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vendredi 5 décembre 2008

Au Compte-goutte - La Sexualité 5e

Masochisme (sexuel) (du nom de Sacher Masoch, écrivain autrichien) trouble psychosexuel caractérisé par le fait que l'excitation et la gratification sexuelles sont obtenues en se faisant infliger des souffrances physiques ou psychologiques.

Sadisme (sexuel) (du nom du marquis de Sade, écrivain français). Trouble psychosexuel caractérisé par le fait que l'excitation et la gratification sexuelles sont obtenues en infligeant à l'autre une douleur physique ou psychologique.


Exhibitionnisme. Trouble psychosexuel caractérisé par le fait que l'excitation et la gratification sexuelles sont obtenues par l'effet de surprise provoqué chez une personne par l'exposition de ses organes génitaux.

Voyeurisme. Trouble psychosexuel caractérisé par le fait que l'excitation et la gratification sexuelles sont le plus souvent obtenues à partir de l'observation de personnes étrangères se déshabillant ou se livrant à une activité sexuelle.

Pédophilie (du grec Paido = enfant, jeune garçon, et-philos). Trouble psychosexuel caractérisé par la préférence marquée pour une activité sexuelle avec des enfants.

* à suivre *

jeudi 4 décembre 2008

Au Compte-goutte - La Sexualité 4e

Déviance.

Il existe de nombreuses variations dans l'expression de la sexualité qui enrichissent la vie sexuelle des partenaires. En ce sens, un comportement, même déviant, ne peut être considéré commune pathologique s'il s'exprime entre individus consentants.

Le DSM III ne parle donc de troubles psychosexuels qu'en cas de troubles de l'identité sexuelle, de déviations sexuelles portant sur des objets inhabituels, des troubles de la fonction sexuelle

Les troubles de l'identité de genre comprennent principalement le transexualisme, qui correspond au désir "d'être" de l'autre sexe - trouble psychosexuel caractérisé par le fait que la personne, homme ou femme, se sent profondément comme faisant partie du sexe opposé, au point parfois de prendre en horreur tout ce qui a trait à son propre sexe.

Paraphilie (du grec para = à côté, et-philos = ami). Déviation sexuelle amenant l'individu à rechercher l'excitation et la gratification sexuelles à travers certains objets ou certaines activités - inhabituelles.

Travestisme trouble psychosexuel caratérisé par le besoin qu'éprouve un individu d'adopter, pour être excité sexuellement, les vêtements, l'allure et la voix du sexe opposé.

Fétichisme (du latin factitius = artificiel). Trouble psychosexuel caractérisé par le fait que l'excitation et la gratification sexuelles sont principalement obtenues par la vue d'un objet tel qu'un soulier, un sous-vêtement ou un article de toilette.

Zoophiliie (du latin zoo = animal, et philos). Trouble psychosexuel caractérisé par le fait que l'excitation et la gratification sexuelles sont obtenues à partir d'une relation avec un animal. Cette activité sexuelle bien plus discrète (la victime ne se plaint jamais). La zoophilie, encore appelée bestialité. L'animal-aimant, sans être nécessairement "consentant", n'a d'autres choix que de subir les volontés sexuelles de son propriétaire. Certains animaux (poodle aux tendances mastrubatoires entre autres), ont, il faut le reconnaître, quelques dispositions naturelles à ces ébats amoureux du troisième type. Pour en décourager les amateurs signalons que la bestialité (rapport sexuel avec un animal) est condamné par le code criminel canadien (article 155: "Est coupable d'un acte criminel quiconque commet la bestialité").

* à suivre*

mardi 2 décembre 2008

Au Compte-goutte - La Sexualité 3e

Des recherches ont été entreprises à l'aide de l'alpha-androstenol, une phéromone extraite de la sueur masculine. Durden-Smith (1980) montra que la vaporisation dans l'air de cette substance amenait les sujets à juger des photos d'hommes et de femmes plus attrayantes, ou, encore à traîner plus longtemps dans les cabines téléphoniques où cette vaporisation avait eu lieu. De plus, dans les salles d'attentes ou au théâtre, les femmes avaient plus souvent tendance à s'asseoir sur les sièges qui en étaient imprégnés.

Dans la société occidentale, une certaine conception de l'hygiène corporelle a entraîné des pratiques allant des bains et des douches systématiques à l'utilisation de désodorisants, amenant ainsi les odeurs naturelles à perdre tout pouvoir. Une revalorisation de la sexualité passe peut-être par une restitution du droit de parole à ces messages corporels.

L'éthologiste Elbi - Elbesfeldt a rapporté qu'en nouvelle Guinée, dans certaines tribus, on manifeste son amitié envers celui qui va partir en lui passant la main sous l'aisselle pour le sentir et ensuite se frictionner le corps avec l'odeur de l'autre. Aux Philippines, les amoureux qui vont être séparés pendant une longue période échangent traditionnellement les vêtements qu'ils ont porté afin de retenir plus longtemps l'odeur de l'être aimé.

Kraff-Ebing (1840-1906), un psychiatre allemand connu pour son célèbre psychopathia sexualis, rapporte la confidence d'un jeune paysant qui attribuait ses nombreuses conquêtes féminines au fait que, durant la danse, il passait "son mouchoir sous ses aisselles pour en essuyer ensuite le visage de sa danseuse".

* à suivre*

lundi 1 décembre 2008

Au Compte-goutte - La Sexualité 2e

On sait cependant que, chez la femme, la fonction affective est principalement développée entre la puberté et la ménopause, alors qu'avant et au-delà de ces limites de la fonction reproductive, elle ne diffère pas de celle de l'homme. Il existerait également chez elle des variations durant le cycle oestral la rendant plus sensible aux odeurs au moment de l'ovulation . Des variations existeraient même pendant la journée, où elle serait plus réceptive le matin que le soir. À quoi peut correspondre cette sensibilité?

Il semble tout d'abord que chacun de nous possède une odeur personnelle qui l'identifie plus ou moins inconsciemment au "nez" des autres. Cette odeur varierait notamment avec la couleur de la peau ou celle des cheveux, mais également selon le sexe; les hommes et les femmes dégagent une odeur différente due à des sécrétions spécifiques.

Trois types de sécrétions joueraient un rôle particulièrement important dans l'attraction exercée entre les êtres humains. Ce sont les sécrétions produites par les organes génitaux féminins, celles présentes dans l'urine chez l'homme et celles contenues dans la sueur.

En ce qui concerne les sécrétions vaginales des chercheurs anglais ont découvert l'existence, chez les femelles de singes rhésus traitées à l'aide d'oestrogènes, de sécrétions odorantes déclenchant une excitation sexuelle spectaculaire chez leurs partenaires mâles. Or, ces substances, baptisées "copulines" par les sécrétions vaginales humaines.

Quant à l'urine des hommes adultes, elle contient en forte concentration une substance musquée dénommée exaltoïde à laquelle les femmes seraient beaucoup plus sensibles que les hommes ou les enfants (le Magnen 1957). La sueur est principalement secrétée sous les aisselles où elle est retenue par les poils axillaires. Lorsqu'elle est fraîche, elle dégage une odeur légère qui, malheureusement, est assez vite corrompue par la fermentation occasionnée par le port des vêtements.

* à suivre *

dimanche 30 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Sexualité 1e

La reproduction sexuée, qui est apparue il y a un milliard d'années a entraîné le développement d'une infinité de combinaisons génétiques, en provoquant une accélération prodigieuse de l'évolution.

Avec la reproduction sexuée est née la motivation sexuelle, permettant le rapprochement du mâle et de la femelle, et la survie de toute espèce ayant adopté cette façon de transmettre ses génies.

Certaines espèces ne vivent d'ailleurs que le temps de se reproduire pour mourir une fois cette tâche accomplie.

Et que dire des odeurs........dans la sexualité. Pour Elliot M.F. il n'y a que la vue ou l'audition qui interviennent dans notre façon d'entrer en contact avec les autres; l'affection semble aussi jouer un rôle dans l'attirance ou la répulsion que les autres exercent sur nous.

Les éthologistes avaient déjà montré que les membres de nombreuses espèces animales utilisent les sécrétions de certaines glandes afin de communiquer aux autres, par le marquage, les lmites de leur territoire ou encore pour attirer le ou la partenaire en vue de l'accouplement. Ces sécrétions furent appelées, pour cette raison, "hormones sociales" ou phéromones. Nos connaissances sont encore limitées sur l'olfaction humaine. Pourtant, des expressions telles que "avoir quelqu'un dans le nez" (ce qui paradoxalement signifie qu'on "ne peut pas le sentir") portent à croire que cet organe joue sûrement un rôle plus important qu'on ne le pense sans que nous en prenions nécessairement conscience.

* à suivre *

samedi 29 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 6e

Conclusion.

Croire que la dépendance est de l'amour, voilà un autre malentendu très courant auquel les psychothérapeutes sont confrontés quotidiennement. L'un de ses effets les plus spectaculaires apparaît chez l'individu qui menace ou tente de se suicider, ou qui fait de la dépression à la suite du rejet ou de la séparation d'un amant ou d'un époux.

Une telle personne dira:

Je ne peux pas vivre sans mon mari (ma femme, mon amie), je l'aime tellement!
Et je réponds:
Vous faites erreur, vous ne l'aimez pas.
Mais, reprend-elle en colère, je viens de vous dire que je ne pouvais pas vivre sans lui (elle, etc.).
Alors j'essaie d'expliquer:
Ce que vous décrivez, c'est du parasitisme, pas de l'amour. Lorsqu'on a besoin d'un autre individu pour survivre, on est un parasite de cet individu. Il n'y a pas de liberté dans votre relation. Il s'agit de besoin plutôt que d'amour. L'amour est un choix délibéré. Deux personnes ne s'aiment vraiment que lorsqu'elles sont capables de vivre l'une sans l'autre mais choisissent de vivre ensemble.

Je définis la dépendance comme l'incapacité de se reconnaître comme un tout et de fonctionner correctement sans avoir la certitude qu'on est pris en charge par quelqu'un. La dépendance chez les adultes physiquement sains relève de la pathologie; elle est malsaine et toujours la manifestation d'une déficience ou d'une maladie mentale.

Il faut la distinguer de ce qu'on appelle communément les besoins ou sentiments de dépendance que nous avons tous, même si nous affirmons à nous-mêmes et aux autres le contraire. Nous avons tous le désir que quelqu'un s'occupe de nous, le désir de recevoir sans effort, d'être choyés par quelqu'un de plus fort que nous-même si nous sommes des adultes responsables, en regardant au fond de nous-mêmes avec lucidité, nous trouverons toujours un désir d'être chouchoutés.

vendredi 28 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 5e

Pour terminer cette partie sur les dynamiques de dépendance, il demeure essentiel de définir la personnalité indépendante. En fait, dans un contexte de relation interpersonnelle, l'indépendance ne saurait exister sans l'autonomie.

Par ailleurs, comment décrire l'indépendance:
  1. la personne indépendante associe l'estime de soi à l'individualité, cette affirmation d'être à la fois semblable et différent, à cent lieux de l'individualisme qui prône le chacun pour soi et l'égocentrisme.
  2. Il s'agit de femmes et d'hommes qui se reconnaissent une valeur constante, cultivent leurs relations d'intimité; apprécient l'engagement et multiplient leurs sources d'expériences valorisantes.
  3. Fidèles en amitié et en amour sans exiger l'exclusivité, centrées sur elles-mêmes mais dénuées d'égoïsme ou d'égocentrisme, recherchent la critique créatrice, ces personnes curieuses se sentent à l'aise à expérimenter et à explorer.
  4. l'intimité; l'engagement, l'affirmation de soi et la liberté leur apparaissent tout à fait compatibles.
Mais parce qu'on n'est jamais tout à fait blanc ou tout à fait noir, il se peut fort bien que des aspects de dynamique d'indépendance côtoient parfois, par exemple en situation de crise, des éléments de dynamique de dépendance. En ce sens, l'indépendance et l'autonomie demeurent des idéaux, mais combien stimulants, motivants, épanouissants quand ils favorisent le développement de l'individualité et de la coopération dans un élément de respect et d'échange réciproques?

* à suivre *

jeudi 27 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 4e

Cette présentation de la dépendance laisse sur sa faim. Quels liens fait-on entre les facteurs prédisposants, les traits caractéristiques et les complications potentielles? Y-a-t-il des facteurs précipitants ou perpétuants? Une telle définition, toute schématique soit elle, répondrait-elle plus à un besoin d'étiqueter qu'à un désir de comprendre ce trouble de la personnalité dans ses dynamiques et ses contextes d'évolution?

Dans la notion séparation - individuation, Margaret Mahler, théoricienne et clinicienne de la psychanalyse, a formulé l'hypothèse d'une phase déterminante pour le développement psychologique. Mahler et son équipe (1980) ont observé le processus de séparation individuation entre des enfants, âgés de quelques mois à trois ans, et leur mère. Distincte de la naissance biologique, se ferait par étapes. Les adultes significatifs, notamment la mère, joueraient un rôle-clé en favorisant ou non chez l'enfant l'acquisition de ses propres caractéristiques individuelles.

* à suivre *

mercredi 26 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 3e

Les manifestations sont:

  1. est incapable de prendre des décisions dans la vie de tous les jours sans être rassuré(e) ou conscillé(e) de manière excessive par autrui;
  2. laisse autrui prendre la plupart des décisions importantes le (la) concernant, par exemple où habiter ou quel emploi prendre;
  3. se montre "d'abord" avec les gens, même quand il (elle) pense qu'il se trompe, par crainte d'être rejeté(e);
  4. a du mal à mettre en route des projets ou à faire des choses seul(e);
  5. se porte volontaire pour faire des choses désagréables ou dévalorisantes pour se faire aimer par les autres;
  6. se sent mal à l'aise ou impuissant quand il (elle) est seul(e) ou fait des efforts considérables pour éviter d'être seul(e);
  7. se sent annihilé(e) ou impuissant(e) quand une relation proche s'interrompt;
  8. est fréquemment préoccupé(e) par la crainte d'être abandonné(e);
  9. est facilement blessé(e) quand il (elle) est critiqué(e) ou désapprouvé(e) par autrui;

Le DSM III-R retient deux facteurs prédisposants (une maladie physique chronique pendant l'enfance ou l'adolescence, l'angoisse de séparation de l'enfance et conserve les complications potentielles de la première version (dépression majeure, trouble dysthémique).

* à suivre *

mardi 25 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affectives 2e

Dépendants Affectifs.

Tout au long de son enfance et de sa jeune adolescence, Elizabeth, adulée par un père présent, dynamique et stimulant, se voyait comme une princesse. À 23 ans, elle recherche en des amours multiples et passionnés, éphémères et décevants, ce sentiment si valorisant d'être la personne la plus importante et la plus merveilleuse aux yeux de ses conjoints. Quand ses amies lui soulignent qu'elle semble rechercher un père idéal plus qu'un conjoint à son égal, elle répond qu'elle ne peut pas se contenter de moins que ce qu'elle a connu.

En 1987, le DSM III Révisé présente une seconde définition qui remplace les trois critères monothétiques de 1980 par neuf critères polythétiques, c'est-à-dire que la présence de cinq parmi ceux-ci suffit pour établir un diagnostic de personnalité dépendante. Voici les critères tels que les les présentent loas et Guelfi.

Mode général de comportement dépendant et soumis, apparaissant au début de l'âge adulte et présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes:

* à suivre *

lundi 24 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Affective 1e

Dépendances affectives.

La dépendance a une empreinte.

Au cours de leur enfance, de leur adolescence ou au début de leur âge adulte, ces personnes ont vécu une expérience marquante au sein d'une relation affective significative, familiale, amoureuse ou autre. N'ayant pas fait le deuil ou la séparation avec ce passé, elles ne réussissent pas à s'en détacher et interprètent le présent dans la crainte ou l'espoir d'une possible répétition de ce malheur ou de ce bonheur.

Face à une expérience nouvelle, ces femmes et ces hommes tendent à réagir en fonction d'un souvenir-fantasme ayant la force d'une empreinte psychique, plutôt qu'au potentiel d'originalité ou d'exploration de soi et de l'autre qu'offre la réalité du présent.

À 21 ans, Gilles, pour la première fois de sa vie, louait un appartement avec son amie Manon, et non plus avec des copains ou copines d'université. Quatre mois plus tard, en plein hiver, le drame éclatait. Manon annonçait à Gilles sa décision de se séparer et lui demandait d'aller vivre ailleurs.

Quinze ans plus tard, Gilles revivait pour la xième fois une nouvelle séparation d'avec une conjointe parce qu'il lui refusait de partager son projet d'habiter ensemble. Gilles s'était juré de ne jamais plus lier amour et cohabitation. Parfois, il se trouvait trop rigide, mais sa peur finissait toujours par l'emporter.

* à suivre *

dimanche 23 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 21e

Les chevaliers de l'espoir perdu.

La solution des anonymes: un inventaire minutieux et crucifiant de toutes leurs fautes passées. Ils se dénoncent au groupe et réparent ces erreurs si lourdes. Un rétablissement durement gagné. Et peu importe qu'ils soient pardonnés ou pas, ils en ressortent allégés d'un énorme fardeau et remplis de dignité...assez pour en redonner à leur tour.

Cette attitude chevaleresque préviendra la rechute et deviendra leur nouveau mode de vie. Ils deviendront parrains et avec grand bonheur passeront le reste de leur vie à aider les autres sexolistes à retrouver la sortie de secours des bas fonds.

Les groupes anonymes sont efficaces pour régler les problèmes de ceux qui veulent arrêter; mais ils ne s'intéressent pas aux causes de la dépendance. À ce moment, l'aide des professionnels peut s'avérer efficace.

Toutefois, un moyen ne contredit pas l'autre. Une grande partie des thérapeutes envisagent un travail complémentaire avec les anonymes "ces groupes s'avèrent plus efficaces avec le nombre d'années de sobriété des membres qui peuvent ainsi agir comme des guides, mais il faut aussi valoriser les autres dimensions de leur vie", assure le sexologue de la maison Jean Lapointe.

"Pourtant, il est clair que ces groupes d'entraide aident à vaincre les dépendances, cicatrisent les blessures psychologiques et sont un puissant antidote au problème de la solitude qui multiplie les autres problèmes, que ce soit la drogue, le jeu ou l'alcool", affirme Yves avec détermination. Il y a des années qu'il n'a pas eu d'activités sexuelles. Il se dit heureux et en paix.

Un petit conseil pour les futurs Yves? Le psychiatre Aubert suggère de faire le tour des différentes options : "ce qui est important, c'est qu'il n'y a pas de traitement miracle qui travaille à la place des gens. Et si les gens sont décidés à changer qu'ils se fassent confiance."

samedi 22 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 20e

Une suite de 24 heures.

À partir de là, la vie devient une suite de 24 heures. Chaque matin, Yves demande la force de ne pas avoir d'aventures aujourd'hui. Et demain? On verra bien! Pour la plupart des sexoliques, imaginer l'abstinence éternelle est proprement inimaginable et créerait une anxiété tellement profonde que la rechute deviendrait inévitable.

Plusieurs semblent guéris, ils ne sont plus obsédés, mais tous sont d'accord pour dire qu'ils restent vulnérables. Les rechutes sont toujours possibles et tout spécialement lors des coups durs.

"Dans une période de stress, il faut donc travailler beaucoup au niveau de la prévention; par exemple, être aux aguets au nombre de masturbations qu'ils ont dans la journée, du genre de situation à éviter, ou encore savoir comment et quand demander l'aide d'un thérapeute ou d'un réseau. Surtout, mais surtout, il ne faut pas voir la rechute comme une défaite", affirme le Dr. Aubert.

vendredi 21 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 19e

Souffrance.

"Le désir d'activités sexuelles est si grand qu'ils cherchent les situations dans lesquelles ils s'exécutaient avant. Ils auront des manifestations psychosomatiques (imaginaires) qui sembleront physiques comme un mal de tête, de coeur, etc. Aucune recherche n'a cependant prouvé qu'il y avait un impact réel sur le corps", analyse le psychiatre Jocelyn Aubert. Mais qu'ils soient physiques ou psychosomatiques, les dépendants souffrent énormément durant cette phase.

L'acteur Michael Douglas peut en témoigner. Il a traversé ce chemin infernal, appelé sevrage - coupé de toute activité sexuelle pendant 88 jours, à la clinique Sierra Tucson en Arizona. Il a crié, donné des coups de poing dans les oreillers, médité et surtout, il s'est confié. Lors d'un tel jeûne, la crise d'identité est énorme. Selon Yves et les autres sexoliques, le sevrage de sexe est aussi douloureux que celui de l'alcoolisme: "Nous ne savons pas qui nous sommes, parce que nous l'avons fui pendant si longtemps. Notre façon de réagir dans son ensemble nous déplaît. On ressent, en même temps, toute la douleur et l'anxiété que l'on a cachées pendant toutes ces années, en plus de celles qui viennent de ce que l'on réalise. Imaginez l'agressivité que ça provoque!".

Une fois ce passage des ténèbres terminé et que les étapes sont enclenchées, la libération et le bien-être sont si grands qu'il ne reste plus qu'à remercier et demander que ce bonheur, nouvellement acquis et si fragile, perdure....au moins pour aujourd'hui.

jeudi 20 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 18e

Mon dieu, sors-moi des ténèbres.

Mais avant tout, il faut absolument arrêter ces ébats qui les intoxiquent. Un stoppage des plus affligeants. Quand ils sentent le volcan près de l'éruption et qu'ils la retiennent de toutes leurs forces, qu'ils n'en dorment plus, qu'ils en ont mal au coeur, à la tête, à l'âme et que plus rien ne les soulage, les sexoliques n'ont plus rien à perdre. La spiritualité - ne pas confondre avec religion - devient alors une part importante de leur cheminement. Ils ont besoin que, logiquement, il existe une puissance aussi forte que leur dépendance qui serait, elle, positive. Seule l'espérance qu'il existe une telle force est suffisante pour entamer le changement. "Cette puissance supérieure peut être le groupe, le cosmos, ou les petits oiseaux. Ça dépend de chacun, élucide Yves en rigolant. L'important, c'est le courage et l'espoir que ça procure."

Une fois l'impuissance admise, ce serait trop facile de dire:"oui, oui, je suis malade", il faut le sentir jusqu'au fond de ses entrailles et en reprendre la responsabilité. "Habituellement, avant le début du rétablissement, ils remettent sur les autres la responsabilité de leur bonheur et de leur malheur", constate la psychologue Céline.

* à suivre *

mercredi 19 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 17e

Parler avec d'autres.

Bill Wilson, l'un des fondateurs de AA a découvert que pour éviter de retoucher à l'alcool, il devait parler le plus souvent et le plus honnêtement possible avec d'autres alcooliques. C'est pour cette raison que les anonymes ont instauré différentes règles, afin de mieux écouter les confidences de leurs confrères et consoeurs.

"Personne ne peut interrompre ou commenter ce qu'un autre a à dire et surtout, on ne parle jamais d'autres choses que de notre dépendance", raconte Yves, membre depuis trois ans des S.A.

De plus, grand soulagement pour les nouveaux arrivants; personne n'osera les juger. Ils en ont tous fait autant...sinon plus. Enfin, ils rencontrent d'autres sexoliques qui ont réussi à sortir de ce bas fond. L'espoir revient et le miroir fait moins peur.

Reste à savoir comment ces revenants y sont arrivés.....

Grâce au programme de douze étapes suggéré par les anonymes, il s'additionne à d'autres conseils comme lire les témoignages d'autres sexoliques et la littérature du mouvement, mais le plus important, assister aux réunions.

Yves et Gérard suivent cette recette à la lettre. Ils ont admis qu'ils pouvaient s'en sortir seuls. Ils l'ont d'ailleurs essayé des centaines de fois, en vain.

* à suivre *

mardi 18 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 16e

Les anonymes ou l'anarchie du réconfort.

Il y a deux à Montréal, les DASA (Dépendants affectifs et sexuels anonymes) ou S.L.A.A., pour les anglophones, et les S.A. (Sexoliques Anonymes). Tous deux proviennent des États-Unis mais se différencient par le degré de retenue nécessaire afin de contrôler la maladie. Les DASA laissent leurs membres décider seuls de leur seuil de tolérance sexuelle. Les SA, pour leur part, considèrent une personne sobre, quand elle n'a aucune activité sexuelle, sauf avec son conjoint.

Ces groupes accueillent tous ceux qui ont besoin, peu importe leur emploi ou leur orientation sexuelle. Ils souffrent, c'est tout ce qui compte. On y utilise que son prénom, son vécu et surtout, son écoute. On omet tout contrôle, carte ou liste de membres.

Les anonymes forment ainsi de petites anarchies où le calme règne en maître.

La majorité de ces anarchistes se méfient des conseils d'experts. Pour eux, les thérapeutes sont des aviateurs qui tentent de décrire le dessous d'un iceberg du haut de leur nuage. "l'enfer, le bas fond, ils ne savent pas ce que c'est. Ils ne parlent pas la même langue que nous et ils coûtent très cher, affirme Yves avec un soupçon de révolte dans la voix. Les groupes, eux, ne coûtent rien à personne. Ils refusent même les contributions extérieures, par conséquent, tout le monde est égal et on se comprend."

* à suivre *

lundi 17 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 15e

Le sexologue.

Pour apprendre à revivre, Yves et Gérard, comme beaucoup d'autres sexoliques, auraient pu se rendre chez un thérapeute comme Michel Lemay. Un sexologue qui anime des sessions d'information sur le lien entre la sexualité et les autres intoxications à la Maison Jean Lapointe.

Celui-ci affirme que chacun d'eux aurait appris que ses fantasmes sont comme des rêves. Ils doivent être interprétés, et, non réalisés intégralement. Ainsi, les deux hommes auraient découvert leurs besoins, leurs propres normes et éliminé, la honte qu'ils ont face à leurs ébats. Pour le sexologue, la thérapie est un moyen d'atteindre un niveau d'intimité appréciable avec quelqu'un ou encore de vivre seul tout en étant heureux.

Juste un petit peu de bonheur, n'est-ce pas là le seul but escompté? Du côté de la biologie, on se demande encore où se situe ce fameux bonheur. Au niveau des neurones ou des hormones? Dans les différents départements de psychiatrie, on choisit selon les CEO. D'un côté, on procure aux sexoliques une thérapie visant à améliorer leur qualité de vie et de l'autre, plus rare, des médicaments à base de testosterones ou toute une panoplie d'anti-dépressifs afin de diminuer leur libido. Or, ces pilules ne font que contrôler la maladie. Pour eux, fini les potions magiques et les gourous qui savent tout, Yves et Gérard ont choisi les groupes anonymes.

* à suivre *

dimanche 16 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 14e

Le sexe, souvent, longtemps, tout le temps...c'est bon, pourquoi s'en passer? Gérard, le sait lui. Sa vie en est envenimée. L'homme d'affaires de 40 ans se masturbe plusieurs fois par jour. Il devient incapable de négocier:
"Je suis sûr que ça se voit dans mes yeux." Plus il a honte, plus il occupe la salle de bain, son refuge. Il fuit sa vie. Compagne savoureuse au début, la masturbation l'a rendu esclave. Sa drogue est le sexe et Gérard crie à l'aide. Qui sera là pour lui? Les discrets groupes d'entraide qui sillonnent les sous-sols d'Église en appliquant les principes des A.A? Les experts bien réfléchis et documentés? Ou les deux?

On dit d'Yves qu'il en a brisé les casques. Mais, dans sa tendre enfance, c'est le sien qu'on a brisé. Né d'un père alcoolique, les manques (d'attention, d'affection, d'encouragement, etc.) se succédaient et Yves n'a jamais appris à communiquer. Pendant de nombreuses années, il a bien caché sa solitude et ses émotions derrière le masque de la luxure. Est-ce vraiment possible de récupérer la pendule et de combler le vide qui provient de l'enfance? Enfin, voler de ses propres ailes. Selon Jocelyn Aubert, psychiatre et professeur de l'université de Montréal, la réponse est un oui conditionnel: "s'ils veulent remanier leur vie, les dépendants devront aller chercher le soutien nécessaire, se poser beaucoup de questions et être ouverts aux changements, qui sont très souffrants en passant. La dépendance coûte cher, plus tu veux arrêter de payer. Certains jeunes par exemple, n'ont pas assez souffert. Ils n'investiront pas beaucoup d'énergies dans cette démarche."

* à suivre *

samedi 15 novembre 2008

Au Compte-goutte - La Dépendance Sexuelle 13e

Les dépendances s'entremêlent en plus de ceux qu'il aide en clinique privée, le sexologue Michel Lemay anime à la Maison Jean Lapointe des sessions d'information sur la sexualité et la consommation d'alcool et de drogue de ce centre de désintoxication. Souvent les dépendances s'entremêlent. Le psychiatre Jocelyn Aubut tient à préciser qu'il est impossible d'expliquer un comportement humain par un seul et même facteur. D'autres composantes telles le passé et la perception de la personne seraient souvent oubliées. Par exemple, le fait qu'il était le plus jeune d'une famille de 18 enfants et qu'il n'a jamais eu la possibilité de s'affirmer constituerait un autre facteur primordial afin de mieux saisir le comportement de Gaëtan.

Michel Lemay ajoute à ces facteurs, l'irresponsabilité du système d'éducation face aux enfants plus vieux: "notre éducationo Judéo-Chrétienne a séparé le sexe de notre vie. Il a valorisé l'autorité et l'individualisme - l'école en est venue à parler de MTS et de biologie, mais jamais des motivations de rompre et de baiser, ou encore, sur comment on peut grandir là-dedans. Un questionnement s'impose sur la qualité qu'on accorde globalement à notre bien-être au sein de la relation sexuelle et sur nos modèles culturels d'érotisation. Le mythe de la performance sexuelle doit cesser d'être une tape dans le dos."

* à suivre *