jeudi 28 janvier 2010

LA PERSONNALITÉ -- 75e partie

La stratification selon les âges

Ce troisième modèle de la théorie des conflits a été développé et présenté par Riley, en collaboration avec Johnson et Foner (1972). Les auteures partent du principe que « notre société est hiérarchisée et que l’âge occupe une place de premier choix parmi les critères de gradation » (Lauzon, 1980, p.8.).

Selon ce modèle, l’âge détermine les rôles sociaux que l’individu est appelé à assumer aux diverses étapes de sa vie, mais il est aussi une source d’inégalités sociales. Le fait de parler d’un nouvel engagement ou d’un réengagement dans les rôles des retraités nous amène à nous pencher sur la relation entre ces individus et le reste de la société. Cette relation peut être conflictuelle ou harmonieuse du fait que le vécu de chaque génération varie sensiblement de l’une à l’autre et qu’il constitue un potentiel latent de conflit ou de coopération.

En effet, d’une génération à l’autre, les gens ne vivent pas les événements de la même manière car ils ne baignent pas dans le même environnement social. Prenons seulement, à titre d’exemple, l’éducation des enfants. Aujourd’hui, certains pères assument l’entière responsabilité des travaux domestiques et de l’éducation des enfants, tandis que la mère est sur le marché du travail. Cette situation est tout à fait nouvelle comparativement à celle qui prévalait il y a seulement quelques décennies. La tâche d’éduquer les enfants est toujours la même, mais l’environnement est différent. Il en est de même pour le partage des tâches ménagères, tant durant la vie active qu’à la retraite.

L’une des principales critiques adressées aux théories des conflits vise principalement le troisième modèle, celui de la stratification des âges, car on y déplore le peu d’importance accordée à la situation économique des retraités, donc aux classes sociales. Pour ce qui est des critiques touchant le modèle du conflit entre génération, Lauzon, 1980, page 9 exprime des réserves en ces mots :

…l’homogénéité dans les antécédents tout autant que dans les conditions de vie
des retraités demeurent des concepts abstraits qui ne nous semblent pas
correspondre au vécu des personnes âgées.


Faute de leaders et d’une conscience de classe, les retraités sont présentement dans une position très vulnérable. Voilà ce dont il faut tenir compte dans la théorie du conflit entre générations qui semble mettre l’accent sur l’homogénéité d’une conscience de classe.
* à suivre *

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