jeudi 16 octobre 2008

CAPSULE - SCHIZOPHRÉNIE ET HALLUCINATIONS

Explication

Les hallucinations peuvent être psychique, réduites à des voix intérieures, à une transmission de pensées ou d’ordres. Le patient peut évoquer ses troubles dans un récit entremêlé d’images symboliques : « ce sont des ordres qui me traversent et déposent des paroles dans le cerveau… On me parle avec des paroles qui sont des coups de fusil ».
Les hallucinations psychosensorielles, cinesthésiques sont aussi très fréquentes.

Hallucinations cinesthésiques :
Hallucination de la sensibilité générale et interne, syndrome de dépersonnalisation (transformation corporelle, électrisation) possession diabolique ou zoopathique du corps. Partielle, sensibilité viscérale, sensation d’orgasme, de viol direct ou à distance.

Hallucinations tactiles :
Sensibilité cutanée; brûlure, sensation de mouvement, de froid, d’humidité.

Hallucinations olfactives ou gustatives :
Mauvaises odeurs ou étrangeté, ces odeurs ou saveurs peuvent provenir de l’intérieur ou de l’extérieur du corps malade. Seulement associées aux hallucinations cinesthésiques et particulièrement aux hallucinations génitales.

Hallucinations motrices ou kinesthésiques :
Sensibilité musculaire, l’impression qu’une partie ou tout son corps exerce des mouvements saugrenus.

Processus des hallucinations :
- Stress d’où anxiété
- Rêverie pour être soulagé de son anxiété, il évite la réalité; personnes, activités…
- Perte graduelle du contrôle de sa conscience, agit de façon inappropriée : se parle en présence d’autres personnes
- Honte de son comportement, anxiété augmentée, recommence le même processus; rêverie…
- Retrait de la réalité pour éviter la honte, si intervention de la famille ou autre, l’anxiété augmente à la suite de la honte qu’il éprouve de ses comportements inappropriés
- Panique, terreur, ce phénomène est vécu comme vrai par le patient
- Acceptation des hallucinations comme faisant partie de sa vie. Elles deviennent des mécanismes pour soulager son anxiété.

Voilà qu’à la source des hallucinations auditives et visuelles chez les schizophrènes, des chercheurs identifient les circuits hallucinogènes.

Une étude récente a permis d’identifier les circuits cérébraux qui semblent responsables des hallucinations auditives et visuelles chez les schizophrènes, découverte qui pourrait permettre aux scientifiques de mettre au point de meilleurs traitements contre cette affliction.

Les chercheurs ont étudié le comportement de six schizophrènes : cinq d’entre eux entendaient des voix tandis que le sixième souffraient d’hallucinations visuelles autant qu’auditives. Ces patients ont été branchés à un scanographe cérébral avec instruction d’activer un bouton lorsqu’ils entendaient des voix.

Utilisant de nouvelles techniques de scanographie cérébrale et d’analyse des résultats obtenus, les chercheurs ont découvert que, durant les hallucinations, certaines zones profondes du cerveau ainsi que d’autres situées en surface, étaient activées.

Or, les régions profondes du cerveau servent généralement de zones de rencontre pour les pensées, les émotions et les perceptions, ce qui permet aux expériences actuelles et passées d’une personne d’être comparées et associées à ses réactions émotives. Les zones de surface, sur les côtés et l’arrière du cerveau digèrent normalement l’information propre à l’ouïe et à la vision.

Lorsque le réseau des zones profondes et de surface sont simultanément activées, « le cerveau crée sa propre réalité et y croit », explique le Docteur David Silbersweig, neurologue et psychiatre de l’hôpital Cornell de New York.

Or, les chercheurs croient que les zones particulières activées en surface du cerveau déterminent ce que les patients entendent ou voient dans leurs hallucinations.

Lorsque des personnes bien portantes entendent des voix réelles, on discerne une activité semblable à la surface de leur cerveau, moins un nombre inférieur des zones profondes sont activées, ajoute le docteur Silbersweig.

Circuits hallucinogènes

Ces travaux permettent de réduire le nombre de zones à investiguer dans le cerveau pour identifier les circuits hallucinogènes, si bien que les scientifiques pourraient éventuellement mettre au point des méthodes susceptibles de supprimer les hallucinations.

Le docteur Emily Stern, collègue du docteur Silbersweig, et plusieurs autres chercheurs britanniques ont fait part de leurs découvertes dans la dernière livraison du journal scientifique Nature. Ils ont d’ailleurs réalisé leur étude en Grande-Bretagne.

Le docteur Michael Flaum, directeur-adjoint de Centre de recherche en santé mentale de l’Université de L’Iowa, estime que cette « étude est empreinte de crédibilité » en ce qu’elle propose une hypothèse valable du processus cérébral des hallucinations chez les schizophrènes.

Les hallucinations auditives sont les plus fréquentes chez les schizophrènes. Les messages blasphématoires ou menaçants sont particulièrement fréquents.

Cinq des six patients étudiés entendaient des voix presque constamment, même s’ils étaient sous médication. « Dès qu’ils étaient détendus et calmes, les voix apparaissaient », explique le docteur Silbersweig.

Le patient qui souffrait également d’hallucinations visuelles avait 23 ans et n’était pas sous médication. Il voyait surtout des têtes sans corps roulant par terre et lui lançant des ordres divers.

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