Étape 1 : confiance ou méfiance
-ou encore non confiance fondamentale
-l’enfant passe du mode de recevoir au mode de prendre
Étape 2 : autonomie ou doute
-certaine maîtrise musculaire
-capacité de dire oui ou non
-l’enfant commence à prendre plus de place à la maison. Il apprend que la famille n’a pas à se plier à tous ses caprices.
Étape très importante qui prépare ou non les bases d’une véritable liberté intérieure, exempte de contrainte intense indue et assez forte pour affronter victorieusement les pressions du monde extérieur.
Étape 3 : initiative ou culpabilité
-possibilité d’exprimer par toutes ses capacités nouvelles, ce qu’il sera plus tard.
Les suites de la solution favorable ou défavorable peuvent exercer une influence considérable sur le choix de l’avenir.
Pour choisir et exercer un rôle propre, le MOI doit être libre de tout conflit intériorisé.
Étape 4 : diligence ou infériorité
-conquête de la tolérance d’autrui grâce à leur capacité de produire quelque chose.
La réussite ou l’échec de cette étape inscrit dans la personne un sentiment de valeur ou de non-valeur. Ce sentiment de valeur ou de non-valeur facilite ou entrave l’acquisition d’un sentiment d’identité à l’étape suivante.
Étape 5 : Identité ou confusion
-la conquête de l’identité marque le point tournant du développement humain.
-l’achèvement de sa personnalité prend une signification dans sa culture.
L’entourage a donc la possibilité inespérée qui ne se renouvellera plus par la suite, d’influencer une fois encore les modes prégénitaux et les modes propres aux sexes masculins et féminins.
Cette constatation est de première importance pour la mise en place d’une des dimensions essentielles de l’identité sexuelle.
Étape 6 : Générativité ou stagnation
-capacité d’accueillir l’autre parce que accueil de soi.
Pour s’engager vraiment quelqu’un doit avoir résolu sa crise d’identité. La véritable intimité avec autrui suppose donc l’équilibre entre la solitude et la relation avec autrui. La conquête de l’intimité prépare directement au véritable don de soi, à la générosité adulte.
Étape 7 : Générativité ou stagnation
-Étape du cycle de la vie humaine où il est temps de donner vie à un être.
La personnalité continue de croître à la présente étape en se donnant à condition que ce don ne soit pas une recherche égocentrique, ni une perte de soi dans la dispersion des activités.
Étape 8 : Intégrité ou désespoir
S’accepter tel qu’il est
L’homme sait que sa vie a un sens
Il réalise un cycle de vie unique
L’intégrité finale suppose donc un développement suffisant de toutes les qualités du moi, aux étapes antérieures. La maturité se prolonge dans le détachement. La sagesse du vieillard marque le point d’aboutissement de l’homme mûr.
* à suivre *

Le discours lubrique et la danse érotique des guédé manifestent l’intime liaison entre la mort et l’érotisme. Par leur exaltation érotique, les vivants réunis en groupe transmettent leur énergie vitale aux esprits morts. L’échange symbolique s’articule à ce don énergétique et les esprits transforment cette énergie en énergie divine qu’ils rendent en fertilisant la vie. Comme dans le sacrifice, les échanges cérémoniels destinés aux guédé, manifestent la vie jusque dans la mort. Les vodouisants se familiarisent collectivement avec la mort en se livrant tout entier à une théatralisation polymorphe de l’expérience érotique. Un sentiment de continuité entre le monde des vivants et des morts leur est donné par la dépense sans limite du corps dans la danse puis dans la transe et le sacrifice. Le vodou demeure à mes yeux une expérience érotique collective. La transgression de l’interdit (transe, sacrifice, boire de l’alcool pimenté, manger du verre, grimper au poteau mitan, tenir un langage lubrique; permet au vodouisant d’éprouver son pouvoir de jouissance : « Être vodouisant, c’est transgresser, c’est être étranger dans sa propre demeure, être revenu d’ailleurs. N’être pas vodouisant, c’est en soi-même refouler systématiquement tout le non-maîtrisable et tout l’angoissant, devenir le gêolier du plus étrange de soi, un policier de la libido. Le vodou permet à ceux qui le pratiquent d’expérimenter à différents niveaux et de façon polymorphe les relations entre le désir et l’effroi, le plaisir intense et l’angoisse. Le vodou possède ses lieux d’initiation permettant de pousser les limites de la transgression de l’interdit toujours un peu plus loin. Les sociétés secrètes en Haïti répondent à cette expérience de la transgression où la levée des interdits, selon la gravité du sacrifice et les performances de la transe, éprouve plus profondément la personne et le groupe.