Affichage des articles dont le libellé est Vèvè. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vèvè. Afficher tous les articles

dimanche 2 novembre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte 8e








La médecine créole en Haïti pense autrement le développement des soins de santé, la maladie du bon Dieu indique le chemin du Docteur de la médecine moderne. La maladie naturelle, qu'on pourrait qualifier de mécaniste, peut conduire sur le chemin du Docteur feuille ou médecine créole. Les soins dispensés dans ses espaces sont préventifs et curatifs et peuvent être renforcés par des rituels simples. La maladie est un événement familial et c'est au sein de la communauté que se prennent toutes les décisions concernant les stratégies de guérison. Si c'est une maladie loa ou une maladie diable qui est suggérée par le groupe, ces gens se dirigeront vers le houngan ou la mambo. Le Houngan ou la mambo dispensent leurs soins dans le pérystile de la région. Les rituels de guérison souvent très complexes sont effectués selon la gravité des maladies. Ils assurent aussi les échanges symboliques entre les vodouisants et les esprits.

Y-a-t-il une comparaison entre le Shaman et le Houngan, pour le comprendre, allons voir ce qui se passe chez le Shaman.

Le grand sorcier primitif

Depuis le début du siècle, l’éthnologie a coutume d’appeler chaman ou shaman, medecine-man, (grand) sorcier, voire magicien, les individus doués de pouvoirs magico-religieux, basés sur l’extase, qui leur confèrent un rôle essentiel dans les sociétés dites primitives.

Il existe un chamanisme sibérien, indonésien, océanien, nord et sud américain. Malgré cette diversité géographique, les traits de ces chamanismes sont si constants qu’on a pu les intégrer dans l’étude de certaines religions de peuples évolués et que l’on a parlé d’un chamanisme chinois, indien, iranien, germanique pour désigner l’ensemble des éléments primitifs et magiques subsistant dans les religions ou folklores de ces peuples.

Pour mieux cerner le problème, nous dirons qu’au sens strict, le chamanisme est avant tout un phénomène du centre de l’Asie (le mot provient du toungouse shaman), et qu’il peut se définir comme une « technique de l’extase », dotée de pouvoirs miraculeux que nous préciserons.

Cette technique de l’extase, soulignons-le, implique « transe »mais nullement « possession ordinaire » : si le chaman, dans son extase communique avec les Esprits de la Nature ou avec les morts, c’est pour leur imposer ses vues, pour les utiliser, et non pour devenir, par une « possession » quelconque, leur docile instrument.

Ceci n’est évidemment pas à la portée de n’importe qui. Le chaman est un élu, appelé par vocation. Car il n’est pas seulement un magicien. Il est également mystique, prêtre, poète, responsable des âmes et de la vie religieuse de la communauté (dans la mesure où l’âme est impliquée). La vocation se manifeste de différentes manières : par hérédité de la ligne féminine chez les Vogouls; par hérédité masculine et reconnaissance des Esprits, chez les Ostyaks et les Samoyèdes sibériens; par révélation en rêve d’un chaman défunt chez les Toungouses transbaïkaliens; par un don inné du ciel chez les Ostyaks orientaux et les Vasiuganes, etc. Comme nos médiums, le chaman est souvent affecté d’états morbides qu’Ohlmarks qualifiait d’ « hystérie arctique ». Cependant le chaman, répétons-le, est toujours maître de sa transe, il ne faut donc pas le confondre avec l’épileptique; il est, comme l’a écrit Éliade, grand spécialiste du chamanisme, « un malade qui a réussi à guérir, qui s’est guéri lui-même » et qui prétend guérir les autres.

Les pouvoirs du Shaman

L’expérience du chaman est riche en extases, maladies et rêves, soit « venus du ciel », soit provoqués. Élu, ayant subi sa « maladie-initiation » (souffrance, mort et résurrection symboliques), le chaman devient le grand maître de la transe extatique. Cette extase lui permet notamment : 1) de discerner les âmes des mortels, de les suivre lorsqu’elles quittent leur corps (sommeil ou mort) et de les ramener éventuellement dans ce corps; 2) de descendre aux Enfers pour racheter les âmes d’accidentés ou de malades et les ravir aux démons voraces; 3) de monter au ciel et de conserver avec les dieux. Bref, elle le libère des servitudes de l’espace et du temps. Elle lui accorde d’étonnants pouvoirs : lévitation, vol dans les airs, invisibilité, maîtrise du feu, dépècements initiatiques, etc. Guérisseur et « conducteur d’âmes », le chaman dompte les éléments, comprend le langage secret des dieux et des démons, prend à volonté des formes animales, se rend invisible à son gré, maîtrise la chaleur et, en produisant pour lui-même une « sudation magique », dompte le froid et brave les blessures. Comme guérisseur, sa spécialité s’exerce en ce monde et dans l’autre.

Une première étape de la guérison chamanique consiste en un « rappel de l’âme ». Chez les Bouriates de la région d’Alarsk, par exemple, entouré de plusieurs objets, parmi lesquels une flèche : de sa pointe, un fil de soie rouge mène jusqu’à un bouleau dressé à l’extérieur de la yourte, dans la cour. C’est par ce fil que l’âme du malade est censée réintégrer son corps; pour cette raison, la porte de la yourte reste toujours ouverte.

Si l’âme du malade refuse de revenir, le chaman procède à sa recherche et finit par descendre au Royaume des Morts pour l’en ramener.

samedi 1 novembre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte 7e

LEGBA

C’est la « voix » qui pourrait être dite « de la masculinité ». Elle structure cette position libidinale qui est culturellement identifiée, et donc contrôlée, par des attributs de la masculinité, de la puissance dominatrice, du pouvoir et de l’autorité. Legba garde les barrières et autorise les « passages ». Il est donc le maître du signifiant. À la croisée des chemins, il banalise l’errance, sédentarise le pulsionnel et mesure l’innombrable. Il est donc le nom. Il nomme et nombre. Il est donc logiquement l’époux d’Erzulie : ce qui rend pour elle, la jouissance possible.

Le vèvè qui n’invoque pas un esprit particulier tend à ouvrir un espace où des énergies sont (ré) utilisées à des fins politiques, économiques, sociales, médicales ou idéologiques ce qui est alors en cause n’est pas la signification. L’herméneutique fait partie d’ici de l’écriture. Le vèvè ne représente pas. Il accomplit, met en jeu, contrôle, réalise.

ASSON

L’Asson est l’emblême de la jouissance du pouvoir et du savoir dans le vodou. C’est l’objet symbolique que reçoit celui qui a pu atteindre la plus haute initiation vodouique. Il est en quelque sorte ce à quoi tout vodouisant aspire, et que n’atteint que le petit nombre des houngan et mambo qui ont pouvoir sur le visible et les insivisibles.
La fonction sociale de l’Asson est ainsi de connoter la jouissance d’un pouvoir. Dans sa référence phallique il n’est pas sans indiquer le rapport que cette jouissance entretient avec une maîtrise de ce qui a lieu dans la crise de possession, en tant que celle-ci peut être perçue ou théorisée comme le déplacement et la mise en scène de la jouissance.

Le vèvè ne représente pas le voyage de l’initié au-delà des frontières dont l’écriture marque le corps de l’individu. Il est l’acte même du voyage. Il le réalise, suivant à la trace ces jointures et disconnexions du pulsionnel au signifiant que le corps érogène matérialise et dont il fait et prend acte dans la crise (jouissance) de possession.

Le Boulé-ZIN

Ce rituel n’est pas sans évoquer la mise en circuit, donc le contrôle par la confrérie de multiplicités libidinales, ramenées au nombrable d’une pratique où l’individu comme le groupe ont un sursis. Le rituel dit la possibilité de vivre – le vèvè de boulé-Zin est la mise en œuvre de cet enjeu. Mettre un centre, ouvrir des espaces et assigner des bords à l’innombrables où s’écoule la mort. Ce tracé de l’espoir combine les vèvè de plusieurs voix (dont Erzulie, Jacques le Majeur, Ogou les feux, Ogou Badagris, Ogou Ferraille, etc.)

Loa OSSANGUE

Père de Legba. À première vue, c’est une combinaison de Ogou et de Damballah. Ce vèvè trace l’origine ancestrale. La source. Il s’agit là de poser Damballah à l’origine.

Au centre de la « pratique libidinale » qu’est le vodou, le vèvè marque la jouissance d’Erzulie : l’État où elle se réalise au-delà du signe. Ce qui est ainsi ouvert avec ce vèvè; c’est un espace pour les voix dans la distorsion de l’écriture.

Aussi, dans ce vèvè disparaît Legba, le phallus, le pouvoir de l’écriture, et pourtant l’époux d’Erzulie, qui s’accomplit dans Damballah.

Legba qui est le dieu des ouvertures va commander pour la maladie et la guérison toutes les affections buccales comme des autres ouvertures du corps.

Damballah guérit tout ce qui a rapport à la tête au moyen de ses herbes sacrées qui combattent les céphalées.

Les Guédés sont les esprits de la mort. Ils occupent par rapport aux autres loas une position particulière. Ceux qui les craignent, s’esquivent à leur approche. Ainsi, les guédés apparaissent surtout en fin de cérémonie. Ils déchaînent alors une angoisse tempérée de joie. Car leurs grivoiseries, leur langage cynique et grossier, leurs chansons obscènes introduisent une note d’imprévu désopilante, ou tragique selon l’angle sous lequel on la regarde. Leurs voix pareilles à un disque éraillé met de bonne humeur l’assistance, bien qu’elles soient un écho de l’outre tombe. Ils dansent la banda à l’allure érotique. Leur accoutrement correspondant aux deux faces de leur personnalité, costumes noirs de cérémonie, fracs et jaquettes, robes de deuil et voilent forment la base digne de leur habillement vite dénaturé par des lunettes noires souvent rafistolées, des mouchoirs de couleur, des chapeaux tressés, des rapiéçages, portent une sorte de linceul entortillé autour du cou, un drap, pour bien marquer leur qualité de cadavre.

POTEAU-MITAN
Support central, est l’échelle par laquelle descendront les esprits dans un coin! L’assoto un superbe tambour, plus grand qu’un homme. Objet sacré, il est habillé, car un loa l’habite.
La Conque Marine qui est un lambi, qui sert en certains lieux, notamment aux tuamotu dans le pacifique à rappeler les pêcheurs sur la mer. Ainsi qu’une calebasse emplie de graines et pourvue d’un manche, le Tchatcha.

jeudi 30 octobre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte 6e

Damballah et Aida Wedo

Il s’agit de Damballah Wedo, il est nécessaire de placer un œuf sur de la farine. Cette nourriture environnée d’un vèvè aux serpents dessinés sont avec le même aliment, soit avec de la cendre, de l’écorce ou du marc de café, oblige le possédé à venir de quel lieu que ce soit, rempant sur le sol ou suspendu aux branches d’un arbre de voisinage.

Figure une « voix » au-dessus de tous les autres loas, ou esprits (dits encore ‘mystère’) du vodou haïtien. Les corps des fidèles montés par Damballah épousent tous les comportements, y compris les sifflement de la couleuvre.

Aida Wedo, n’est pas « l’épouse » de Damballah, c’est plutôt sa dimension féminine. Ce vèvè réalise donc « l’articulation » vodouique du pulsionnel au signifiant. Ce dont il s’agit ici peut être saisi comme un en-deça et aussi en même temps, un au-delà de la différence sexuelle, en tant que réalité culturelle, symbolique. Damballah est à la fois Aida, qui, elle, peut devenir Damballah.

ERZULIE FREDA DAHOMEY

Nous avons là, l’un des vèvè par le tracé duquel la présence. D’Erzulie est provoquée dans une cérémonie vodouesque. Mais il s’agit alors principalement du lieu entre la position libidinale culturellement définie et contrôlée en tant que féminité, et le corps. Mais il s’agit ici du corps érogène, multiplicité innombrable et non le corps organique déjà marqué culturellement du trait masculin ou féminin. Erzulie, dite « voix » de l’amour, est donc la figure même du pulsionnel erroné célibataire, sans bords ni centre, dépense illimitée, mort au travail dans le sursis du sens.

ERZULIE DANTOR

La figure de l’amour se colore ici de la passion mortelle qui est son essence en quelque sorte. Le cœur traversé par le poignard d’Ogou met en branle la passion tragique et jalouse de cette adoratrice de la violence du feu.
MARASSA-DOSSOU-DOSSA Les Jumeaux

Sont fignolés les attributs caractéristiques des jumeaux : des plats environnés de volutes et de motifs entrelacés, tous symboliques. Ils sont disposés symétriquement autour du poteau-mitan.

La répétition du même c’est le surgissement de l’étrangeté dans le familier. Sous la répétition de l’un déjà perce l’illimité de l’innombrable. Pour la pratique libidinale qu’est le vodou, il faut introduire une vie possible, un sursis dans cet écoulement de la démesure. Le culte des marassa ramenant au double la répétition du même, tente cette limitation de la puissance infinie. L’enjeu est à la taille de la tyrannie que peuvent exercer les jumeaux, morts ou vivants, sur le groupe parental.

mardi 28 octobre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte 4e

Vèvè Vodou

Ce vèvè est, parmi d’autres, l’acte même de l’ « opération vodouique ». Il articule le passage, au-delà des limites culturelles, de l’errance libidinale, que l’écriture de l’histoire et le projet politique contraignent dans l’ordre établi.

Le vèvè est la représentation matérielle de l’esprit qui par ailleurs n’a pas besoin d’effigie puisqu’il emprunte le corps d’un mortel. Le dessin joue aussi le rôle d’une connexion entre les diverses dimensions. Il exerce un appel, sans recours à la divinité. C’est sur lui que se placent des éléments correspondant aux objets tracés.


La terre d’Haïti n’est pas seulement un espace culturel, c’est aussi la niche écologique des dieux qui animent les arbres et les plantes : Danbala, le dieu serpent du vodou se loge dans le cotonnier, Agoué dans le célebassier et Agaou dans le manguier. Les arbres et les plantes sont à la fois habitacles et médias de l’énergie divine des dieux vodou.

OGOU

C’est le souffle même de la violence guerrière. Il met en branle la démesure des multiplicités tribales, sous tous les symboles de fer ou de feu où la confrérie capte et nombre cette figure de mort qui signe l’illimité des dépenses pulsionnelles. Sous tous les éclats flamboyants irritants, angoissants de la violence, de l’agressivité, la figure d’Ogou « dit » cette mort qui travaille l’écriture et qui est la vie même de la pulsion.

Linglin- SouBassin – Sang

Un exemple de mobilisation des forces mortifères, qui traversent le groupe.

AIZAN
La feuille de palmiste est insigne royale. Elle marquerait le rapport de la Royauté à la divinité donc : la toute puissance. L’AIZAN est donc très utilisé dans les rituels sacrificiels ou incantatoires à cause de ce rapport à la puissance absolue. Le loa AIZAN donne l’accès à cette puissance. Il actualise le passage de l’homme du végétal à la divinité.
KAFOU
C’est la puissance même d’effectuer les passages. Le lien de ce loa à legba dont il dépendrait, n’est pas toujours très explicite. Mais il est la figure même, avec et après legba, d’un problème particulier au vodou haïtien : l’articulation des lieux, le passage. Il faut remarquer la similitude des vèvè entre Simbi et Kafou.

lundi 27 octobre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte 3e

Résumons le fait Vodou,

1) Vodou = ‘introspection dans l’inconnu’ religion secrète importée par les esclaves de Guinée et du Dahomey en Haïti et au Brésil. Les mystères (les ‘monté’) comportent deux rites principaux :
Le rada ou ‘rite royal du soleil’ (en couleuvre) et le petro qui donne les vertus magiques. Les crises frénétiques s’appellent loa : on danse de nuit au son des tambours, avec sacrifices de volailles. Pour atteindre le paradis d’Ifé’ ou ‘la ville aux camps’, l’initié doit ‘traverser la mer’, avec sacrifices d’animaux blancs (mouton, pigeon, poules). Il existe aussi des rites funèbres : maître des cimetières, le baron samedi peut ressuciter des zombis.

2) Le temps, l’espace et la mort représentés par

- Papa Legba
- Guédé Nibo
- Damballah
- Ogou
- Erzulie
- Marassa

3) La représentation du surnaturel dans le Vodou :
- Le « Nam….m »
- Le « Dan »
- Le Kanzo
- Le grand mèt ou « Bon Dié »

Le Houmfort

Renferme les « cayes-mystères » là, en ces chambres attenantes au bâtiment principal sont logés les autels des loas qui protègent le sanctuaire, se trouvent vestiaires, accessoires des dieux, et toute une prolifération de ces objets sacrés à l’intérieur même du péristyle. À l’intérieur, un mélange de formes éclairées par des coquilles emplies d’huile sur lesquelles danse une mèche allumée. Calebasses en rang d’oignon emplies de graines variées, fioles et drapeaux brodés, « pots-de-tête » contenant d’une certaine façon l’âme des hounsis enfermée après l’initiation, sabre le fer d’Ogoun, colliers, fleurs artificielles, images pieuses de Saint-Sulpice…..tout cela voisine avec des bouteilles de liqueurs ou vins divers agréables aux divinités et une crois noire sur laquelle est juché un drapeau haut-de-forme et une redingote. Il s’agit là d’un des plus importants membres de la famille des guédés. BARON, Samedi, personnalité de l’empire des morts, mélange de Mercure et de Pluton. Sur des récipients appropriés s’allongent des pierres noires ou gris foncé, douces et lisses au toucher, ces « pierres-tonnerre » ou « pierre-de-lune » trouvées dans le sol, peuvent servir à des fins médicinales.

La danse est si étroitement associée au culte du vodou, la religion populaire haïtienne, qu’un ethnologue comme Alfred Métraux a pu classer celle-ci parmi les « religions dansées ». Les hounsis (mot d’origine Fon qui signifie « Épouse du Dieux ») sont des initiées qui participent de façon active et continue aux cérémonies du vodou (ci-dessus).

Elles forment autour des prêtres ou des prêtresses (houngan ou mambo) une confrérie vouée au culte des loas ou esprits. Chaque loa a ses batteries de tambour et ses danses propres, d’origine africaine, comme le boumba, la gabienne, la calenda, le nago-grand coupo, etc. Un geste familier des femmes pendant la danse est de saisir bas de leur robe avec les deux mains et de l’élever et le baisser légèrement en mesure. Tracé sur le sol à la main avec de la farine, de la cendre, du marc de café ou de la brique pilée, le vèvè est un dessin symbolique qui représente les attributs d’un loa. Trois de ces vèvès, sculptés dans le métal, figurent ci-dessous. Le cœur sans poignard (à gauche) est l’attribut magique de la déesse Erzulie Dantor, reine de la beauté et de l’amour, protectrice des foyers et des eaux douces. La déesse Ayizan-la-Brande (au centre) doit être invoquée au début de toute cérémonie du vodou. Comme son mari, Atibon-legba, le maître haïtien des carrefours et des croisées des chemins, Ayizan veille sur les portes, les maisons, les places publiques et les marchés. Le dernier vèvè (à droite) est celui des marassa ou jumeaux, auxquels une place privilégiée est réservée dans le vodou, à côté des « mystères » les plus importants. Il existe un lien entre les marassa et la pluie. Comme les autres loas, ils appartiennent à diverses « nations » africaines : Nago Ibo, Congo, Dahomey, etc.

* à suivre *

dimanche 26 octobre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte 2e


Qu’est-ce donc le vodou? C’est une religion s’imbriquant à la vie quotidienne, l’imprégnant de ses grands thèmes et s’en imprégnant tour à tour. Une religion populaire, animiste, venue d’Afrique avec les premiers esclaves déportés et gardés farouchement par eux avec courage et obstination. Il en fallait pour résister à la classe dominante, à l’épuisement du labeur, au sommeil. Les dieux invoqués sont souvent des dieux lares domestiques, ce qui prouve que des membres de familles royales et des représentants de toutes les classes de la famille royale et des représentants de toutes les classes de la société dahoméenne y compris des prêtres furent déracinés, on y retrouve ainsi en terre haïtienne des loas qui ne sont plus servis en un lieu d’origine.

La prise de possession constitue la caractéristique essentielle de la cérémonie vodou. Répétons qu’au cours des chants et danses qui se déroulent sous le péristyle, l’un des assistants ou plusieurs, selon les génies invités, sera habité par l’esprit. L’être humain, le sexe importe peu, devenu loa (esprit) se transforme physiquement et moralement à l’image de ce dernier. Il est ce dernier, le corps ne servant plus que de monture – on lui témoigne de diverses façons – roulement de tambours, agitation de drapeaux – le respect qui lui est dû.

Dès lors, ravi de pouvoir s’exprimer, le loa selon son caractère danse, rit, prophètise, dévoile le passé ou l’avenir des conviés, encourage ou menace, reste insensible à certains phénomènes extérieurs telle la douleur.

Il existe (avec de nombreuses sous-divisions) trois grandes catégories de loas : les congo, les rada (du royaume d’Arada ou Dohamey) et les Petro, les loas petro, magiciens surnaturels durs et violents, peuvent aussi bien guérir qu’envoûter. On s’adresse à eux dans un cas extrême, une maladie impitoyable.

En tremblant, car ils sont exigeants, sans concession envers celui qui tente, si peu soit-il, à se dérober face aux engagements souscrits. S’ils ne sont pas vraiment méchants, les Petro ont mauvaise réputation. Les loas rada sont, par contre, de nature bienveillante. Ils ont la préséance dans les grandes cérémonies. Si le groupe Petro vient de diverses régions africaines, celui des rada arrive, lui, plus précisément du Dahomey. La guinée est leur olympe, qu’ils quittent lorsque les houngans le commandent. Certains de ces derniers qui ont de grands connaissances peuvent les rejoindre au fond des eaux. Ils rapportent alors des coquillages, témoins de leur visite.


Les loas parlent le langage (Fon) ou le créole. Rares ceux, précieux qui affectent de s’exprimer en français ou alors, tel Dambaballahwedo, le loa serpent qui oblige son choual (cheval) à se lever dans la poussière, siffle ses interrogations en dardant sa langue vers les assistants. Mais les dieux, quelque soit le nom dont on les désigne, loas, génies, démons (selon l’Église Catholique) ou esprits, sont peu différents des humains dont ils épousent les goûts. Si leurs pouvoirs sont très étendus, leurs habitudes ne se distinguent guère de ceux qui les accueillent. Ils en ont les faiblesses et les grandeurs, se moquent les uns des autres, s’évitent ou se fréquentent selon leur importance et leur échelle des valeurs.
* à suivre *

samedi 25 octobre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte

Avant d'expliquer les Vèvè, parlons un peu du Vodou pour mieux comprendre le processus des Vèvè.
1- Qu’est-ce que le vodou ?

Etymologiquement d’abord, le mot vient d’Afrique, de la langue dahoméenne, le fon dans laquelle vodoun signifie esprit. Il existe toujours au Dahomey une religion de même structure, avec des termes similaires et des manifestations semblables. Il est probable que dans la nuit de la déportation et de l’esclavage cet ex-royaume conquérant ait fourni cadres et prêtres au culte haïtien quelque peu modifié. Il prit bientôt forme de résistance aux colons. Réunions nocturnes « maronnages », en réaction même contre la christianisation forcée, mèneront droit à la crise révolutionnaire dont le vodou sera le sel.

Mais la pression de l’entourage ne s’en exercera pas moins sur l’esclavage. L’animisme africain, avec son dieu suprême Mawo et les puissances intermédiaires entre lui et les humains, s’enrichit du Dieu catholique, par juxtaposition, puis par interprétation. Le vodou actuel est basé sur un rituel aux phrases chrétiennes dont les significations sont souvent oubliées. Le vodou est un culte qui puise sa vigueur aux sources du temps. Certains le font dériver même de la religion hébraïque, d’autres d’Asie Mineure et de Crête- c’est une religion dansée. Au rythme des trois tambours rituels, invités par le prêtre (houngan) ou la prêtresses (mambo), apparaissent les loas (esprits). Ils viennent, en s’incarnant dans le corps des initiés ; ils les chevauchent.

La liturgie vodou ne comporte pas de rituel rigide, de dogme auxquels devraient se référer les houngans. Pas non plus la hiérarchie épiscopale ni de concile. Chaque prêtre est maître en son domaine tout en respectant la tradition. Mais la richesse du vodou est telle, la multiplication de ses fonctions religieuses et sociales si grande que certains chefs de confrérie peuvent y apporter des éléments spectaculaires de mise en scène.

2- La science théologique de houngans n’est consignée en aucun livre sacré. Elle se transmet d’âge en âge par tradition orale. La langue sacrée est le Fon en Haïti, le yomba à Cuba. Les houngans désigneraient l’âme universelle par l’invocation asiatique Nam.

Il faut plusieurs années d’études et une santé robuste pour être prêtre. Des échelons permettent d’y accéder. Une petite cour d’officiants gravite autour du responsable du houmfort (le sanctuaire). D’abord le houngue Nikon, l’aide le plus direct, il remplace son chef si ce dernier est possédé. Il lance les chants et les arrête. Cet aide peut être une femme, la reine-chanterelle. Toute les fonctions religieuses vodou sont ouvertes aux deux sexes. Le la-place, maître des cérémonies, arme d’une machette tournoyant au-dessus de sa tête ouvre les processions, salue les loas- les hounsi, après avoir passé les sévères rites d’initiation, assistent le houngan et la mambo. Les tambourinaires, très rarement « montés », accompagnent de leurs rythmes et variations le déroulement des séances.

Tout ce monde forme une sorte de grande famille qui aide et peut être aidée si besoin en est par le prêtre, lui-même en communication directe avec les génies.

* à suivre *