mardi 2 mars 2010

LA PERSONNALITÉ - 114e partie

Spiritualité et contenu religieux pour une meilleure compréhension


Les auteurs s’entendent généralement pour dire que la spiritualité est plus vaste que la religion, qu’elle est personnelle et même floue. Tout de même, plusieurs d’entre eux fournissent de façon plus ou moins exhaustive des soins spirituels à prodiguer, par les soignants en général, incluant l’aidant, et non seulement par les membres du clergé ou du culte religieux. Mais d’abord il faut distinguer religion et spiritualité. La religion, qu’elle soit ancestrale, traditionnelle, millénaire ou nouvelle (caractérisée par les mouvements dits sectaires) est un système de croyances sur l’humain et les aspects de la vie, de la mort et de l’après-mort. Ce système est reconnu par un groupe de personnes et appuyé par des textes et autres sources fondateurs comme étant sacrés et révélés par Dieu, à travers les hommes. La religion est ainsi un cadre défini, avec ses références au temps à l’espace, avec ses lieux de culte ou d’expression (objets de vénération, etc.) et fournit des réponses porteuses de sens et de valeurs. La religion porte des concepts tels que l’âme humaine et la foi en Dieu, en un univers sur-naturel, au-delà du monde physique que l’on connaît. Ses repères sont des signes pour les humains qui ouvrent sur des univers symboliques. Finalement, la religion propose une spiritualité, une vie pour l’âme, le corps et l’esprit de l’humain, qui correspond à son système.

La spiritualité est d’ordre moral et est reliée aux valeurs de chaque personne. Alors qu’elle touche l’âme, elle est immatérielle et incorporelle. Attention de ne pas identifier la spiritualité avec la pratique d’une religion. La spiritualité peut contenir ou non des références religieuses (Dudley, Smith, Millision, 1995 :31). Il ne faut pas la confondre avec le domaine psychosocial seul. Elle est de l’ordre du quotidien, de la vie et, en soi, peut être positive comme négative. C’est aussi ce qui nourrit l’esprit. Une spiritualité religieuse est la synthèse personnelle pour chaque individu de ses références religieuses, de ses perceptions à cet égard, de sa vision de la vie et est donc unique. C’est ce que la désinstitutionnalisation de la religion permet aux individus de faire aujourd’hui. La spiritualité est mouvante, évolutive, s’inscrit dans le jeu relationnel et les échanges symboliques. La spiritualité est plutôt référence à un état qu’à une appartenance (De Montigny, De Hennezel, 1990 : 114). Ce qui, par exemple, peut brouiller les cartes pour l’aidant, c’est une spiritualité avec des références religieuses mais non traditionnelles ou institutionnelles. C’est aussi ce qu’on appelle la religion à la carte. À ce moment-là, un prêtre n’est probablement pas la meilleure ressource pour cette personne. La spiritualité transcende les dogmes, idéologies, rituels et institutions (Sermabeikian, 1994 : 180) et inclut les émotions.

Dudleu, Smith Millison (1995 :30-37) constatent, lors d’une enquête menée aux Etats-Unis sur les soins spirituels donnés dans les hospices, que le concept de spiritualité en dehors d’une religion organisée est flou, difficile à cerner, et que c’est d’abord la religion qui a été observée dans les types de soins aux mourants en termes d’interventions. Ils observent que les besoins spirituels non identifiés à une religion définie ne sont pas encadrés.

L’ACSP (2001 : 21-23-24) définit les besoins spirituels des mourants et de leurs proches comme étant de l’ordre des questions, du deuil et de la préparation à la mort. Les normes qui y son édictées concernent la façon dont les unités de soins palliatifs canadiens devraient, entre autres, encadrer les soins spirituels. On y nomme ce qui est significatif et valorisé par ceux-ci (patient et proches) comme devant être reconnu et respecté, les efforts nécessaires pour faciliter le plus d’expérience de cet ordre, les questions spirituelles et existentielles devant être prises en compte, les démarches pour proposer des ressources spirituelles et/ou religieuses (de préférences celles que connaissent le patient et ses proches) et, quand c’est possible, intégrer dans l’équipe interdisciplinaire des conseillers spirituels.

Il faut cependant faire attention dans notre recherche multidisciplinaire de ne pas tourner les soins spirituels en termes de compétences seulement. Singh (1999 : 616-618) décrit ces compétences comme des attitudes à développer.



* à suivre *

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