jeudi 2 octobre 2008

SAVOIR GÉRER SON STRESS QUAND ON EST TRAVAILLEUR AUTONOME


« J’ai perdu le sens de l’humour, depuis que j’ai le sens des affaires. » - Luc Plamondon, Le Blues du Business Man (Starmania)

J’ai lu sous la plume de G. St-Pierre qui citait un ancien directeur de l’institut d’entrepreneuriat de la faculté de l’administration de l’université de Sherbrooke.

LE TRAVAILLEUR AUTONOME

Certains travailleurs autonomes ayant déjà évolué sur le marché du travail au sein d’une entreprise affirment parfois éprouver un plus grand stress depuis qu’ils sont à leur compte.

Qu’en est-il vraiment? S’agit-il d’une simple question de tempérament? Est-il possible pour un travailleur indépendant de gérer son niveau de stress afin de préserver sa santé, sa qualité de vie et sa productivité au travail?

Tout d’abord, précisions qu’il serait faux de généraliser en affirmant qu’une personne à son compte est automatiquement plus stressée qu’un employé en entreprise. Nous vivons dans une société où le stress prend de plus en plus de place et chaque individu peut, pour différentes raisons, être exposé à des périodes de stress plus intense. Cela dit, il est vrai que le statut et la nature des tâches que doit effectuer un travailleur autonome le prédisposent à être davantage affecté par le stress que la moyenne de la population. Voyons pourquoi.
Sources plus nombreuses

Tout d’abord, un travailleur autonome peut être exposé à un niveau de stress plus élevé en raison de la multiplicité des tâches et responsabilités qu’il doit assumer seul. En effet, à cause de son statut de travailleur indépendant, le travailleur autonome ne peut compter que sur lui-même pour résoudre les problèmes et relever les défis de sa micro-entreprise. Il doit donc savoir composer à la fois avec les sources de stress normalement reliées à la production (respect des échéances, travail sous pression, etc.) et avec celles inhérentes à la gestion d’une entreprise (planification de la production, gestion financière, amélioration du chiffre d’affaires, etc.).

Deuxièmement, les travailleurs autonomes et les employés vivent différemment le stress relié à leur travail. Puisque, le travailleur autonome perçoit son entreprise comme un prolongement de lui-même, il est souvent plus fortement affecté par ses succès et ses échecs. Cette « intensité professionnelle » qui caractérise les entrepreneurs peut se révéler particulièrement néfaste lorsqu’elle agit comme un catalyseur en amplifiant le niveau de stress d’un travailleur autonome face aux difficultés que peut rencontrer sa micro-entreprise.
Comment gérer son stress

Que peut faire un travailleur autonome pour gérer son niveau de stress?

Premièrement, il faut savoir investir dans sa vie professionnelle tout en se gardant du temps pour sa vie privée. Dans le contexte concurrentiel actuel, il est facile – mais dangereux – de s’investir corps et âme dans son travail. À long terme, cette pratique comporte des dangers réels pour la santé. Il faut donc être capable de « décrocher » et de profiter de moments de détente en famille ou entre amis. Conserver un équilibre sain entre ses vies professionnelle et personnelle est un gage de succès en affaires. Un aspect à ne pas négliger.

Il est également préférable d’éviter de laisser le désordre s’accumuler pour toutes sortes de raisons. En affaires, il y a toujours des tâches que l’on n’aime pas effectuer. Pourtant, le fait de les repousser constamment ne fera que contribuer à vous rendre plus nerveux. Un stress d’autant plus dommageable qu’il est facilement évitable.

Gérer ses finances personnelles avec intelligence. Le cordonnier est souvent mal chaussé et l’on constate que certaines personnes « sérieuses » en affaires deviennent « immatures » lorsqu’il est question de leurs finances personnelles. Il arrive souvent qu’un individu qui vient de se lancer en affaires brasse des sommes d’argent relativement importantes et qu’il vive une certaine euphorie…qui le porte à dépenser plus qu’il ne le devrait. Bref, ce n’est pas « l’argent qui rentre » qui compte, mais plutôt celui qui reste.
Rationaliser les crises

Toute entreprise, aussi petite soit-elle, traversera un jour ou l’autre au moins une crise importante. Qu’il s’agisse d’une crise de liquidités, d’une crise de croissance ou de toute autre forme de problème, l’important est alors de contrôler son niveau de stress et d’évaluer froidement les options envisageables.

En temps de crise, le simple fait d’analyser logiquement les solutions possibles contribue habituellement à faire diminuer le niveau de stress, en nous rassurant sur les différentes avenues qui s’offrent à nous.

Enfin, comme il est presque impossible d’éviter complètement le stress, il faut essayer d’en tirer parti plutôt que d’en être la victime. Ainsi on essaiera de profiter des sources de stress positif comme le défi des affaires, le goût du risque ou la joie d’en mener large. Parallèlement, on tentera de minimiser l’importance des sources de stress négatif comme la fatigue après une longue journée de travail, l’erreur qui a été commise ou la dépendance envers les clients, autant d’éléments qui rendent les gestionnaires nerveux.

Patrick le geron dirait que le stress n’est pas une fatalité. Nous ne sommes pas éternellement condamnés à en subir les effets négatifs. Les solutions sont collectives et individuelles. Collectives d’abord, parce que les entreprises sont directement concernées par le stress même si certaines en nient l’existence ou détournent le problème en décretant que c’est une affaire individuelle, qui se règle (chez le psy); en valorisant les personnes, en agissant sur leur environnement et en repensant l’organisation du travail, les entreprises réduiront les effets toxiques du stress. Mais chacun de nous possède aussi, en lui, la capacité de lutter contre le stress comme le marin ne peut agir sur les vagues qui soulèvent le navire, nous ne pouvons pas, individuellement, maîtriser la masse des stresseurs intervenant dans le monde du travail.

En revanche, nous pouvons apprendre à contrôler nos réactions physiques et psychologiques, tout comme le marin sait naviguer sur la mère agitée sans chavirer.

1 Comment:

Sandra Avendano said...

Merci DOC!
Je suis une travailluese autonome et ces jours-ci je vis beaucoup de stress. Merci pour vos conseils.
Sandra
ArcoIris