mercredi 25 août 2010

VIOLENCE vs RÉFUGIÉS - 5e partie

LES SÉQUELLES DE LA VIOLENCE DANS LE NOUVEAU PAYS

La grande majorité des réfugiés qui arrivent au Québec portent dans leur mémoire et parfois aussi dans leurs chairs les marques de la violence subie dans le pays d’origine.

Dans la phase initiale de la quête de sécurité et de liberté pour lui et pour sa famille, le réfugié concentre toutes ses énergies à la réalisation du projet. Malgré les difficultés et les souffrances, il se projette dans le futur et est poussé à idéaliser le pays vers lequel il se dirige, du moins quand cette terre de sécurité et de liberté est un pays moderne et relativement riche. Parmi les pays occidentaux le Canada et le Québec apparaissent, vus de l’extérieur, comme la terre bénie.

Cette image positive de notre pays trouve naturellement des fondements objectifs dans la réalité d’ici. Par contre, les attentes de départ, nourries et idéalisées, sont trop nombreuses et souvent irréalistes. Face aux premières difficultés dans le nouveau pays, le réfugié devient confus, déçu et parfois amer.

Comme il arrive souvent après un événement traumatisant, par exemple lors d’un accident d’auto, c’est seulement un jour ou deux plus tard que la peur se fera le plus sentir; sur le coup on peut se sentir très calme. Il en va de même pour certains réfugiés qui ont surmonté avec courage d’énormes difficultés dans leur pays et qui se montrent parfois peu résistants face aux difficultés moins graves dans le nouveau pays.

Tout récemment, une famille d’origine libanaise s’est fait expulser de façon brutale de son logement par un propriétaire intraitable. Autant monsieur que madame furent très bouleversés par cette mésaventure évidemment peu agréable. Mais ce qui m’a beaucoup frappé, c’est la réflexion suivante, exprimée par madame et approuvée par monsieur : « Ici, c’est pire qu’au Liban. Dans notre pays, on te tire dessus, on te tue, mais on ne te met pas dehors de ton logement de cette façon! »

Aux premières difficultés dans le nouveau pays, le réfugié risque donc de tomber de très haut. Sa décision peut se manifester sous forme de dépression ou d’agressivité à fleur de peau. Or, les difficultés et les tracasseries de toutes sortes ne manquent certes pas dans le nouveau pays. À leur arrivée, les personnes qui viennent au Canada comme demandeurs d’asile doivent passer par une enquête quasi judiciaire fort éprouvante. Cette étape suscite déjà beaucoup d’insécurité et constitue un mauvais point de départ dans la nouvelle vie. En plus d’être très stressant, le processus visant à établir le bien-fondé de la demande de refuge peut devenir très long et causer à ces personnes de restrictions importantes pendant plusieurs mois, voire même pendant plusieurs années, telles que l’absence d’allocations familiales ou de permis de travail, la séparation des familles, etc.

* à suivre *

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