samedi 16 janvier 2010

LA PERSONNALITÉ - 63e partie

LES ATTITUES SOCIALES À L’ÉGARD DES TRAVAILLEURS ÂGÉS

Le nombre croissant de personnes âgées va peut-être contribuer à remettre en question notre conception du vieillissement, conception associée pour le moment à toute une série de préjugés défavorables, qui entraîne une certaine forme de ségrégation, souvent involontaire, que l’on nomme l’âgéisme ou plus généralement agisme.

Selon les recherches de Côté (1981), de Bacon (1982) de même que Hendricks (1982) et comme l’évoque le film DON’T STOP THE MUSIC, de façon générale, certaines images négatives nous viennent à l’esprit lorsque l’on pense à quelqu’un de vieux, et ce, uniquement en raison de l’âge, car il existe des stéréotypes reliés au vieillissement, comme la maladie, l’impuissance, le risque d’accident, l’absentéisme etc. Mais, comme nous l’avons déjà mentionné, il ne faut pas oublier que le vieillissement, en plus d’être personnalisé, dépend de facteurs comme l’environnement, l’hérédité et le stress. Qu’en est-il vraiment des attitudes de la société quant au vieillissement des travailleurs?

La problématique du vieillissement des travailleurs

Afin de mieux situer la problématique du vieillissement des travailleurs sur le plan social, soulignons à cet effet l’importante contribution de Zay et Zay (1984). Dans cet ouvrage, les auteurs tracent un portrait assez complet de la problématique du vieillissement des travailleurs dans nos sociétés occidentales. Examinons maintenant de façon plus particulière divers points reliés à cette problématique sociale.

Le rejet des travailleurs âgés

De nombreuses entreprises mettent carrément au rancart les travailleurs âgés, d’une part, à cause du salaire élevé, qui va de pair avec l’expérience et d’autre part, afin de réduire leur personnel avec la nouvelle technologie (Côté, 1981). Il n’y a pas si longtemps, on utilisait pour ce faire la méthode du licenciement des derniers embauchés ou des salariés sans responsabilité familiale. Cette politique de mise à pied était moins discriminatoire envers le travailleur âgé. Aujourd’hui, les personnes de 55 à 65 ans sont bien souvent les premières à rejoindre le groupe des chômeurs, groupe qui s’accroît sans cesse dans certains secteurs d’activités.


Dans le régime capitaliste, partout dans le monde occidental, comme l’accent est
mis sur l productivité, dès qu’un travailleur est ou risque d’être moins
productif, on l’écarte, on préfère le remplacer par quelqu’un de plus jeune
qu’on paiera moins cher. Les patrons n’ont pas d’autres objectifs que le
profit maximum (FTQ, 1981, p. 14).


Comme on l’a vu précédemment, le vieillissement est souvent associé, du moins dans l’esprit de certains employeurs, à une baisse de productivité (Côté, 1981). C’est la principale raison que l’on invoque pour la mise à la retraite. Certaines recherches, en particulier, celles de l’équipe de Côté (1981), tendent à démontrer qu’il s’agit là d’un préjugé bien entretenu à l’égard des travailleurs âgés. Ces résultats sont aussi évoqués par Côté, lors de propos sur le sujet dans un récent vidéo (Aumond, M. et Bourdages L., 1985). Dans son volume (1981) Côté traite de l’âge et de la motivation en rapport avec la satisfaction et les valeurs, de la santé de l’individu, des pratiques dans l’entreprise, de la gérance en actif et passif, de la dimension collective en fonction des régimes de pensions et de retraites, du marché du travail et des revenus, de l’entreprise et du gouvernement.

On pourrait croire que le taux élevé de chômage qui sévit actuellement justifie les entreprises d’instaurer une politique d’incitation à la retraite afin de permettre à une main-d’œuvre dynamique, plus jeune et instruite, d’accéder aux postes détenus par les travailleurs âgés. La situation se présentera cependant de façon très différente d’ici 30 ans. Plus la génération du baby boom va vieillir, moins cette tendance à inciter les plus âgés à prendre une retraite anticipée pour faire place aux jeunes se fera sentir. Deux facteurs expliquent bien ce phénomène. Premièrement, le taux de natalité étant actuellement assez faible (1,4), le nombre de jeunes travailleurs susceptibles de prendre la relève sera également assez faible. Deuxièmement, le fardeau économique constitué d’un nombre toujours croissant de personnes âgées sera difficile à supporter par la société, de sorte que la pression se fera moins forte pour évincer les travailleurs âgés du marché du travail. Tout laisse croire que les critères utilisés pour la prise de la retraite ne seront plus déterminés uniquement en fonction de l’âge chronologique.



* à suivre *

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