vendredi 6 avril 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 62e partie

CARENCES AFFECTIVES

La dépendance a une empreinte.

Au cours de leur enfance, de leur adolescence ou au début de leur âge adulte, ces personnes ont vécu une expérience marquante au sein d'une relation affective significative, familiale, amoureuse ou autre. N'ayant pas fait le deuil ou la séparation avec ce passé, elles ne réussissent pas à s'en détacher et interprètent le présent dans la crainte ou l'espoir d'une possible répétition de ce malheur ou de ce bonheur.

Face à une expérience nouvelle, ces femmes et ces hommes tendent à réagir en fonction d'un souvenir-fantasme ayant la force d'une empreinte psychique, plutôt qu'au potentiel d'originalité ou d'exploration de soi et de l'autre qu'offre la réalité du présent.

À 21 ans, Gilles, pour la première fois de sa vie, louait un appartement avec son amie Manon, et non plus avec des copains ou copines d'université. Quatre mois plus tard, en plein hiver, le drame éclatait. Manon annonçait à Gilles sa décision de se séparer et lui demandait d'aller vivre ailleurs.

Quinze ans plus tard, Gilles revivait pour la xième fois une nouvelle séparation d'avec une conjointe parce qu'il lui refusait de partager son projet d'habiter ensemble. Gilles s'était juré de ne jamais plus lier amour et cohabitation. Parfois, il se trouvait trop rigide, mais sa peur finissait toujours par l'emporter.



Dépendants Affectifs.

Tout au long de son enfance et de sa jeune adolescence, Elizabeth, adulée par un père présent, dynamique et stimulant, se voyait comme une princesse. À 23 ans, elle recherche en des amours multiples et passionnés, éphémères et décevants, ce sentiment si valorisant d'être la personne la plus importante et la plus merveilleuse aux yeux de ses conjoints. Quand ses amies lui soulignent qu'elle semble rechercher un père idéal plus qu'un conjoint à son égal, elle répond qu'elle ne peut pas se contenter de moins que ce qu'elle a connu.

En 1987, le DSM III Révisé présente une seconde définition qui remplace les trois critères monothétiques de 1980 par neuf critères polythétiques, c'est-à-dire que la présence de cinq parmi ceux-ci suffit pour établir un diagnostic de personnalité dépendante. Voici les critères tels que les les présentent loas et Guelfi.

Mode général de comportement dépendant et soumis, apparaissant au début de l'âge adulte et présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes:




Les manifestations sont:
  1. est incapable de prendre des décisions dans la vie de tous les jours sans être rassuré(e) ou conscillé(e) de manière excessive par autrui;
  2. laisse autrui prendre la plupart des décisions importantes le (la) concernant, par exemple où habiter ou quel emploi prendre;

  1. se montre "d'abord" avec les gens, même quand il (elle) pense qu'il se trompe, par crainte d'être rejeté(e);
  2. a du mal à mettre en route des projets ou à faire des choses seul(e);
  3. se porte volontaire pour faire des choses désagréables ou dévalorisantes pour se faire aimer par les autres;
  4. se sent mal à l'aise ou impuissant quand il (elle) est seul(e) ou fait des efforts considérables pour éviter d'être seul(e);
  5. se sent annihilé(e) ou impuissant(e) quand une relation proche s'interrompt;
  6. est fréquemment préoccupé(e) par la crainte d'être abandonné(e);
  7. est facilement blessé(e) quand il (elle) est critiqué(e) ou désapprouvé(e) par autrui;

Le DSM III-R retient deux facteurs prédisposants (une maladie physique chronique pendant l'enfance ou l'adolescence, l'angoisse de séparation de l'enfance et conserve les complications potentielles de la première version (dépression majeure, trouble dysthémique).



Cette présentation de la dépendance laisse sur sa faim. Quels liens fait-on entre les facteurs prédisposants, les traits caractéristiques et les complications potentielles? Y-a-t-il des facteurs précipitants ou perpétuants? Une telle définition, toute schématique soit elle, répondrait-elle plus à un besoin d'étiqueter qu'à un désir de comprendre ce trouble de la personnalité dans ses dynamiques et ses contextes d'évolution?

Dans la notion séparation - individuation, Margaret Mahler, théoricienne et clinicienne de la psychanalyse, a formulé l'hypothèse d'une phase déterminante pour le développement psychologique. Mahler et son équipe (1980) ont observé le processus de séparation individuation entre des enfants, âgés de quelques mois à trois ans, et leur mère. Distincte de la naissance biologique, se ferait par étapes. Les adultes significatifs, notamment la mère, joueraient un rôle-clé en favorisant ou non chez l'enfant l'acquisition de ses propres caractéristiques individuelles.




Pour terminer cette partie sur les dynamiques de dépendance, il demeure essentiel de définir la personnalité indépendante. En fait, dans un contexte de relation interpersonnelle, l'indépendance ne saurait exister sans l'autonomie.

Par ailleurs, comment décrire l'indépendance:
  1. la personne indépendante associe l'estime de soi à l'individualité, cette affirmation d'être à la fois semblable et différent, à cent lieux de l'individualisme qui prône le chacun pour soi et l'égocentrisme.
  2. Il s'agit de femmes et d'hommes qui se reconnaissent une valeur constante, cultivent leurs relations d'intimité; apprécient l'engagement et multiplient leurs sources d'expériences valorisantes.
  3. Fidèles en amitié et en amour sans exiger l'exclusivité, centrées sur elles-mêmes mais dénuées d'égoïsme ou d'égocentrisme, recherchent la critique créatrice, ces personnes curieuses se sentent à l'aise à expérimenter et à explorer.
  4. l'intimité; l'engagement, l'affirmation de soi et la liberté leur apparaissent tout à fait compatibles.
Mais parce qu'on n'est jamais tout à fait blanc ou tout à fait noir, il se peut fort bien que des aspects de dynamique d'indépendance côtoient parfois, par exemple en situation de crise, des éléments de dynamique de dépendance. En ce sens, l'indépendance et l'autonomie demeurent des idéaux, mais combien stimulants, motivants, épanouissants quand ils favorisent le développement de l'individualité et de la coopération dans un élément de respect et d'échange réciproques?


Conclusion.

Croire que la dépendance est de l'amour, voilà un autre malentendu très courant auquel les psychothérapeutes sont confrontés quotidiennement. L'un de ses effets les plus spectaculaires apparaît chez l'individu qui menace ou tente de se suicider, ou qui fait de la dépression à la suite du rejet ou de la séparation d'un amant ou d'un époux.

Une telle personne dira:

Je ne peux pas vivre sans mon mari (ma femme, mon amie), je l'aime tellement!
Et je réponds:
Vous faites erreur, vous ne l'aimez pas.
Mais, reprend-elle en colère, je viens de vous dire que je ne pouvais pas vivre sans lui (elle, etc.).
Alors j'essaie d'expliquer:
Ce que vous décrivez, c'est du parasitisme, pas de l'amour. Lorsqu'on a besoin d'un autre individu pour survivre, on est un parasite de cet individu. Il n'y a pas de liberté dans votre relation. Il s'agit de besoin plutôt que d'amour. L'amour est un choix délibéré. Deux personnes ne s'aiment vraiment que lorsqu'elles sont capables de vivre l'une sans l'autre mais choisissent de vivre ensemble.

Je définis la dépendance comme l'incapacité de se reconnaître comme un tout et de fonctionner correctement sans avoir la certitude qu'on est pris en charge par quelqu'un. La dépendance chez les adultes physiquement sains relève de la pathologie; elle est malsaine et toujours la manifestation d'une déficience ou d'une maladie mentale.

Il faut la distinguer de ce qu'on appelle communément les besoins ou sentiments de dépendance que nous avons tous, même si nous affirmons à nous-mêmes et aux autres le contraire. Nous avons tous le désir que quelqu'un s'occupe de nous, le désir de recevoir sans effort, d'être choyés par quelqu'un de plus fort que nous-même si nous sommes des adultes responsables, en regardant au fond de nous-mêmes avec lucidité, nous trouverons toujours un désir d'être chouchoutés.




mardi 3 avril 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 61e partie

ADDICTION SEXUELLE


Question d'hormones?

Toutefois, selon le Dr. Rock Carbonneau, il est plus probable que le problème se situe du côté de l'accueil que leur réservent les différentes cellules. L'hormone, comme une clé, tenterait de s'introduire à l'intérieur de la serrure (structure chimique) de chaque cellule, dont la forme est héréditaire; d'où la divergence d'une personne à l'autre. Les sexoliques seraient dotés de cellules hyper- réceptives. De bien plus belles hypothèses d'experts qui n'ont pas toujours aidé Gaëtan. Sa vie a été bouleversée par un événement, un seuil. Il a été abusé sexuellement par son frère lorsqu'il avait 3 ans. Son cas n'est pas unique. Chez les sexoliques, 81 pourcent auraient subi le même sort. "Le problème est qu'il y a un mélange de deux réactions dans l'agression: le sentiment d'avoir subi le pouvoir de l'autre dans la partie la plus intime de son être et la ferme conviction que c'est la seule façon d'avoir de l'attention. Tout cela modifie considérablement les comportements relationnels, dit-il.



Les dépendances s'entremêlent en plus de ceux qu'il aide en clinique privée, le sexologue Michel Lemay anime à la Maison Jean Lapointe des sessions d'information sur la sexualité et la consommation d'alcool et de drogue de ce centre de désintoxication. Souvent les dépendances s'entremêlent. Le psychiatre Jocelyn Aubut tient à préciser qu'il est impossible d'expliquer un comportement humain par un seul et même facteur. D'autres composantes telles le passé et la perception de la personne seraient souvent oubliées. Par exemple, le fait qu'il était le plus jeune d'une famille de 18 enfants et qu'il n'a jamais eu la possibilité de s'affirmer constituerait un autre facteur primordial afin de mieux saisir le comportement de Gaëtan.

Michel Lemay ajoute à ces facteurs, l'irresponsabilité du système d'éducation face aux enfants plus vieux: "notre éducationo Judéo-Chrétienne a séparé le sexe de notre vie. Il a valorisé l'autorité et l'individualisme - l'école en est venue à parler de MTS et de biologie, mais jamais des motivations de rompre et de baiser, ou encore, sur comment on peut grandir là-dedans. Un questionnement s'impose sur la qualité qu'on accorde globalement à notre bien-être au sein de la relation sexuelle et sur nos modèles culturels d'érotisation. Le mythe de la performance sexuelle doit cesser d'être une tape dans le dos."



Le sexe, souvent, longtemps, tout le temps...c'est bon, pourquoi s'en passer? Gérard, le sait lui. Sa vie en est envenimée. L'homme d'affaires de 40 ans se masturbe plusieurs fois par jour. Il devient incapable de négocier:
"Je suis sûr que ça se voit dans mes yeux." Plus il a honte, plus il occupe la salle de bain, son refuge. Il fuit sa vie. Compagne savoureuse au début, la masturbation l'a rendu esclave. Sa drogue est le sexe et Gérard crie à l'aide. Qui sera là pour lui? Les discrets groupes d'entraide qui sillonnent les sous-sols d'Église en appliquant les principes des A.A? Les experts bien réfléchis et documentés? Ou les deux?

On dit d'Yves qu'il en a brisé les casques. Mais, dans sa tendre enfance, c'est le sien qu'on a brisé. Né d'un père alcoolique, les manques (d'attention, d'affection, d'encouragement, etc.) se succédaient et Yves n'a jamais appris à communiquer. Pendant de nombreuses années, il a bien caché sa solitude et ses émotions derrière le masque de la luxure. Est-ce vraiment possible de récupérer la pendule et de combler le vide qui provient de l'enfance? Enfin, voler de ses propres ailes. Selon Jocelyn Aubert, psychiatre et professeur de l'université de Montréal, la réponse est un oui conditionnel: "s'ils veulent remanier leur vie, les dépendants devront aller chercher le soutien nécessaire, se poser beaucoup de questions et être ouverts aux changements, qui sont très souffrants en passant. La dépendance coûte cher, plus tu veux arrêter de payer. Certains jeunes par exemple, n'ont pas assez souffert. Ils n'investiront pas beaucoup d'énergies dans cette démarche."



Le sexologue.

Pour apprendre à revivre, Yves et Gérard, comme beaucoup d'autres sexoliques, auraient pu se rendre chez un thérapeute comme Michel Lemay. Un sexologue qui anime des sessions d'information sur le lien entre la sexualité et les autres intoxications à la Maison Jean Lapointe.

Celui-ci affirme que chacun d'eux aurait appris que ses fantasmes sont comme des rêves. Ils doivent être interprétés, et, non réalisés intégralement. Ainsi, les deux hommes auraient découvert leurs besoins, leurs propres normes et éliminé, la honte qu'ils ont face à leurs ébats. Pour le sexologue, la thérapie est un moyen d'atteindre un niveau d'intimité appréciable avec quelqu'un ou encore de vivre seul tout en étant heureux.

Juste un petit peu de bonheur, n'est-ce pas là le seul but escompté? Du côté de la biologie, on se demande encore où se situe ce fameux bonheur. Au niveau des neurones ou des hormones? Dans les différents départements de psychiatrie, on choisit selon les CEO. D'un côté, on procure aux sexoliques une thérapie visant à améliorer leur qualité de vie et de l'autre, plus rare, des médicaments à base de testosterones ou toute une panoplie d'anti-dépressifs afin de diminuer leur libido. Or, ces pilules ne font que contrôler la maladie. Pour eux, fini les potions magiques et les gourous qui savent tout, Yves et Gérard ont choisi les groupes anonymes.



Les anonymes ou l'anarchie du réconfort.

Il y a deux à Montréal, les DASA (Dépendants affectifs et sexuels anonymes) ou S.L.A.A., pour les anglophones, et les S.A. (Sexoliques Anonymes). Tous deux proviennent des États-Unis mais se différencient par le degré de retenue nécessaire afin de contrôler la maladie. Les DASA laissent leurs membres décider seuls de leur seuil de tolérance sexuelle. Les SA, pour leur part, considèrent une personne sobre, quand elle n'a aucune activité sexuelle, sauf avec son conjoint.

Ces groupes accueillent tous ceux qui ont besoin, peu importe leur emploi ou leur orientation sexuelle. Ils souffrent, c'est tout ce qui compte. On y utilise que son prénom, son vécu et surtout, son écoute. On omet tout contrôle, carte ou liste de membres. 

Les anonymes forment ainsi de petites anarchies où le calme règne en maître.

La majorité de ces anarchistes se méfient des conseils d'experts. Pour eux, les thérapeutes sont des aviateurs qui tentent de décrire le dessous d'un iceberg du haut de leur nuage. "l'enfer, le bas fond, ils ne savent pas ce que c'est. Ils ne parlent pas la même langue que nous et ils coûtent très cher, affirme Yves avec un soupçon de révolte dans la voix. Les groupes, eux, ne coûtent rien à personne. Ils refusent même les contributions extérieures, par conséquent, tout le monde est égal et on se comprend."



Parler avec d'autres.

Bill Wilson, l'un des fondateurs de AA a découvert que pour éviter de retoucher à l'alcool, il devait parler le plus souvent et le plus honnêtement possible avec d'autres alcooliques. C'est pour cette raison que les anonymes ont instauré différentes règles, afin de mieux écouter les confidences de leurs confrères et consoeurs.

"Personne ne peut interrompre ou commenter ce qu'un autre a à dire et surtout, on ne parle jamais d'autres choses que de notre dépendance", raconte Yves, membre depuis trois ans des S.A.

De plus, grand soulagement pour les nouveaux arrivants; personne n'osera les juger. Ils en ont tous fait autant...sinon plus. Enfin, ils rencontrent d'autres sexoliques qui ont réussi à sortir de ce bas fond. L'espoir revient et le miroir fait moins peur.

Reste à savoir comment ces revenants y sont arrivés.....

Grâce au programme de douze étapes suggéré par les anonymes, il s'additionne à d'autres conseils comme lire les témoignages d'autres sexoliques et la littérature du mouvement, mais le plus important, assister aux réunions.

Yves et Gérard suivent cette recette à la lettre. Ils ont admis qu'ils pouvaient s'en sortir seuls. Ils l'ont d'ailleurs essayé des centaines de fois, en vain.



Souffrance.

"Le désir d'activités sexuelles est si grand qu'ils cherchent les situations dans lesquelles ils s'exécutaient avant. Ils auront des manifestations psychosomatiques (imaginaires) qui sembleront physiques comme un mal de tête, de coeur, etc. Aucune recherche n'a cependant prouvé qu'il y avait un impact réel sur le corps", analyse le psychiatre Jocelyn Aubert. Mais qu'ils soient physiques ou psychosomatiques, les dépendants souffrent énormément durant cette phase.

L'acteur Michael Douglas peut en témoigner. Il a traversé ce chemin infernal, appelé sevrage - coupé de toute activité sexuelle pendant 88 jours, à la clinique Sierra Tucson en Arizona. Il a crié, donné des coups de poing dans les oreillers, médité et surtout, il s'est confié. Lors d'un tel jeûne, la crise d'identité est énorme. Selon Yves et les autres sexoliques, le sevrage de sexe est aussi douloureux que celui de l'alcoolisme: "Nous ne savons pas qui nous sommes, parce que nous l'avons fui pendant si longtemps. Notre façon de réagir dans son ensemble nous déplaît. On ressent, en même temps, toute la douleur et l'anxiété que l'on a cachées pendant toutes ces années, en plus de celles qui viennent de ce que l'on réalise. Imaginez l'agressivité que ça provoque!".

Une fois ce passage des ténèbres terminé et que les étapes sont enclenchées, la libération et le bien-être sont si grands qu'il ne reste plus qu'à remercier et demander que ce bonheur, nouvellement acquis et si fragile, perdure....au moins pour aujourd'hui.



Une suite de 24 heures.

À partir de là, la vie devient une suite de 24 heures. Chaque matin, Yves demande la force de ne pas avoir d'aventures aujourd'hui. Et demain? On verra bien! Pour la plupart des sexoliques, imaginer l'abstinence éternelle est proprement inimaginable et créerait une anxiété tellement profonde que la rechute deviendrait inévitable.

Plusieurs semblent guéris, ils ne sont plus obsédés, mais tous sont d'accord pour dire qu'ils restent vulnérables. Les rechutes sont toujours possibles et tout spécialement lors des coups durs.

"Dans une période de stress, il faut donc travailler beaucoup au niveau de la prévention; par exemple, être aux aguets au nombre de masturbations qu'ils ont dans la journée, du genre de situation à éviter, ou encore savoir comment et quand demander l'aide d'un thérapeute ou d'un réseau. Surtout, mais surtout, il ne faut pas voir la rechute comme une défaite", affirme le Dr. Aubert.



Les chevaliers de l'espoir perdu.

La solution des anonymes: un inventaire minutieux et crucifiant de toutes leurs fautes passées. Ils se dénoncent au groupe et réparent ces erreurs si lourdes. Un rétablissement durement gagné. Et peu importe qu'ils soient pardonnés ou pas, ils en ressortent allégés d'un énorme fardeau et remplis de dignité...assez pour en redonner à leur tour.

Cette attitude chevaleresque préviendra la rechute et deviendra leur nouveau mode de vie. Ils deviendront parrains et avec grand bonheur passeront le reste de leur vie à aider les autres sexolistes à retrouver la sortie de secours des bas fonds.

Les groupes anonymes sont efficaces pour régler les problèmes de ceux qui veulent arrêter; mais ils ne s'intéressent pas aux causes de la dépendance. À ce moment, l'aide des professionnels peut s'avérer efficace.

Toutefois, un moyen ne contredit pas l'autre. Une grande partie des thérapeutes envisagent un travail complémentaire avec les anonymes "ces groupes s'avèrent plus efficaces avec le nombre d'années de sobriété des membres qui peuvent ainsi agir comme des guides, mais il faut aussi valoriser les autres dimensions de leur vie", assure le sexologue de la maison Jean Lapointe.

"Pourtant, il est clair que ces groupes d'entraide aident à vaincre les dépendances, cicatrisent les blessures psychologiques et sont un puissant antidote au problème de la solitude qui multiplie les autres problèmes, que ce soit la drogue, le jeu ou l'alcool", affirme Yves avec détermination. Il y a des années qu'il n'a pas eu d'activités sexuelles. Il se dit heureux et en paix.

Un petit conseil pour les futurs Yves? Le psychiatre Aubert suggère de faire le tour des différentes options : "ce qui est important, c'est qu'il n'y a pas de traitement miracle qui travaille à la place des gens. Et si les gens sont décidés à changer qu'ils se fassent confiance."

dimanche 1 avril 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 60e partie


ADDICTION SEXUELLE

Dépendance, état d'une personne qui est soumise à un être ou à une chose. La dépendance peut exister à l'égard d'un produit toxique dont on use pour en retirer du plaisir ou dissiper un malaise.
On distingue deux sortes de dépendance:
  1. la dépendance physique, qui est un état adaptatif ayant pour conséquence l'apparition de troubles physiologiques et psychologiques intenses lorsque la prise de drogue est suspendue ("état de manque").
  2. dépendance psychique, caractérisée par le désir impérieux de renouveler la consommation du produit toxique. À défaut, le sujet présente un état dépressif anxieux. Mais il s'agit de dépendance sexuelle que vous allez lire au compte-goutte sur nos pages.
Au même titre que l'alcoolisme, la dépendance a été diagnostiquée comme une maladie. Après avoir été taxées de manque de volonté pendant des années, la narcomanie, la cocaïnomanie, etc., ont aussi rejoint les rangs des maladies dans le répertoire de l'association américaine de psychiatrie. Depuis, le gambler ou le joueur pathologique a démontré que la dépendance n'est pas nécessairement liée à l'absortion d'une matière quelconque. Ainsi, en 1981, la même association a reconnu que la dépendance au jeu était aussi forte que celle de l'alcool. Tout comme les joueurs et les outre-mangeurs, les sexoliques fuient la vie réelle. Seule leur obsession est différente...pour eux, c'est la sexualité.
Pour Danielle Tardif, cette maladie débute à l'enfance ou à l'adolescence. Elle se caractérise par des sentiments excessivement pénibles. Émotions trop intenses, manques d'estime de soi, solitude ou vide intérieur, tous provoquent un remous à la fois physique et psychologique. La victime doit apaiser son tourment rapidement et le plaisir sexuel devient le calmant idéal. De plaisir en plaisir, l'habitude s'installe, s'incruste et devient obsession.
Les relations n'ont plus la dignité d'autrefois, le dépendant se contente de ce qui passe. Honteux et plein de remords, il se sait esclave de ses instincts. À ce stade, le dépendant devient désespéré. Il réalise qu'il a perdu la maîtrise de sa vie.
Pour ne pas vivre l'angoisse de sa douloureuse prise de conscience, il recommence....Plus rien ne semble pouvoir le sortir du cercle vicieux.
Cercle infernale des malheurs.
Un cercle qu'on nomme sexolisme par analogie à l'alcoolisme. Il entraîne ses victimes, soit vers des comportements sexuels hautement dangereux, soit dans une suite infernale de malheurs. Selon le livre 'Don't Call it Love' de Patrick Carnes, un sondage effectieux auprès de 1000 dépendants sexuels révèle que 27 pourcent d'entre eux ont perdu leur emploi ou ont été arrêtés, plusieurs ont aussi perdu leur famille, leurs amis, leur santé, et surtout, leur estime personnelle.
Écoutez l'histoire de Jacqueline, de Paul et de Gaëtan pour nous convaincre de cette maladie:
Jacqueline ne vit que pour les histoires d'un soir : "À chaque aventure, je me promets de ne pas recommencer.....jusqu'au lendemain soir! Déchirée entre le fait que j'ai besoin d'attention et la façon dont je l'obtiens, je me sens seule, inadéquate socialement. Et ça progresse depuis que je suis jeune."
Paul est piégé par les lignes érotiques : "je ne peux me lever la nuit pour aller me chercher un verre d'eau sans arrêter devant le téléphone pour appeler 1-976. J'ai demandé à ma femme de faire disparaître tous les téléphones, touch-tone, portable, iphone de la maison." Après 20 ans de mariage et deux beaux enfants, Gaëtan considère l'infidélité comme un mode de vie : "Je vois la femme comme une paire de seins. Voilà ce à quoi j'ai réduit mes relations avec elle! J'en ai même déjà oublié la fête de ma fille et dépensé tout l'argent de son cadeau pour une prostituée." Après une panoplie de mésaventures du genre, sa femme a mis fin à leur vie conjugale.
Paul, Gaëtan et Jacqueline souffrent d'une maladie étrange et sournoise: la dépendance sexuelle. La masturbation, le voyeurisme, l'exhibitionnisme, bref, le sexe, jour et nuit, rarement joyeux, souvent douloureux. "Toute leur vie tourne autour de ça : leur budget, leurs loisirs, leurs relations...", constate la psychologue Céline Mondor, une recherche américaine effectuée dans les années 1990 révélait qu'une personne sur 12 est dépendante sexuelle. Quatre sur cinq sont des hommes. Les dépendants sexuels viennent de tous les milieux; depuis Don Juan jusqu'à Michael Douglas, en passant par John. F. Kennedy, Frank Sinatra, Victor Hugo et des milliers d'inconnus. "Notre difficulté est que le mal est progressif. Si nous n'apprenons pas à le contrôler, il ira toujours en s'aggravant, nous en voudrons toujours plus", explique Gaëtan.
Évidemment, ces malheureux subissent un exténuant conflit interne. Plusieurs d'entre eux se voient comme des êtres sans volonté et des pervers. Ils craignent de révéler ce qu'ils font par peur d'être méprisés ou tout simplement abandonnés. "Je sais que je ne suis pas correct et je me sens très coupable de mes fantasmes...", explique Paul, un homme marié. Les voix masculines des lignes érotiques sont l'objet de son supplice.
La sélection "naturelle".
La psychologue Céline Mondor dresse un portrait assez ahurissant, mais réaliste, des sexoliques : "ces gens là ne voient, dans les autres personnes, que la source de plaisir sexuel. Quand ils rencontrent quelqu'un, la seule et unique question qu'ils se posent est de savoir s'ils peuvent baiser avec elle ou lui."
La raison de ce comportement est simple. Les obsédés se croient indignes d'intimité ou d'amour. Voilà pourquoi certains préfèrent la masturbation ou les ébats avec une prostituée; le sexe sans aucune communication. Les adeptes des aventures d'un soir, eux, se sauvent le plus possible de leur partenaire après le coït.
C'est le cas d'Yves qui a séduit une multitude de dames : " J'avais édifié une forteresse autour de moi. Personne, absolument personne ne pouvait entrer et je ne pouvais en sortir. Je n'avais jamais de réactions extrêmes comme la colère ou une grande joie. Ça m'aurait obligé à communiquer et à me rendre vulnérable.
Je suis resté six ans avec une fille et je ne parlais tellement pas de moi qu'elle ne savait même pas quel genre de musique j'aimais. Je baisais avec tout le monde, sauf avec elle."
Comme Gaëtan qui est toujours en désarroi depuis sa séparation, les sexoliques sont terrifiés devant la possibilité de rejet, de l'impuissance ou de l'incompréhension. Tout leur amour propre en dépend. Victimes et bourreaux, ils sont donc incapables de rompre ou de dire non. "Je me disais: ils vont m'aimer s'ils couchent avec moi. Le vide n'était jamais comblé, je me sentais belle sur le coup, mais....je n'avais jamais d'orgasme et je pleurais toujours après avoir fait l'amour", raconte Jacqueline fébrile. Certains vont jusqu'à se prendre pour Zélig, le fameux homme-caméléon de Woody Allen. Ils changent leur personnalité pour les besoins de la séduction; moyen par excellence de cacher leur sentiment d'être étranger à tous et partout.
Le Cas de Mme Bovary
Chaque sourire cachait un baillement d'ennui, tout plaisir son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissaient sur la lèvre qu'une irréalisable envie d'une volupté plus haute. (...) Mme Bovary n'était pas heureuse. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait?.... En 1856, Flaubert s'intéressait déjà aux causes de ce qui, plus tard, serait nommé la dépendance sexuelle.
Aujourd'hui, la question demeure......
Existerait-il une hormone du samedi soir qui propulserait directement les sexoliques dans les tumultes de leur dépendance? Selon le Dr. Rock Carbonneau, du département de biologie de l'université de Montréal, les études sérieuses en ce domaine ne dâtent que les anéées 70 et les chercheurs en sont à leurs premiers balbutiements.
Néanmoins, le docteur a bien l'impression qu'elle existe, cette sacrée hormone: "l'endorphine et d'autres protéines humaines auraient les mêmes effets que la morphine. Elles donneraient une sensation de bien-être et seraient secrétées dès que l'individu effectuerait une activité physique suffisamment exténuante comme les ébats sexuels. De plus, la libido pourrait être modifiée par la fréquence avec laquelle le cortex surrénalien (partie du cerveau) secrète les hormones androgènes, c'est-à-dire les testostérones chez les hommes, l'oestrogène et la progesterone chez les femmes."

jeudi 29 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 59e partie


IVRESSE MENTALE ET SON TRAITEMENT

Notre expertise nous amène à percevoir cette toxicomanie comme le résultat avant tout d’une manière inadéquate pour la personne d’interagir avec son environnement. Il y a aucun doute que tout  le monde désire que l’individu pour qui l’alcool est un problème, adopte une attitude responsable à cet égard.

L’alcoolique est responsable des gestes qui l’ont amené à cet état. Et il est responsable des  gestes à poser pour s’en sortir. Il est responsable  des gestes à poser pour ne pas revenir à l’état qu’il déplore lui-même. Il se trouve donc devant tout un répertoire de possibilités dans lequel il doit faire des choix : choix d’aspirations, choix de comportements. Redonner à la personne sa responsabilité, ce n’est pas la condamner pour ce qui est arrivé, c’est le libérer de lourdes chaînes qu’elle traînait, c’est croire en elle, c’est la respecter dans le sens profond de l’humain qu’elle représente.

Vu sous cet angle, l’alcoolisme est une technique d’adaptation, c'est-à-dire l’adoption graduelle d’un mode d’agir pour se maintenir comme personne, pour faire face à sa réalité quotidienne, pour «  réchapper » devant les réalités de sa vie et devant les soubresauts émotionnels que celle-ci suscite en lui. Chacun se trouve constamment dans une telle conjoncture. Peu de situations humaines ne provoquent pas d’émotions, d’anxiété, de crainte, de joie, de dépression ou autres. Le mode habituel consiste à affronter la situation malgré les émotions engendrées et à en arriver à une sorte de solution où chacun est parfois gagnant et parfois  perdant. La tentation est grande alors pour chacun de se faire accompagner d’alcool, ou de psychotrope quelconque, dans cet échange avec la vie, de faire face à la situation en agissant sur son organisme soit pour se rendre plus fort devant celle-ci, soit pour l’éviter totalement.

Le renforcement du comportement de boire se répète à chaque nouveau verre, de sorte que bientôt l’alcool doit toujours être présent et en quantité de plus en plus grande puisque la tolérance physiologique entre en jeu. La personne est alors «  alcoolique ». Elle a fait et continue de faire un mauvais usage de ce que la société préconise, c'est-à-dire boire en diverses circonstances. Elle cherche dans l’alcool une situation, alors que l’alcool ne sera jamais une solution aux épreuves de la vie, de sa vie.

Avec une telle conception, l’intervention auprès de l’alcoolique ne peut être seulement médicale. Même si, dans 5% des cas, il faut agir d’abord en vue de rétablir rapidement l’organisme intoxiqué pour le remettre en état de fonctionner, l’intervention médicale ne peut toucher à l’alcoolisme même.
Pour réussir à amener les alcooliques à un mode de vie productif, un programme de traitement doit permettre à ces personnes de ressentir de la fierté et de l’espoir, et d’accepter ses responsabilités.

L’alcoolisme n’est pas une maladie mentale et ne peut être approché par les moyens propres à cette difficulté. En effet, on observe qu’il peut y avoir une amélioration du fonctionnement personnel sans que change le comportement de boire, tout comme on observe dans la position médicale que l’adoption de l’abstinence totale peut s’accompagner d’une plus grande mésadaptation psychologique et sociale.

On reconnaît de plus en plus aujourd’hui, sous l’influence de la psychologie humaniste et de la médecine holistique, que c’est à toute la personne de l’alcoolique qu’il faut s’adresser dans la recherche avec lui, d’une solution à son problème. L’approche psychosociale touche la personne dans sa conception d’elle-même en tant que personne valable qui, comme tout le monde, est assaillie de nombreuses émotions, qu’elle a tendance à noyer dans l’alcool  plutôt que de les aborder par une action constructive. Elle touche la personne dans sa relation avec son entourage qu’elle doit mieux comprendre et vis-à-vis duquel elle doit mieux s’exprimer. Elle touche l’organisation de sa vie même dans les choix de la personne pour obtenir ce qui peut être désiré selon des aspirations réalistes et légitimes. Modifier son style de vie, c’est apporter des changements dans toute la configuration personne-environnement, dans l’expression interne ( ses croyances, attitudes, ses schèmes de perceptions et de pensées ) et dans l’expression externe de cette configuration ( ses actions). L’intervenant accompagne l’alcoolique au cours de ce processus : il l’écoute et attire son attention sur divers aspects, il lui suggère des pistes d’exploration personnelle, orale ou écrite, concernant l’alcool, concernant l’alcool et ses effets métaboliques, il renforce les efforts qu’il fait en vue d’adopter de nouveaux comportements. Tout cela se traduit par une présence attentive, active, qui respecte la responsabilité de l’alcoolique dans le processus que ce dernier a entrepris.

Les malaises existentiels menant à de mauvais styles  de vie ne doivent plus être considérés comme des choses extérieures à la personne qui, comme un virus, s’infiltrent dans l’organisme selon le modèle médical. On doit plutôt voir l’état qui résulte de ces malaises comme étant consécutifs à un mauvais choix de solution, nettement justifié d’ailleurs, mais inapproprié face aux désirs et aux aspirations existant au moment du choix.

Reconnaître cette responsabilité, c’est reconnaître la responsabilité nécessaire à la réorientation des choix vers des comportements plus adéquats. On aura recours, lorsqu’il s’agit de difficultés de cet ordre, au médecin ayant une approche holistique, au psychologue ou tout autre intervenant, non pour remettre entre ses mains le problème ou la mésadaptation alcoolique, mais pour recevoir de sa part l’attention nécessaire pour la mise en marche du processus de modification de soi. La route à suivre est longue, mais les résultats assez encourageants obtenus à ce jour laissent croire qu’avec le temps, ceux-ci seront plus importants.

On peut conclure au sujet de la dépendance :
-Les psychotropes perturbent les émotions, les perceptions et les comportements d’une personne. Les drogues les plus dangereuses sont celles qui créent la dépendance, laquelle est physiologique et psychologique.
-Les  stimulants produisent une activation du système nerveux central, ils peuvent produire une intoxication.
-Les narcotiques produisent la détente, calment la douleur et l’anxiété. Les hallucinogènes engendrent des hallucinations et d’autres modifications de la perception Ainsi, ils  peuvent amener la personne dépendante à une prise de conscience.

Mais, qu’est-ce que la conscience, et quels sont les différents états de conscience?                    La conscience est une structure cognitive supérieure ( loin de la périphérie, loin du sens) chargée d’assurer la direction et l’intégration de l’information et dont le fonctionnement donne lieu à une expérience subjective. On distingue au moins trois niveaux de conscience : la conscience implicite, la conscience réflexive, et la méta conscience.

samedi 24 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 58e partie

MISÈRE DU DÉSIR

L'alcool est le dépresseur le plus commun.  À petites doses, provoque une réduction des tensions et un sentiment de joie.  Alors, qu'à fortes doses, il occasionne une instabilité émotionnelle et physique, perturbe la mémoire et entraîne la torpeur.

Alcoolisme problème lié à la consommation d'alcool, qui fait en sorte que l'individu qui en souffre éprouve un besoin impérieux de poursuivre sa consommation d'alcool.  Malgré les répercussions négatives de celle-ci sur les plans physique, psychologique et social de sa vie.

L'alcool est la dépression le plus courant et la drogue la plus consommée.

Même si l'alcool est un dépresseur, la plupart des gens affirment qu'il augmente leur sociabilité et leur bien-être.  Cette différence entre les effets réels et les effets perçus de l'alcool est liée à ses effets initiaux: une baisse de tension, une gaieté accrue et une absence d'inhibition.  À mesure que la quantité d'alcool augmente, toutefois, les effets dépresseurs deviennent plus apparents.  Les personnes se sentiront alors plus instables physiquement et démontreront un jugement médiocre, leur mémoire sera perturbée et elles auront de la difficulté à articuler les mots, elles deviendront incohérentes et, éventuellement, tomberont dans un état de stupeur et s'évanouiront.  Si elles boivent une quantité importante d'abord durant une courte période, elles peuvent même mourir empoisonnées.

Dans certains cas, les personnes souffrant d'alcoolisme doivent boire constamment afin de se sentir suffisamment bien pour fonctionner dans la vie de tous le jours.  Dans d'autres cas, elles ne boivent que sporadiquement, mais elles ont alors tendance à boire des quantités importantes d'alcool.

Il n'a pas été établi clairement pourquoi certaines personnes deviennent alcooliques et développent une tolérance à l'alcool alors que d'autres personnes n'éprouveront jamais ce problème. Certaines recherches tendent à indiquer une cause biologique à ce phénomène.  Toutefois, la question de savoir s'il y a un gène spécifique qui produirait l'alcoolisme suscite une grande controverse.  Il est évident que les chances de souffrir d'alcoolisme sont considérablement plus élevées s'il y a ou s'il y avait d'autres personnes souffrant d'alcoolisme dans une famille.  D'un autre côté, toutes les personnes souffrant d'alcoolisme n'ont pas nécessairement dans leur famille une personne souffrant d'alcoolique; dans ces cas, on croit que des facteurs environnementaux joueraient un plus grand rôle.

mardi 20 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 57e partie


DÉPENDANCE AUX STIMULANTS

Tenter de trouver les causes qui motivent l’homme en détresse aux stupéfiants équivaudrait à vouloir connaître la forme et la qualité d’un iceberg dont nous ne verrions qu’une insignifiante partie en surface.  L’homme en détresse désire vivre ici bas d’abord, et dans l’au-delà ensuite, si possible, ce coin de paradis que n’ont cessé de lui présenter les religions.  La drogue lui promet, sans toujours lui donner, ce paradis artificiel. Les dangers inhérents à cette consommation agissent souvent comme un stimulant plutôt comme handicap, c’est dans cette même ligne de pensée d’ailleurs que s’inscrivent les compétitions de tous ordres.  On peut, bien sûr, atteindre au bonheur par d’autres voies.  Mais il est certain que la drogue offre l’avenue la plus facile, la plus accessible et la plus profitable.  La chimie, ayant réussi à isoler les principes actifs des plantes de bonheur, puis à produire artificiellement des produits plus puissants, offre au voyageur à la recherche de paradis artificiel un arsenal impressionnant.  Cette corne d’abondance ne peut manquer d’impressionner et de séduire.  Autre fois, il fallait habiter le Mexique pour vivre l’expérience de la plante sacrée des incas, ou il fallait être membre de la Native American Church pour goûter les joies du Peyotl.  Aujourd’hui, les drogues sont à la portée de tous et la science permet de les fabriquer, de les calibrer.  Ainsi, il n’est plus nécessaire de voyager pour trouver des drogues.  On peut faire son voyage à domicile avec les produits du bord.  Il y en a pour tous les tempéraments, pour tous les goûts, pour tous les besoins.  On mélange dépresseurs et stimulants dans le même comprimé.  On y ajoute même des vitamines afin de compenser l’effet anorexique des stimulants.  Ainsi, la même pilule nous endort, nous réveille quelques heures plus tard et même...nous nourrit.
On doit se demander pourquoi se livre-t-il à cette soupape artificielle, l’homme en détresse:
Il prend:
Pour combattre la fatigue
caféine
cocaïne
amphétamines
Pour oublier ses peines et se détendre
Alcool
Narcotiques
Méprobamate
Chloridiazépoxide
Bromures
Pour rêver
Morphine
Cocaïne
Mescaline
L.S.D.Marijuana 
S.T.P.
Pour se sentir mieux
Alcool
Narcotiques
Amphétamines
Méprobamate
Pour dormir
Alcool
Chloral
Paraldéhyde
Barbituriques
Narcotiques
Pour s’évader
Alcool
Barbituriques
Bromures
Narcotiques
Paraldéhyde
Ces produits ne sont pas sans danger

dimanche 18 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 56e partie


DÉPENDANCE À L'ALCOOL

L'alcoolisme est la toxicomanie la plus répandue en occident.  C'est aussi le principal problème de santé mentale.  Son coût annuel au Canada : plus de cinq milliards de dollars.  Au Québec, on évalue la perte de productivité liée à l'alcool et aux drogues à un milliard de dollars par année.

Environ 15% des Nord-Américains ont des problèmes d'alcool et, de ce nombre 5% sont véritablement alcooliques. L'autre 10% représente les "mauvais buveurs", c'est-à-dire ceux qui boivent de manière excessive, sans pour autant développer une dépendance physique.
Quiconque consomme de l'alcool encourt le risque de devenir dépendant, risque, qui selon les experts, se situe entre 5% et 10%.  Si l'un des parents est alcoolique, le danger grimpe à 20%; lorsque les deux parents le sont, le risque se situe à près de 5%.  D’un point de vue médical, l'alcoolisme est une maladie chronique et potentiellement mortelle qui rend l'individu physiquement dépendant de l'alcool.  Boire devient alors une obsession compulsive.  L'alcoolisme organise sa vie autour de la consommation, peu importe les effets dramatiques que cela peut avoir sur son existence et sur celle des autres.  La privation d'alcool le fait souffrir: les tremblements le secouent dès le réveil jusqu'à ce qu'il prenne sa première dose de cognac ou de vodka.  Plus la dépendance s'aggrave, plus la dose augmente, le corps ayant développé une tolérance accrue à l'alcool.  Des études génétiques ont démontré certaines anomalies physiologiques qui sont transmis par les gènes. Ce n'est pas l'alcoolisme comme tel qui est transmis, mais plutôt des risques biologiques qui prédisposent des individus à l'alcoolisme. On peut avoir l'alcoogène et ne jamais développer la maladie.  Tout comme on peut ne pas avoir l'alcoogène et devenir dépendant de l'alcool.

L'alcoolisme est en effet un phénomène complexe où une multitude de facteurs interviennent, notamment les troubles de la personnalité.  Faible estime de soi, incapacité d'exprimer ses émotions, culpabilités, perfectionnisme : boire devient un moyen de composer avec l'anxiété et les difficultés de l'existence.

On croit aussi que l'environnement social joue un rôle important dans le développement de la dépendance, avoir été exposé très jeune à l'alcool, par exemple, ou avoir été maltraité.  Cependant, environ 5% des personnes qui consomment trop n'ont pas grandi auprès d'un père ou d'une mère alcoolique.  Et plusieurs ne développeront que tardivement leur problème d'abus.  C'est le cas pour le tiers des personnes âgées aux prises avec cette dépendance. Perte d'un époux, nid familial désert après le départ des enfants, retraite, crise d’identité, problèmes de santé liés au vieillissement : les étapes difficiles peuvent inciter à prendre un verre afin de combler un vide et anesthésier les souffrances.

Que l'on soit un buveur tardif ou que l'on traîne un long passé d'abus d'alcool derrière soi, les conséquences sont tout aussi tragiques.  La liste des répercussions physiques, psychologiques, sociales, familiales et financières est interminable.  Par définition, l'alcool est toxique.  Consommé avec modération - soit un verre par jour pour les femmes et deux pour les hommes, il a des vertus protectrices pour le coeur.  Toutefois, il peut se transformer en poison mortel pour les tissus et les organes, qui l'absorbent très vite.

Ainsi, l'alcoolisme diminue l'espérance de vie de 10 à 15 ans.  Dépression, confusion, amnésie persistante, troubles du sommeil, cirrhose, gastrite, pancréatite, cholestérol, thrombose, infarctus, cancer; l'alcool n'épargne aucune partie du corps, du système nerveux au système digestif en passant par l'appareil circulatoire.  

Et plus, on vieillit, moins l'organisme tolère l'alcool "les complications se multiplient avec le temps, car le corps s'intoxique plus rapidement."

jeudi 15 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 55e partie

DÉPENDANCE AUX MÉDICAMENTS

1) Anxiolytiques (tranquillisant mineur)
Atarax        Noctec
Ativan        Noludar
Dalmane    Serax
Librium       Valium

2) Antidépresseurs
Anafranil      Parnate
Aventyl        Surmontil
Déprex        Sinequan
Elavil           Tofranil

3) Antipsychotiques (tranquillisant majeur)
Haldol          Neuleptil
Largactil       Neuroleptique
Majeptil        Nozinan
Mellaril         Stelazine
Modecate     Tarasan
Moditen        Trilafon

4) Antiparkisonniens
Artane          Congentin
Benadryl       Kemadrin

5) Antiépileptiques
Mysoline

6) Lithium
Carbonate

7) Sédatifs et hynoptiques
Phenergan

8) Autres

lundi 12 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 54e partie

LES DÉPENDANCES

Dépendance aux substances  comme la Cocaïne et ses effets  sur la santé.
Déjà en 1974( ?), dans une chanson française intitulée «  le coco », une jeune femme délaissée par son amant, parlait à peu près en ces termes de la drogue à laquelle elle s’adonnait : «  Je prends de la cocaïne, elle embrume mon cerveau, (ma) raison disparaît (mes) chagrins s’envolent, et je deviens folle. »

Et pourtant, c’est au début des années 80 que les experts des drogues commencèrent à reconnaître avec netteté les effets néfastes de la cocaïne dont l’existence remonte jusqu’aux années 5000 avant l’ère chrétienne chez les indigènes sud-américains. Ces derniers ingéraient en effet les feuilles de la coca en guise d’aliment et aujourd’hui encore leurs descendants font  usage de la plante, plutôt comme stimulant. D’un autre côté, les Incas du Pérou considéraient la coca comme sacrée et restreignaient son usage en faveur des nobles. Malheureusement, avec la conquête espagnole au seizième siècle, la drogue se propagea au sein des couches sociales moins privilégiées, ce qui provoqua d’emblée la chute de l’économie alimentaire des Incas.

Utilisée dans des élixirs ou des potions vers 1863 par des hommes comme Angelo Mariani qui vendait ces potions à des clients célèbres (Pape Léon X111, Thomas Edison, Jules Vernes…), la cocaïne fut toutefois dénoncée par d’autres hommes tels que Sigmund Freud qui en fait avait succombé à la toxicomanie de cette drogue.

La cocaïne est extraite des feuilles de coca ( Erythroxylum Coca), plante largement cultivée dans les Andes montagneuses de l’Amérique du Sud. Quoique la drogue occupe une certaine place dans la pharmacopée (recueil des recettes ou formules pour préparer les médicaments), disons au départ que la cocaïne est un stupéfiant dont l’usage répété et prolongé aboutit à une toxicomanie grave.

L’usage de l’alcaloïde par des adolescents et même des enfants est en train de se répandre dans des proportions épidémiques à travers le monde Occidental. À nous de veiller à ce que les familles soient imbues des dangers de cette drogue, lesquels peuvent se classer en deux groupes
  1. Dangers d’ordre physiologique ou physique.
  2. Dangers de nature psychologique.
 Sans entrer dans les détails pharmacologiques pour montrer comment ces effets surviennent chez l’humain, je dirai que les effets physiologiques ou physiques sont nombreux, la mort instantanée en étant le plus grave, car l’arrêt cardiaque peut survenir brusquement chez une personne ayant inhalé ou ingéré de la cocaïne. Bien que 1.200 
 milligrammes soient généralement considérés comme la dose capable de tuer un adulte, des effets toxiques sévères se sont produits avec une dose aussi faible que 20 milligrammes. Et cette mort peut survenir à la suite de l’aspiration, de l’injection intraveineuse ou de l’ingestion de l’alcaloïde, tant chez l’individu expérimenté que chez le novice à son premier contact avec le stupéfiant. D’une manière générale, la mort arrive tôt après la dose fatale; au cours de la première heure ou bien moins de cinq heures après le contact. Un arrêt respiratoire entraînant aussi la mort peut se produire par suite de l’effet toxique sur le centre cérébral de la respiration.

Autres effets sérieux de la cocaïne : convulsions sévères, maux de tête, stupeur ou coma, toux chronique, fatigue persistante, insomnie, saignement du nez  ou perforation de la cloison nasale causée par l’absorption de la drogue par le nez. Des nausées ou vomissements apparaissent aussi, ainsi que la diarrhée. Outre cette fin précoce qui guette les usagers de la cocaïne, il y a les dérangements psychologiques de degrés divers, à commencer par la toxicomanie.

La toxicomanie est cette déviation morbide qui contraint un individu à rechercher une drogue pour en faire un usage répété. Le sujet devient comme obsédé. Il est prêt à faire n’importe quoi  pour trouver de la drogue. Il ne raisonne plus et son corps réagit différemment si la drogue n’est pas prise, sans que le soient les symptômes de retrait en ce qui concerne la cocaïne. Les experts s’accordent à dire que la toxicomanie de la cocaïne a trois caractéristiques : une perte de contrôle quant à l’usage du stupéfiant, une faim et un désir incontrôlés pour ce dernier, la persistance des toxicomanes à s’administrer la drogue malgré les troubles divers et dangereux que celle-ci leur cause. En fait ces gens cherchent à minimiser les problèmes, de sorte qu’ils puissent continuer à s’adonner à ce qui les détruira tôt ou tard.

Les autres effets psychologiques de la cocaïne consistent en dépression, anxiété, paresse, paranoïa, perte de la libido (désir sexuel), tendances à la violence, hallucinations comme les sensations d’insectes rampant sous la peau.
Ce n’est pas trop de dire qu’un usager de la cocaïne ou de tout autre stupéfiant est un esclave de deux maîtres. Son premier maître est la drogue elle-même, tandis que le 

trafiquant représente le second maître, être le plus souvent sans scrupules, capable d’utiliser la drogue dont il fait le commerce comme une dangereuse arme susceptible de tenir d’autres êtres humains dans la plus vile dégradation.

Se sentant victime des épreuves de la vie (conflits interpersonnels, frustrations, échecs, stress, solitude, chômage), l’homme en détresse va vouloir remplir un manque affectif lié à son passé en consommant des produits anxiolytiques ou les médicaments antidépresseurs.

dimanche 11 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 53e partie


TRAITEMENT AU LITHIUM

la découverte du lithium est survenue par accident.  En 1949, Cade remarque l’effet sédatif du carbonate de lithium chez des cobayes et déduit que le même résultat pourrait être obtenu chez des patients souffrant de manie (Good et Gilman 1970).  L’acceptation du lithium comme agent thérapeutique efficace n’est venue qu’après plusieurs années de controverse, surtout en ce qui concerne son efficacité et sa sécurité.  Le lithium est utilisé à long terme en tant qu’agent prophylactique pour prévenir les rechutes des désordres affectifs ou pour diminuer leur intensité.  Il sert aussi dans le contrôle des états aïgus de manie et dans certaines dépressions.
Une partie de la psychopathologie du maniaco-dépressif dans son état aïgu est difficile à différencier de la schizophrénie.  Cependant, ces deux désordres présentent des caractéristiques divergentes dont il faut tenir compte tant dans le diagnostic que dans le traitement.  Le maniaco-dépressif passe par des hauts et des bas suivis de périodes normales; il présente une très faible probalité de détérioration et l’histoire familiale est souvent positive en ce qui concerne les désordres affectifs et l’alcoolisme, et négative en ce qui concerne la schizophrénie. Il est très important que le diagnostic soit approprié étant donné que les probabilités d’amélioration du maniaco-dépressif traité avec le lithium sont excellentes, alors qu’elles sont très pauvres pour le schizophrène (Fieve, 1975).
Le traitement par lithium doit se faire avec supervision clinique suivie.  Il est contre indiqué chez des patients qui présentent des troubles rénaux, des troubles cardiaques manifestes et des troubles neurologiques.
Le danger de toxicité est toujours présent dans le traitement par lithium.  Pendant une phase maniaque, la tolérance au lithium augmente, mais elle descend une fois l’épisode passé. Une diète normale, avec des niveaux de sodium et d’eau normaux est nécessaire pour le bon fonctionnement de ce traitement.
Effets secondaires
Quand le taux de lithium présent dans le sérum du malade est plus élevé que 1,5 mEg|1, plusieurs effets secondaires peuvent se présenter; tremblement des mains, douleurs abdominales, nausées, vomissements diarrhée, soif et polyurie, fatigue et augmentation de poids.  Ces symptômes ont lieu dans les quatre premières semaines, ils disparaissent spontanément ou avec une réduction de la dose thérapeutique.
Un problème majeur avec le traitement au lithium est que s’il est donné en quantité excessive et que les reins n’arrivent pas à éliminer le médicament adéquatement, le taux de sérum monte à 2.0 mEg|1 et un état d’empoisonnement se produit.  Si le patient demeure dans cette situation pendant quelques jours, les risques d’accident grave peuvent survenir.  Ce danger dans le traitement par lithium peut être évité avec la surveillance nécessaire du taux de lithium dans le sérum.