mercredi 22 décembre 2010

LA NOTION D'ASSUÉTUDE CHEZ LES COUPLES ALCOOLIQUES 5e partie

La demande du co-alcoolique

Le travail avec le co-alcoolique comme porte d’entrée au système alcoolique a différentes implications et limites, dont nous tenterons maintenant d’approcher certains aspects.

En premier lieu, nous avons remarqué que la présence du co-alcoolique en consultation assure la présence du patient identifié : il est rare qu’un couple ou une famille manque un rendez-vous, tandis que l’alcoolique en consultation individuelle est irrégulier. La demande émane du co-alcoolique qui menace de décompenser, tandis que l’alcoolique n’a pas de demande personnelle.

La présence en consultation du co-alcoolique et de la famille permet éventuellement la mise en place d’une désintoxication ambulatoire, avec la possibilité d’une « hospitalisation volontaire » à domicile qui mobilise toute la famile du patient, mais cette fois dans une entreprise de sobriété. Toutefois, la possibilité d’un échec reste continuellement présente. S’il survient, le recours à l’hospitalisation offrira une alternative d’autant plus facile à accepter qu’elle aura été envisagée dès l’abord.

La présence du co-alcoolique en consultation est un avantage décisif pour le travail thérapeutique. Mais même si celui-ci est plus souvent-là, cela ne signifie pas qu’il y aura moins de résistance : la demande se cantonne trop souvent au seul arrêt du symptôme.

La demande du co-alcoolique se situe souvent dans le cadre de ce que nous avons appelé la pseudo-complémentarité : la menace de décompensation du co-alcoolique est tellement réelle qu’il devient urgent de rééquilibrer les compétences. Ce qu’il demande en fait, c’est le rétablissement que la symétrie : s’il décompense, il se retrouve dans une position complémentaire et donc automatiquement perdant dans la lutte symétrique.

La souffrance du co-alcoolique engendre cette demande de rééquilibrage qui visera souvent un retour à l’équilibre antérieur. La permanence du symptôme semble donc également assurée, tout comme la stabilité de présence aux consultations.


* à suivre *

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