aux gens afin qu’ils puissent se protéger, se défendre contre les agressions extérieures”.
Les outils, le docteur Louis Gagnon travaille à en découvrir sans cesse de meilleurs, à les aiguiser, les peaufiner, pourqu’ensuite le plus grand nombre puisse en profiter. Il a parlé d’abondance de la générosité. Un mot de plus en plus absent du langage moderne.  Et sans doute un outil de plus à ajouter à notre trousse de survie dans le monde actuel.
La santé mentale ou l’équilibre psychique, c’est, selon Dre Michelle Cousineau, la capacité d’utiliser ses émotions et son intelligence pour composer de façon efficace avec son environnement et pour satisfaire ses besoins.  Quand l’équilibre est rompu, apparaissent un ensemble de symptômes émotifs, comportementaux ou mentaux, caractéristiques de la maladie mentale.
Le contexte social actuel est particulièrement propice aux états de déséquilibre émotionnel.  Ce sont, la plupart du temps, des pathologies dites mineures qui sont les grandes causes d’absentéisme ou de difficulté de fonctionnement au travail.  Il y a, quinze, vingt ans, on entendait très peu parler de santé mentale en milieu de travail.  Heureusement, la situation a évolué; des programmes d’aide ont été mis sur pied, les patrons sont de plus en plus sensibilisés, et l’on commence enfin à penser à la prévention.

jeudi 2 février 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 38e partie


SUICIDE
L’homme en détresse peut-être n’importe qui, l’on s’en souvient du thérapeute et humaniste Bruno Bettelheim qui s’est suicidé en ingurgitant des barbituriques et en recouvrant sa tête d’un sac de plastique retenu par des élastiques (c’était le 13 mars 1990).
Auteur de livres célèbres sur l’éducation et directeur de l’École orthogénique de Chicago, il avait passé la majeure partie de sa vie à aider les enfants perturbés et autistiques tout en luttant contre sa nature dépressive et des images du passé qui le taraudaient constamment.
Quelques mois après sa mort, certains de ses collègues ainsi que d’anciens pensionnaires de l’École remettaient en cause ses méthodes de travail dites “brutales” ainsi que la validité de ses diplômes et de ses écrits.
Celui qui avait un jour confié à un intime : “il y a dans mon passé un obscur secret qui, s’il venait à être connu, détruirait l’École”, n’a certainement pas quitté ce monde la conscience tranquille.
Pourquoi et comment ce juif Viennois devenu un homme d’affaires prospère avant d’être enfermé dans les camps Dachau et de Buchenwald arriva-t-il à immigrer aux États-Unis et à devenir une figure de proue de la psychiatrie infantile et un pionnier de la psychanalyse?
Après une minutieuse enquête qui dura plus de cinq ans, la journaliste Nina Sutton révèle les motivations et les aspects cachés de la vie de Bettelheim à travers une excellente biographie qui relate son incroyable destinée.
Fourmillant de détails et d’informations sur l’homme et son siècle, cet imposant travail de recherche s’articule autour des “deux vies” de Bruno Bettelheim : son enfance et ses années de formation à Vienne, puis son exil américain et son travail de psychanalyste.
Un prologue met en scène “l’affaire”, soit les accusations portées contre lui après sa mort et un long épilogue fait le point sur ses relations avec sa deuxième femme et ses trois enfants ainsi que sur les années sombres de sa retraite.
Sa biographie replace également dans leur contexte les livres et les articles (sur l’Holocauste, notamment) rédigés par le Docteur Bettelheim tout au long de sa vie.
Au-delà du travail et des écrits de l’intellectuel charmeur et cruel qui en imposait à tous, le lecteur découvre un être complexe aux multiples failles.  Il aurait été ainsi profondément perturbé par la mort indigne et longtemps attendue de son père syphilitique et par l’affliction de sa mère devant sa laideur physique. “Dieu merci, c’est un garçon!” aurait-elle dit en le voyant.
C’est durant son séjour d’un an dans les camps de concentration qu’il a décelé “la valeur de la vie psychique”  la force de l’inconscient qui peut aider un individu à survivre dans les pires conditions.
“Maintenant que tout cela et heureusement derrière moi depuis quinze ans, je peux l’avouer: l’année que j’ai passée en camps de concentration m’a fait du bien”, écrivait-il à une amie.
Disons plutôt que ses observations sur les prisonniers, les nazis et sur lui-même - “la peur, l’angoisse et l’humiliation permanentes” ont transformé le commerçant et docteur en philosophie Bruno Bettelheim, psychanalyste.




mardi 31 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 37e partie


PERTURBATIONS
L’homme en détresse, à côté de ses grandes perturbations morales des traumatismes, des intoxications, etc. il y lieu de place, la misère, la misère avec toutes ses duretés, toutes ses cruautés.
En face des situations désagréables qu’il a d’ailleurs savamment tissées, depuis toujours, sa joie de souffrir, de subir la dureté de son destin est très concrète et très caractéristique.  Il savoure sa mauvaise fortune comme d’autres leur réussite et leur bonheur.
Il a même, en sa faveur, l’art de se faire...des ennemis. Il provoque autrui, et savamment, en excitant l’envie, la jalousie, la colère, l’agressivité, la honte.  Il a l’art de créer les discordances, de provoquer un malaise avec ses proches, au point qu’on ne désire qu’un chose: espacer de plus en plus les contacts avec lui et même les rompre.  L’amateur de souffrance et d’insuccès qu’est l’homme en détresse provoque sans cesse son entourage pour vivre dans une atmosphère punitive, pour vivre par la punition et pour la punition.  La provocation fait partie de la technique de l’homme en détresse; son but est bien de provoquer une certaine conduite, une certaine réaction de la part d’autrui.  Il n’attend pas que le hasard lui apporte un destin douteux, comme tous ceux qui ont vraiment trop de malchances.  Ce moyen provocateur a un caractère actif bien spécial, le sujet y met une bonne partie de son agressivité.  Cette provocation est d’une grande importance dans toute la vie quotidienne et affective de l’homme en détresse.
Tout être humain normal a tendance à chercher un plaisir dans sa vie quotidienne et à éviter le malaise et la souffrance.  L’homme en détresse semble avoir la tendance contraire, du moins selon les apparences extérieures, et même à éviter le plaisir pour rechercher la souffrance .  La vérité n’est pas aussi simple puisqu’il recherche la souffrance pour extraire un plaisir de cette souffrance.  Il a donc la tendance au plaisir, comme n’importe quel  autre sujet, mais il veut une satisfaction par des moyens détournés.
L’homme en détresse est dominé par son imagination qui nourrit une fantaisie capable durant de longues années de provoquer une forte excitation masochiste.  Excitation de la souffrance provoquant ou se substituant à une excitation sexuelle.  Ce n’est plus le plaisir qui s’accompagne d’une angoisse, c’est l’angoisse qui provoque le plaisir.
Une osmose de plaisir et de l’angoisse qu’on retrouve dans beaucoup de cas de névrotiques.  La névrose ne se reconnaît le droit au plaisir que s’il le paie auparavant d’une certaine somme de souffrance engendre elle-même le plaisir.  La fantaisie de l’homme en détresse qui provoque son psychisme peut revêtir différents modes d’expression.  Il y a des hommes en détresse qui s’imaginent être la cible quotidienne des moqueries, qui ont besoin de cette obsession pour éprouver une jouissance de la souffrance, dont ils ne peuvent se passer.
Il y a même des mots-clés, comme des couleurs ou des faits bien déterminés qui provoquent l’homme en détresse, et cela pendant des années.  Car la même fantaisie masochiste peut posséder des années durant la même qualité stimulante.  Le matériel imaginé est capable d’être détaillé et amplifié. Il peut être une histoire et amener sur la scène imaginaire des personnages obligatoirement destinés à souffrir. Il peut être nourri par des lectures, conversations, expériences, souvenirs filtrés de pièces théâtrales, films, peintures.
Face à la séparation conjugale, l’homme en détresse est dépossédé de sa parentalité.  Il n’a plus le contrôle, il ne domine plus, alors il fuit.  Or, la parentalité est faite de partage, d’engagement, de coopération et d’empathie.
Le premier choc, celui qui déclenche le processus de rupture, surviendrait à l’annonce de la séparation, demandée deux fois sur trois par la femme.  “une claque en pleine face” qui occasionne presque toujours une dépression nerveuse chez d’aucuns.  Ce qui leur fait le plus mal, ce n’est pas d’avoir perdu la mère, mais la fille, et toute la vie de famille qui vient avec elle.
La décision de la femme de rompre s’inscrit dans un processus très long, douloureux. Mais une fois qu’elle est prise, il n’y a pas de retour possible.  Souvent l’homme tombe des nues, car il n’a pas perçu les signes de détresse, de désespoir.  Il n’a pas écouté.  Il savait que les choses allaient mal, mais il n’envisageait pas la rupture comme une issue.  Quand elle survient, il se perçoit comme une victime.

dimanche 29 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 36e partie


MISÈRE MORALE

Quand l’homme en détresse a une raison réelle et évidente de souffrir de l’attitude d’un autre à son regard, plutôt que de s’en formaliser, il adoptera le style “martyr” et tirera de cette évidence tout le plaisir masochisme qu’il peut en exploiter....Il a toujours l’air de dire : “même si vous m’avez fait un mal profond et durable, je vous ai depuis longtemps pardonné.”
Il joue à la grande âme, à l’héroïque. Il veut inconsciemment qu’on admire son indulgence, son calme, en même temps que son affront.  Il veut qu’on épilogue longtemps sur son exemple.
Ces résignés indulgents n’excluent cependant pas l’existence réelle de souffrance silencieuse mais sans ostentation qui n’est pas une souffrance masochiste dont l’auteur et l’animateur tirent un vrai plaisir.  La souffrance véritable est humble et cachée et épargne tous ceux qu’on aime.
Il y a d’autre cadeau à faire à ses amis que celui de l’étalage de ses misères morales et physiques.
L’homme en détresse est l’acteur de sa propre misère mais ne tient jamais compte de celle des autres.
Si la démonstration et l’ostentation de l’homme en détresse sont très souvent jouées sur le domaine physique, le sujet s’exhibe aussi beaucoup moralement.
Si sincères que soit le remords et la pénitence, si volontaire la souffrance, l’homme en détresse, ne peut se passer des spectateurs.  Le sujet, comme tout névrosé a besoin de se jouer la comédie, a besoin d’une certaine atmosphère théâtrale.  Ce qu’il n’a pu obtenir dans son enfance par des moyens normaux et légitimes, il tente de le récupérer, adulte, par des moyens détournés et non défendus.  L’acte théâtral permet tous les rôles et tous les attributs de ces rôles.
On remarque cette attitude masochiste chez certains groupes sociaux ou certains peuples auxquels l’histoire a infligé un passé et un présent malheureux, sclérosé, agressif, dans la vie de ces individus, l’idée d’être aimé et d’être puni se conjuguent ensemble et même au niveau religieux.
“qui aime bien châtie bien.” “Dieu aime les deshérités de la terre.”  Dieu envoie des épreuves spéciales à ceux qu’il préfère: “l’essence même de la souffrance et de ses rapports avec Dieu, est dénaturée, parce que le névrosé s’en fait toujours une idée infantile.  Même si le névrosé en général est un individu beaucoup plus préoccupé de lui-même que des autres, ce n’est pas qu’il sort systématiquement épris de lui-même.  Il exhibe par des moyens divers ses faiblesses, ses lacunes, son esclavage, envers un univers morbide, une impasse, une impossibilité de vivre comme tout le monde et au rythme du monde , il exhibe pour récupérer par ailleurs ce qui lui a manqué trop profondément et largement dans son enfance.  Il exhibe et il s’exhibe pour récupérer une sécurité qui lui a été distribuée si petitement.  L’homme en détresse, par le truchement de la souffrance physique ou morale, tente la même aventure.  Et il a besoin des autres, d’un public, pour se sentir à l’aise.  Il n’est pas foncièrement épris de sa personne, comme un narcissiste qui ne se préoccupe nullement de l’intérêt éventuel marqué par autrui, trop absorbé par son propre personnage.  Le sujet s’exhibe pour être remarqué et aimé.  Il a besoin des autres pour croire à une certaine consistance de sa personne, le narcissiste est entièrement absorbé par lui-même et n’a pas besoin des autres.  On peut dire que l’homme en détresse est un narcissique qui a mal tourné.
Cette façon de se montrer et de s’exhiber, même dans ce qu’il y a de plus douteux, montre et prouve quelque chose, car cette démonstration de soi-même est un facteur important de l’homme en détresse.  Mais en se démasquant aussi publiquement, il dissimule quelque chose d’autres.  C’est l’ambivalence de l’homme violent.
Il existe des hommes en détresse qui trouvent leur vie quotidienne trop douce, même si les désagrements ne les épargnent guère.  Si bien qu’ils finissent par s’exaspérer, leur névrose n’étant pas satisfaite, réclament un supplément de souffrance.  Ces sujets provoquent donc leur entourage, leurs compagnons de travail, leurs amis, jusqu’à ce qu’ils obtiennent privation, rejet, punition, abandon.  L’homme en détresse force tout le monde à le tourmenter, à l’humilier, à le punir, il agit de telle façon, il tourmente si agressivement, que personne ne peut garder patience.  Il supplie presque chacun de le traiter comme une évidence mineure, un être sans intérêt, le moindre bénéfice l’exaspère.
Ce type infantile se reconnaît également dans le domaine religieux : mettant en pratique le code de la charité chrétienne, nombre de résignés morbides s’acharnent à tendre la joue droite quand la joue gauche a été frappée, et ceci sans discernement, sans fierté, sans réflexion. Ils sont prêts à prendre sur leurs épaules le poids de tous les pêchés du monde, ils désirent ce fardeau, ce sacrifice les privant de toute amitié et de toute justice.

vendredi 27 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 35e partie


SOUFFRANCE

L’homme en détresse peut s’irriter se troubler d’une boutade faite à son voisin comme si c’était à lui qu’on s’adressait.  Tout incident, dès qu’il affecte sa santé ou ses habitudes, qu’il menace son confort ou son droit à l’estime, prend les proportions d’une catastrophe, contre laquelle toutes les forces vives doivent être mobilisées d’urgence. Mais plus un incident est futile, plus grand est son pouvoir de déchaîner l’irritation.  Un retard concernant l’heure du repas, un léger manquement d’égard, suffisent à déterminer de violentes manifestations de colère.
Au contraire, des épreuves rudes, la mort d’un parent ou d’un ami, une perte d’argent.....ne le laissent pas désemparé, il réussit à rester stoïque, ferme.  C’est ici qu’un besoin inconscient de punition trouve l’occasion d’être satisfait.  On ne verra jamais un névrosé parfaitement à son aise dans la joie et l’abondance, tandis qu’il sera capable de guérir rapidement d’une maladie si un malheur réel entre dans sa maison. Le sujet en détresse dont l’émotivité est intense ne réagira pas toujours sur le champ.  Sa sensibilité est une masse trop lourde pour s’ébranler en un éclair, mais, une fois lancée, elle développe une puissance irrésistible et ne s’arrête plus quand elle est excitée. Dans les profondeurs de la conscience et de l’inconscient, un retour de souvenirs qui s’associent, une cascade de résonnances multiples et diverses, qui parfois réclament une certaine vengeance.
Puisque le sujet en détresse retarde parfois à répondre à un incident qui le touche, on peut dire qu’il est vraiment un refoulé.  L’homme en détresse tient à exhiber ses ennuis et sa souffrance morale ou physique, mais il se fait un mérite de cette souffrance.  Elle est un moyen pour lui, non seulement de capter l’attention d’autrui mais de s’opposer à son milieu, à tout ce qui ne convient pas à sa personnalité névrosée.  Sans la présence et l’attention et le dévouement des autres, ce phénomène “souffrance” perd beaucouop de son intérêt et de son plaisir.  Si ceux qui ont l’habitude d’entourer l’homme en détresse ne semble plus aussi captivés et émus par ses plaintes et ses malchances, celui-là s’irrite facilement et facilement discrimine toute la société, qui ne connaît même plus de pitié envers les déshérités.  Ceux chez qui le facteur santé a toujours été un objectif de premier ordre depuis l’enfance, s’acharneront à tirer le maximum de plaisir d’une santé pseudo débilitante qui tiendra toujours à son chevet plusieurs spectateurs.  Le jour où ce spectacle devient lassant, parce que trop souvent répété, l’homme en détresse trop intelligent pour ne pas s’en rendre compte, donnera une forme nouvelle à sa fantaisie et attirera de nouveau son monde.  La démonstration de sa souffrance fait partie de la vie quotidienne de l’homme en détresse, c’est sa façon d’être présent au monde, sa raison d’exister, ce lien qui le retient avec autrui, un sens social déformé, dénaturé puisqu’il met en valeur sa seule petite personne.  Quand l’éducation familiale a mis un certain accent sur le comportement du résigné, même à un âge où la résignation est contraire ou développement psychologique de l’enfant, on retrouve chez ce même sujet devenu adulte, un mélange du désir de cacher et de montrer manifestement qu’il peut souffrir en silence.  Il s’arrange pour que cette souffrance arrive à se faire une publicité.

mardi 24 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 34e partie


INQUIÉTUDE

Le sujet en détresse qui est constamment sur la défensive, craignant toujours être l’objet de malveillances de la part d’autrui, entretient fatalement une sourde agressivité qui éclate de temps en temps au cours d’une colère, ou qui fermente dans une certaine rancune.
Il accumule insensiblement des motifs de rancoeur, et ce pour des vétilles.  Puis un moment vient où il se présente différemment vis à vis de certaines personnes. Il a perdu à leur égard sa courtoisie et son dévouement, en même temps que sa politesse.
L’offenseur s’étonne de son attitude nouvelle et ne parvient pas à se remémorer la cause du ressentiment.
L’analyse de ce changement d’attitude, comme tout le comportement du sujet en détresse, met en lumière une quête continuelle de sécurité.  Le sujet en détresse s’efforce d’attirer l’attention par une exigence d’attentions de la part d’autrui.  Il est essentiellement dépendant de l’attention des autres et multiplie les occasions de se faire remarquer.  Le sujet en détresse qui craint pour sa santé cherchera une compensation à son insécurité en multipliant des précautions excessives, le scrupuleux en s’accusant éternellement de ses fautes....
L’homme en détresse qui souffre d’un profond sentiment d’insécurité éprouvera un malaise dans un groupe où il ne joue, par sa faute, aucun rôle, où il n’arrive pas à trouver sa vraie place.  Il se sent isolé, instable. Avant de perdre tout à fait pied, il essaie de récupérer une revalorisation certaine et continue en essayant d’attirer l’attention, même si elle est dédaigneuse.  Il a besoin des autres pour sentir qu’il existe une vie, une valeur au sein de son individualité.
L’individu en détresse, dont l’enfance n’a pas été marquée par une bonne dose d’assurance dans le domaine des relations sociales, peut attirer l’attention d’autrui par un comportement susceptible qui trouble considérablement son émotivité et son équilibre.
Il peut être le plus brillant causeur tant qu’il n’imagine pas que sa dignité est menacée.  Si un tiers, lui paraissant, sans raison, antipathique, lui fait craindre une mauvaise plaisanterie ou un affront, il perd pied et toute sa contenance.
La gorge contractée, il a la sensation, en un instant, de se vider. Il est impuissant à répondre quoi que ce soit à n’importe quelle attaque. Il perd subitement ses moyens de défense au profit de l’offenseur.
Il éprouve une espèce de torpeur, et éprouve au premier moment une anesthésie psychique, comme un candidat timide qui, en présence du jury, sent sa mémoire se vider et sa gorge se contracter.  Puis suit une réaction émotionnelle intense.  Il a chaud ou froid, de multiples pensées affluent dans sa tête, plus ou moins confusément, mais impossible qu’aucune ne s’extériorise.  Les réponses à l’offense, trop nombreuses et trop violentes, ne trouvent plus le vocabulaire nécessaire pour les véhiculer et se condensent dans l’intimité d’une rancune.  Le sujet, en détresse, qui craint tant l’ironie, la manie pourtant dangereusement et avec beaucoup d’adresse jusqu’à sa susceptibilité ne soit heurtée.  Son agressivité déborde dans les deux sens, même s’il y a non sens, mais cherche une compensation à l’insécurité initiale par n’importe quel moyen.  Se hisser au-dessus d’un groupe ami pour le faire rire ou chercher à se noyer dans ce même groupe, qui ne comprend plus rien, pourvu qu’on le remette en lumière.
L’homme en détresse est un émotif qui ressent avec une intensité outrée les plus petits incidents qui lèsent sa personnalité et même celle de ses proches.

lundi 23 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 33e partie


ANGOISSE

Quand on vit avec un individu en détresse, on s’aperçoit, après un certain temps, qu’il n’est pas capable de se sentir membre du groupe qui le fait vivre et même de la famille où il est né.  L’inquiétude, l’angoisse de se sentir raillé, plaisanté, ridiculisé, outragé, humilié.....l’incline à croire qu’il est simplement toléré dans son milieu mais jamais pleinement agrée.  Dans sa famille, il s’imagine qu’on lui  préfère un frère ou une soeur, parce qu’il (ou parce qu’elle) doit être plus intelligent, plus cultivé que lui, dans la société; il s’imagine qu’on le tolère parce que l’on ne peut pas faire autrement ou qu’on le garde par pitié.
Jamais on ne lui a fait comprendre, dès son enfance, que tout être humain qui apporte à la société sa bonne volonté et sa solidarité est toujours et naturellement admis dans cette société, et avec ses défauts.  Si un des membres de la famille ou de la société est difficile de caractère, prétentieux, agressif, indélicat, on se contentera de déployer ses déficiences mais elles ne seront pas passibles d’exclusion. Le seul fait de naître indique déjà normalement qu’un groupe réclame une nouvelle présence et qu’il a besoin de cette présence pour bien fonctionner.  Tout enfant qui naît n’est pas une simple admission mais un membre nécessaire à la société, à laquelle il apportera plus tard sa collaboration pour engendrer de nouveaux progrès.  L’homme en détresse n’a pas reçu dans sa vérité la leçon de simple humanité qui lui était due.  On ne lui a pas donné, psychiquement et moralement, son “passeport pour tous pays” qui lui est absolument nécesaire pour vivre dans le monde.
Il ne sait pas, en profondeur, qu’il fait partie de droit à ce monde.  L’homme en détresse peut être parfois lent à concevoir les dénigrements, les malveillances, et toujours inaptes à y répondre.
Il est tellement tendu par l’attente continue d’une moquerie qu’il peut être tardif à comprendre. Mais seul avec lui-même, il reprendra la conversation entendue précédemment, l’épluchera, la décortiquera soigneusement, scrupuleusement, et aboutira toujours à des conclusions pessimistes.  Il a été l’objet principal de la moquerie.
Dans une conversation, il ne cherchera jamais à briller, ne cherchera pas davantage un intérêt, ni un enseignement profitable, ni même un peu d’humour. (Il est trop semblable, à ses yeux, à la moquerie).  Tout son effort et sa curiosité tendent à découvrir les épines, même aux plus jolies roses.  Comme certains agressifs s’efforcent de détruire par n’importe quel moyen les actes les plus généreux et les sentiments les plus nobles.
L’homme en détresse porte une attention soutenue aux traits d’un visage, analyse les sourires, s’attarde sur une parole, un mot, qui lui semble recéler quelque attaque.  L’éclat rieur d’un regard peut l’exaspérer.  S’il était lui-même rieur l’instant précédent, il peut soudain se contracter, se replier comme un escargot au plus léger attouchement.  Il tient un objet de mécontentement et aucune explication amicale ne lui fera lâcher sa proie.  On retrouve ici le névrosé en général qui tient à jouir de sa névrose, à s’en complaire, comme un gourmand de l’objet de sa gourmandise.  Sa névrose est satisfaite, l’homme en détresse ne pouvait vivre longtemps dans la détente.  Il se sentait mal à l’aise, comme n’étant pas dans son élément. Une raillerie supposée lui apporte une espèce de volupté.

dimanche 22 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 32e partie


INSATISFACTION AFFECTIVE
L’homme en détresse a besoin d’être aimé  Ce besoin répond à une frustration primaire d’enfance, une insatisfaction affective.  La tendresse le rassure sur l’appréciation de son entourage en plus de sa valeur propre de consolation. Son comportement peut se résumer ainsi : receptivité à l’offense, même très minime  et involontaire, refoulement, bouderie, rétraction, effervescence psychique, abattement, inactivité après l’offense.  Mais il ne suffit pas d’être en détresse pour être souffrant, il faut que cette souffrance se porte sur un point spécifique, le désir d’être aimé, estimé.  Il faut aussi que la pensée du sujet s’attarde sur une idée négative, qui le diminue à ses propres yeux - l’homme en détresse est réceptif à la moindre blessure ou atteinte morale parce que son psychisme est tellement tendu vers l’appréhension de la ressentir, qu’il la ressent à la première occasion, puis il craint beaucoup les explications avec autrui, car son sentiment d’infériorité lui fait craindre de ne pas être en mesure d’y répondre - Ceci occasionne des malentendus donc des paroles et des gestes mal interprétés. D’ailleurs, il les interprète toujours dans le sens qui lui est le plus défavorable.  Il ne cherche pas à comprendre le véritable sens des faits. Il s’accuse, se met en cause, se trouve plusieurs raisons de mériter une défiance ou une désapprobation d’autrui.  Il n’essaie pas de faire une juste part des faits et des personnes.  Il a une occasion, une nourriture à son inquiétude et son infériorité.  Il se complaît à la ruminer lentement, sûrement, jusqu’à ce qu’elle ait réussi à le diminuer encore davantage à ses propres yeux.  Cette complaisance se poursuit, il n’accepte pas qu’on vienne l’en distraire ou la lui faire oublier. L’homme en détresse dont l’émotivité est agacée jusqu’à la susceptibilité et la susceptibilité maladive, où qu’il se trouve. Si bien que la plaisanterie, la raillerie, la rudesse de parole, qu’elle soit adressée à sa personne ou aux autres, exerce sur lui un attrait plus que n’importe quelle autre attitude humaine.
Il est celui qui réagit le plus fortement et le plus tristement à la plaisanterie et à la raillerie.  Si bien que certaines personne hardies, s’apercevant de sa réaction automatique, prennent un malin plaisir à le tourmenter. Il souffre d’être la cible des uns, et s’imagine en même temps qu’il est celles des autres et du monde entier.  Cette susceptibilité soutenue par un sentiment d’infériorité très net, lui dessine une personnalité craintive, sans hardiesse, sans enthousiasme.  Il devient timoré, gauche dans ses gestes qu’il sent surveillés, la voix mal assurée, lent dans ses répliques, peu sociable, ayant peu d’amis.
Tout ceci l’expose à le faire remarquer dans un groupe, puisqu’il ne fait pas comme les autres.  Plus il cherche à s’effacer, à rester dans son coin pour éviter les railleries, et plus il s’expose à en recevoir.
Au cours d’une conversation, la plus intéressante soit-elle, l’homme en détresse ne sera jamais captivé longtemps par le sujet principal, très vite il se tiendra à nouveau sur ses gardes et réservera son attention aux paroles obscures et équivoques qu’il traduira presque instantanément comme des insinuations malveillantes.  Insinuations qu’il s’appropriera sans penser qu’elles pourraient être adressées à des milliers d’autres personnes.....si insinuation il y a......
Ce qui frappe l’entourage de l’homme en détresse, c’est la disproportion entre la petite offense faite par un railleur (en admettant qu’il y en ait un) et l’intensité de la réaction de l’homme en détresse, qui peut aller de la vexation à la bouderie puis à une colère concentrée, prolongée, qui éclatera après une certaine limite de fatigue et de tension.
Chez tous les hommes en détresse en général, c’est l’absence de mesure (absence d’équilibre) qui les caractérise.  L’homme en détresse, donc, ne limitera pas une plaisanterie en champ de la plaisanterie.  Il imaginera interprétations péjoratives et malveillantes aux actes innocents et aux paroles anodines. En toute chose, il est porté à dépister une intention de blesser, les circonstances les plus opposées servent d’aliment à la susceptibilité. Une préférence qui luil est accordée par un tiers peut l’offenser comme un vole au même titre que si cette personne donnait sa préférence à un voisin.  L’entourage ne peut pas toujours prévoir sa réaction, même si l’on est habitué à sa façon d’agir, on reste toujours étonné qu’il se vexe pour des futilités, un mépris imaginé l’obsède, et il a toujours peur de perdre l’estime d’autrui, une simple diminution d’attention, trouble son sommeil et son appétit et son ardeur au travail.  Les compliments même altèrent sa paix intérieure.  Il goûte d’abord une joie extrême, mais le besoin de se tourmenter le reprend, il repasse en esprit la louange: un examen minutieux (obsédant) lui fait découvrir un reproche dissimulé, c’est la caractéristique de son inquiétude.

vendredi 20 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 31e partie


DIFFICULTÉ D'ÊTRE

Un individu égocentrique, après plusieurs années d'expérience et de confiance en soi, après une réussite assurée et certaine, peut avoir un grand orgueil de son bilan positif. Argent, culture, relations sociales.... peuvent lui donner la sensation très vive d'être supérieur à beaucoup d'autres.  Disons que si cet orgueil dépasse une certaine limite d'insociabilité, il devient conflictuel et camoufle et recouvre un sentiment d'infériorité  qui veut à tout prix chercher sa compensation. Se dire et se redire très souvent qu'on se sent supérieur aux autres, est un symptôme clairement et nettement névrotique.
           
Or,il n'y a pas que des sujets orgueilleux de leur bilan positif, il y en a aussi d'orgueilleux de leur bilan négatif. L’homme en détresse est l'exemple type. S'entretenir dans sa souffrance et un minimum vital, supporter n'importe quel déplaisir, n'importe quelle restriction, équivaut pour lui à une supériorité. Il a simplement l'air de vous dire: "je ne dois pas être gâté pour vivre dans les conditions où je vis et qui ne sont pas méritées". Il se targue d'endurer beaucoup d'ennuis et de faire passer son plaisir après tout le reste, mais ce qu'il ne dit pas, C'est qu'il s'arrange pour ne pas être en mesure d'accepter de distractions, invente mille prétextes pas toujours plausibles, et se trouve le plus malheureux quand on le sort de sa routine. Il s'ennuie, critique tout, se sent vite fatigué et jure qu'on ne le reprendra pas à sortir inutilement. Le lendemain il affiche une supériorité d'endurer, mieux que d'autres, son austérité.
           
L’homme en détresse se sert de son humilité comme monnaie courante pour marchander sa morale. Il se confine dans cette humilité et s'affiche comme étant un exemple d'endurance à la souffrance et aux privations, il se félicite de "n'être pas comme les autres", de se placer le plus près possible de tout ce qui touche de près ou de loin à la pénitence. Cet orgueil d'une supériorité correspond cependant au fait que, s'il s'humilie si facilement et si couramment, c'est qu'il compte ainsi avoir atteint un niveau assez profond d'abaissement pour qu'aucune circonstance extérieure ne puisse l'humilier davantage. Sous un revêtement moral, il se protège contre toute atteinte.
           
Encore une fois, la morale lui sert davantage de prétexte que de fin véritable. Elle est préliminaire à un confort psychique toujours recherché mais toujours menacé.
L’homme en détresse feint à se protéger de tous les cotés à la fois: il satisfait la morale de la soumission et du "qui s'humilie sera exalté", et il satisfait sa névrose qui lui réclame une somme de plus en plus exigeante de souffrances et de restrictions pour apaiser son sentiment morbide de culpabilité. Son moi se trouve à la fin satisfait également car son plaisir vient de toute souffrance éprouvée. Plus il souffre plus il éprouve du plaisir certain, plus il souffre plus il a la permission de se réjouir et de jouir. C'est sa récompense après l'orage et c'est tout son orgueil. 

mardi 17 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 30e partie


LE MALAISE DE L'HOMME EN DÉTRESSE


Un individu normalement équilibré  ne se laissera pas dominé et diminué par un problème psychologique.
Il en prendra un parti raisonnable et bien décidé à vivre avec sans malaise.  Sa vanité,  qui n'est pas du narcissisme,  fera l'effort nécessaire de dominer toute réaction pénible  pour apporter une compensation et transformera ce désavantage en avantage.  
                  
L’homme en détresse se découvrira précisément dans cette même circonstance: le sujet loin de dissimuler sa déficience, l'exhibera comme un trophée, tirant de cette humiliation publique, une jouissance morbide et secrète.  Il essaiera de tirer des avantages de cette déficience,  avantages matériels ou sociaux, mais de toute façon, les bénéfices seront toujours accompagnés de l'humiliation de n'être pas  comme les autres et de le montrer sans cesse.
                  
C'est un moyen de provoquer les autres,  de leur démontrer inconsciemment l'injustice dont il est l'objet et dont il sera l'objet continuellement.  Il est cependant réel que ces mêmes sujets, à qui on offre parfois la possibilité de faire disparaitre leur inconfort, le refuse par sentiment d’humiliation.
                   
L'orgueil de l’homme en détresse n'est pas un vilain mot. Il existe, il est réel.  Quand l’homme en détresse refuse par exemple de se présenter devant un groupe, c'est bien parce qu'il a peur de ce groupe, peur de ne pas être à la hauteur des circonstances, même si les capacités réelles prouvent  qu'il peut souvent être bien au dessus, de la moyenne. Donc, il refuse tout net, par crainte.  Si on lui explique qu'il n'a aucune raison de craindre, il le prendra très bien  mais continuera de refuser. Et cette fois-ci par orgueil. Orgueil de ne pas se sentir pleinement en possession de ses moyens  devant les autres. Orgueil de ne pas être en mesure de démontrer la valeur réelle de sa personnalité.
                    
Cette réaction du névrosé  n'a pas toujours été prise en considération; on voyait surtout le côté négatif des conflits névrotiques et peu ce sentiment de réhabilitation personnelle que beaucoup de névrosés essayent de s'imposer pour ne pas sombrer davantage.    
                    
Or, l’homme en détresse n'échappe pas à cette règle  car on constate souvent, à coté de son attitude d'humilié, une certaine arrogance qu'il ne dissimule pas toujours.  Quand il recherche un plaisir  dans l'insuccès, c'est non seulement un plaisir morbide mais une espèce de compensation à ses propres yeux.  Au point que lorsqu'il exhibe une déficience physique  jusqu'à s'en faire une supériorité,  il peut devenir très arrogant pour son entourage.  Il est celui qui a souffert,  qui s'est sacrifié à l'extrème, il est donc celui pour qui on doit avoir la plus grande considération.
                    
L’homme en détresse n'échappe pas à l'attrait de l'idéal du Moi inaccessible.  C'est à dire que, comme beaucoup de névrosés,   il s'impose de telles exigences morales, sociales, culturelles.....  qu'il est impossible de les satisfaire vraiment. D'une part il s'impose un idéal disproportionné aux réalités, précisément parce qu'il vit presque que continuellement  hors des réalités; d'autre part, il rend cet idéal quasi  inaccessible pour avoir le plaisir d'échouer, sans en avoir eu extérieurement le désir et pour se complaire dans des sentiments d'infériorité.  Cette attitude n'est pas unique  elle est névrotique et se retrouve chez d'autres sujets  dont les sentiments d'infériorité et de culpabilité sont probants.
                    
Le névrosé voit alors, après maintes expériences  que son ambition n'est jamais contenté.  Aux yeux de son entourage, il est celui qui multiplie les efforts  mais qui n'est pas récompensé.  A ses propres yeux, il compare son Moi réel et intime avec l'idéal qu'il a échafaudé depuis toujours sans jamais l'atteindre.  Il voit ses faiblesses, ses défauts, sa stagnation. Il se déçoit et tire un plaisir de cette déception  puisqu'il a essayé, aux yeux de tous y compris lui même, de s'élever vers un idéal très noble.  Si un tiers avait quelque perspicacité, il lui rendrait le plus grand service en lui expliquant la situation véritable; il a choisi un idéal trop grand pour le commun des mortels  et surtout pour de premières ambitions. Il l'a choisi précisément avec le désir inconscient de ne jamais être en mesure de l'atteindre vraiment.

dimanche 15 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 29e partie


L’homme en détresse  cherche à travers sa souffrance à se faire estimer par autrui.

Si ce n'est sur le plan de la fidélité et de la vertu, ce sera sur celui de la souffrance.   
Il exhibera cette souffrance et toutes ses misères comme une vertu.

Il transformera l'humiliation et la défaite en titre de gloire.  Même s'il n'est pas physiquement attirant et gracieux  (et ne fait rien pour s'améliorer)  il attirera l'attention des autres sur sa disgrace, physique et morale, et se forgera une affirmation de sa personnalité.

" Je suis celui qui doit souffrir et être humilié toute ma vie,  c'est le rôle que Dieu m'a réservé sur la terre".
C'est le rôle que l’homme en détresse s'est crée  spécialement et méticuleusement pour lui,  interdisant à qui que ce soit de l'emprunter ou de le copier.  Il a l'air de vous dire chaque fois qu'on le rencontre, qu'il est l'incarnation même de la souffrance et de la douleur.  À noter toujours  que l’homme en détresse ne fait jamais rien pour améliorer ses conditions d'existence, et que au contraire si la chance lui sourit, il en est le premier déçu,  inventant n'importe quel prétexte pour transformer cette chance en malchance et en échec.

A force de côtoyer ces  "mordus"  de la misère,  on se rend compte que leur comportement n'est pas normal  et qu'ils désirent qu'on les remarque,  non pour leur réussite et leur talent, mais pour leur remarquable performance à s'identifier à la souffrance.  Chacun se fait remarquer avec les moyens propres à leur personnalité.

Cependant,  personne ne peut dire  que ce malchanceux ne fait pas consciemment  de son mieux pour réussir. Il multiplie les démarches auprès de solliciteurs bénévoles et charitables qui sont en mesure de le conseiller et de l'aider,  il ne contredit pas ceux qui s'occupent de lui,  il a vraiment l'air de vouloir sortir de ses ennuis  et de sa situation désavantageuse.  Tout le monde fait l'impossible  et personne ne parvient  au but véritable,  encore moins  la personne intéressée.  Cette personne, l’homme en détresse, est surtout intéressée à un échec  et non à la réussite.  Le pouvoir de l'instinct de l’homme en détresse l'entraine irrésistiblement à contourner les situations avantageuses et à les détourner de leur efficacité.  Ainsi, a-t-on arrangé une entrevue  avec une personne qui pourrait être utile à l’homme en détresse ?  il a accepté chaleureusement l'offre intéressante  mais s'arrange pour arriver en retard  et manquer le rendez-vous.  S'il y est à l'heure dite,  c'est dans une tenue si négligée,  une attitude si médiocre qu'il perd toutes les chances de donner bonne impression à son interlocuteur.  Dans toute situation bénéfique ou qui pourrait l'être,  il oppose une diminution de sa personnalité véritable qui le met immédiatement en infériorité.

Chaque personne,  dans tous les milieux sociaux, est en mesure de rencontrer un voisin, un parent ou un ami, dont le dessin semble être toujours orienté vers la malchance. 

Il faut toujours se méfier d'une répétition trop sempiternelle de l'échec et des ennuis.  Elle cache une volonté inconsciente  de non réussite.

samedi 14 janvier 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 28e partie


ET QUE DIRE DE LA DÉPRESSION CHEZ LES “BABY-BOOMERS”
La génération canadienne du “baby-boom” n’est pas heureuse.  Elle est même carrément dépressive.  Pas un simple coup de cafard mais une vraie dépression, deux semaines minimum, qui se traduit par un manque d’appétit et de sommeil, un sentiment d’inutilité ou de culpabilité et des idées morbides.
Plusieurs études indiquaient, récemment, que la dépression avait tendance à frapper plus tôt et plus fort chez les 8 millions de personnes nées entre 1947 et 1965, aujourd’hui âgées de 23 à 41 ans.
Elles représentent un tiers de la population canadienne actuelle et elles ont la particularité d’être née à une période ou le nombre des naissances était supérieur de 50 p. cent à celui des années précédentes et de 16 p. cent par rapport aux années postérieures.
Personne ne sait vraiment pourquoi cette frange de la population souffre autant : en 1980, le taux de suicide des 15-24 ans était trois fois supérieur à celui de même groupe en 1950. Les spécialistes avancent des raisons psychologiques, bien sûr, mais aussi sociologiques, économiques et historiques.
“La dépression frappe désormais plus à 20 ou 30 ans qu’à 40 ou 50”, affirme Robert Hirschfeld, de l’Institut national de la génération des “baby-boomers” vient de ce que leurs espérances se sont heurtées à la réalité économique.
Les enfants du “Baby-boom” sont nés à une époque de relative prospérité et sont arrivés sur le marché du travail avec des attentes matérielles très fortes.  “Nous pensions que nous pourrions tout avoir dans ce monde”, affirme M. Hirschfield, lui-même âgé de 45 ans. “Nous nous sommes rendu compte que ce n’était pas du tout le cas.”
Les désirs des “baby-boomers” n’ont pas disparu pour autant.  Pour pouvoir les satisfaire, ils ont justement eu tendance à se replier sur eux-mêmes en restant célibataires ou en ayant très peu d’enfants, lorsqu’ils en ont.
Le stress
“Le résultat, c’est le stress”, estime l’économiste Richard Easterlin. Selon lui, la loi de l’offre et de la demande réduit les possibilités d’emploi, tire les salaires à la baisse et freine la mobilité professionnelle chez les groupes d’âges les plus importants.
Pour d’autres chercheurs, les enfants du “Baby-boom” ont grandi “dans un climat hautement psychologique qui les pousse à se regarder le nombril davantage que les autres générations”. C’est du moins l’avis du sociologue Allan Horwitz, de l’université Rutgers, près de New York. Selon lui, les enfants nés plus tôt étaient tout simplement physiquement malades.
Bref, aucune explication n’est vraiment satisfaisante pour interpréter le malaise des “baby-boomers” canadiens.  Certains suggérent que les études sont biaisées et que le phénomène n’est peut-être pas aussi étendu qu’il y paraît.  À l’appui de cette contre-théorie, le fait que les plus âgés doivent retourner plus loin en arrière pour se souvenir de dépression passée que la génération des 23-41 ans.