mardi 9 juin 2009

Dépression chez l'Haïtien - 3e partie

Après la déportation, l’esclavage et la glorieuse épopée de l’indépendance de ce peuple, Haïti, loin de connaître enfin la liberté, commença l’apprentissage de la division, de l’oppression, des dictatures sanglantes sous toutes les formes (royautés, empires, présidence à vie, régimes militaires, etc.).

Quand de plus on connaît l’importance que revêt l’autorité des parents (et de tout adulte) dans l’éducation de l’Haïtien, l’utilisation à outrance des sévices corporels, du fouet (du point de vue psychanalytique, l’utilisation du fouet par les parents, c’est, chez l’Haïtien, une forme d’identification à l’agresseur du temps de l’esclavage), on peut saisir davantage le mélange de sentiments de méfiance ou de toute puissance (ou les deux) que l’on peut retrouver dans certaines expressions de la maladie chez l’Haïtien. Le jeune apprend vite, pour éviter les sévices corporels, à utiliser le mécanisme de la projection, précurseur de la pensée paranoïde.

Mentionnons enfin que la deuxième « déportation » des Haïtiens, soit l’émigration vers l’Europe et l’Amérique du Nord, n’a pas été sans leur réserver de nombreuses difficultés d’adaptation avec de nouvelles cultures qui, très souvent, entraîneront des frustrations dans les pays hôtes (difficultés avec les services d’immigration, problèmes de racisme ouvert ou camouflé dans le logement et les milieux de travail, rapports avec les corps policiers et la justice, même avec les corporations professionnelles).



* à suivre *

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