samedi 1 novembre 2008

Les Vèvè dans le Panthéon Vodouique au Compte-goutte 7e

LEGBA

C’est la « voix » qui pourrait être dite « de la masculinité ». Elle structure cette position libidinale qui est culturellement identifiée, et donc contrôlée, par des attributs de la masculinité, de la puissance dominatrice, du pouvoir et de l’autorité. Legba garde les barrières et autorise les « passages ». Il est donc le maître du signifiant. À la croisée des chemins, il banalise l’errance, sédentarise le pulsionnel et mesure l’innombrable. Il est donc le nom. Il nomme et nombre. Il est donc logiquement l’époux d’Erzulie : ce qui rend pour elle, la jouissance possible.

Le vèvè qui n’invoque pas un esprit particulier tend à ouvrir un espace où des énergies sont (ré) utilisées à des fins politiques, économiques, sociales, médicales ou idéologiques ce qui est alors en cause n’est pas la signification. L’herméneutique fait partie d’ici de l’écriture. Le vèvè ne représente pas. Il accomplit, met en jeu, contrôle, réalise.

ASSON

L’Asson est l’emblême de la jouissance du pouvoir et du savoir dans le vodou. C’est l’objet symbolique que reçoit celui qui a pu atteindre la plus haute initiation vodouique. Il est en quelque sorte ce à quoi tout vodouisant aspire, et que n’atteint que le petit nombre des houngan et mambo qui ont pouvoir sur le visible et les insivisibles.
La fonction sociale de l’Asson est ainsi de connoter la jouissance d’un pouvoir. Dans sa référence phallique il n’est pas sans indiquer le rapport que cette jouissance entretient avec une maîtrise de ce qui a lieu dans la crise de possession, en tant que celle-ci peut être perçue ou théorisée comme le déplacement et la mise en scène de la jouissance.

Le vèvè ne représente pas le voyage de l’initié au-delà des frontières dont l’écriture marque le corps de l’individu. Il est l’acte même du voyage. Il le réalise, suivant à la trace ces jointures et disconnexions du pulsionnel au signifiant que le corps érogène matérialise et dont il fait et prend acte dans la crise (jouissance) de possession.

Le Boulé-ZIN

Ce rituel n’est pas sans évoquer la mise en circuit, donc le contrôle par la confrérie de multiplicités libidinales, ramenées au nombrable d’une pratique où l’individu comme le groupe ont un sursis. Le rituel dit la possibilité de vivre – le vèvè de boulé-Zin est la mise en œuvre de cet enjeu. Mettre un centre, ouvrir des espaces et assigner des bords à l’innombrables où s’écoule la mort. Ce tracé de l’espoir combine les vèvè de plusieurs voix (dont Erzulie, Jacques le Majeur, Ogou les feux, Ogou Badagris, Ogou Ferraille, etc.)

Loa OSSANGUE

Père de Legba. À première vue, c’est une combinaison de Ogou et de Damballah. Ce vèvè trace l’origine ancestrale. La source. Il s’agit là de poser Damballah à l’origine.

Au centre de la « pratique libidinale » qu’est le vodou, le vèvè marque la jouissance d’Erzulie : l’État où elle se réalise au-delà du signe. Ce qui est ainsi ouvert avec ce vèvè; c’est un espace pour les voix dans la distorsion de l’écriture.

Aussi, dans ce vèvè disparaît Legba, le phallus, le pouvoir de l’écriture, et pourtant l’époux d’Erzulie, qui s’accomplit dans Damballah.

Legba qui est le dieu des ouvertures va commander pour la maladie et la guérison toutes les affections buccales comme des autres ouvertures du corps.

Damballah guérit tout ce qui a rapport à la tête au moyen de ses herbes sacrées qui combattent les céphalées.

Les Guédés sont les esprits de la mort. Ils occupent par rapport aux autres loas une position particulière. Ceux qui les craignent, s’esquivent à leur approche. Ainsi, les guédés apparaissent surtout en fin de cérémonie. Ils déchaînent alors une angoisse tempérée de joie. Car leurs grivoiseries, leur langage cynique et grossier, leurs chansons obscènes introduisent une note d’imprévu désopilante, ou tragique selon l’angle sous lequel on la regarde. Leurs voix pareilles à un disque éraillé met de bonne humeur l’assistance, bien qu’elles soient un écho de l’outre tombe. Ils dansent la banda à l’allure érotique. Leur accoutrement correspondant aux deux faces de leur personnalité, costumes noirs de cérémonie, fracs et jaquettes, robes de deuil et voilent forment la base digne de leur habillement vite dénaturé par des lunettes noires souvent rafistolées, des mouchoirs de couleur, des chapeaux tressés, des rapiéçages, portent une sorte de linceul entortillé autour du cou, un drap, pour bien marquer leur qualité de cadavre.

POTEAU-MITAN
Support central, est l’échelle par laquelle descendront les esprits dans un coin! L’assoto un superbe tambour, plus grand qu’un homme. Objet sacré, il est habillé, car un loa l’habite.
La Conque Marine qui est un lambi, qui sert en certains lieux, notamment aux tuamotu dans le pacifique à rappeler les pêcheurs sur la mer. Ainsi qu’une calebasse emplie de graines et pourvue d’un manche, le Tchatcha.

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