samedi 15 mai 2010

COMPRENDRE L'IDENTITÉ MASCULINE 3e partie

Les attitudes envers les masculinité et féminité
Le attitudes des parents envers la masculinité et la féminité sont des facteurs psychosociaux de risque et de résilience pour l’identité masculine (Pollack,1998 ;Cyrulnik,1989). Ces attitudes peuvent soit contribuer à la promotion d’une identité masculine saine chez le garçon, soit nuire au développement de son identité sexuelle. Par exemple, quelle est l’attitude de la mère envers la masculinité ? Du côté du père, est-ce qu’il trouve cela bien d’être un homme, un père ? La mère a-t-elle des croyances rigides sur ce que c’est d’être un homme ? Quelles sont les attitudes du père envers la féminité, la mère ? Comment la mère parle-t-elle du père à l’enfant ? Comment le père voit-il son propre père ?

Nous pouvons nous poser les mêmes sortes de questions par rapport aux figures de l’entourage, telles que la parenté, les voisins et les amis de la famille. Il est important aussi de tenir compte de l’organisation sexuelle des contextes social et culturel du garçon, à savoir la façon dont la culture et la société d’appartenance du garçon définissent la masculinité et la féminité. Le fait que l’environnement signifie le père a aussi beaucoup d’impact. Par exemple, à travers le biais de sa nomenclature, le réseau sociosanitaire qualifie régulièrement une famille où le fils vit avec sa mère et voit son père les fins de semaine de « famille monoparentale » (Gaudet et Devault, 2001). Pourtant, il y a deux parents dans ce portrait-là.

Le retour de l’oedipe
Lors du retour de l’oedipe, à l’adolescence, le rôle paternel de contrainte à la fusion mère-fils s’avère une source de réconfort pour le garçon, qui doit composer avec la lourde tâche d’assimiler sa sexualité génitale et l’image corporelle qui s’ensuit (Laufer, 1968). Le père incarne le tabou de l’inceste (Freud, 1933 ; Corneau, 1989 ; Cyrulnik, 1989 ; Cournut, 1997) et représente ainsi un pilier auquel l’adolescent peut s’accrocher afin de ne pas sombrer dans la relation symbiotique avec la mère, ce qui l’anéantirait en tant que mâle et en tant qu’individu. D’autre part, la figure paternelle sert de repère pour permettre au garçon de poursuivre son individuation de la mère et son identification au masculin. Étant donné son apport potentiel à la consolidation de l’identité masculine, il serait peut-être plus approprié de parler de dynamique oedipienne au lieu de complexe d’Œdipe.


* à suivre *

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