mardi 14 décembre 2010

VIOLENCE CHEZ LES JEUNES - 10e partie

UNE HYPOTHÈSE DE LA TRAJECTOIRE DE LA VIOLENCE

L’expression de la violence suit une trajectoire. Le récit des jeunes a permis de construire l’hypothèse d’un modèle (tableau 1), mais cette trajectoire peut varier d’un individu à un autre et doit être lue de façon dynamique et circulaire.

Cette trajectoire démontre qu’un ou des stress sont à l’origine d’une atteinte ou d’une souffrance chez un individu. Ce dernier est ainsi privé de la satisfaction d’un besoin. Il risque alors de se sentir frustré. Afin d’éliminer la source de cette frustration, l’individu cherche de cette frustration, l’individu cherche des solutions dans son répertoire de stratégies pour régler les conflits. Il trouvera possiblement une solution à son problème. Si ses efforts le conduisent plutôt à un échec, il risque alors de développer un sentiment d’impuissance. Ce sentiment d’impuissance sera accompagné soit d’un sentiment de colère et d’agressivité ou encore d’un sentiment de peine et de tristesse. L’individu chemine à travers ces différents sentiments. Ils peuvent le conduire à tenter de reprendre le contrôle et le pouvoir sur la situation qui lui échappe. Deux solutions s’offrent alors à l’individu, soit la négociation avec son environnement ou l’adoption d’un de deux types de comportements violents, les comportements autodestructeurs ou les comportements d’agression vers l’extérieur (contre des objets, des animaux ou des individus). S’il a choisi la négociation, il explore alors son répertoire de stratégies pour solutionner le problème. Ces choix peuvent enfin lui apporter une solution ou provoquer un nouvel échec. Dans ce dernier cas, ce revers risque d’augmenter son sentiment d’impuissance et par le fait même ses sentiments de colère et d’agressivité ou de peine et de tristesse. Si, toutefois, il a choisi d’adopter des comportements violents, c’est qu’il a éliminé toutes les autres solutions possibles. Il s’isole et son répertoire de stratégies se cristallise autour d’une seule solution, l’utilisation de la violence. Il peut alors obtenir un règlement ou un nouvel échec. S’il obtient un règlement, cela renforce alors son comportement violent. S’il y a défaite, cela accentue son sentiment d’impuissance et les sentiments qui en découlent.

Le répertoire de stratégies pour solutioner les conflits ainsique l’évaluation que l’individu fait de son succès ou de son échec dépendent, en grande partie, de tout le processus de socialisation de ce dernier. De surcroît, les rapports interpersonnels – entre les hommes et les femmes, entre individus d’origines ethniques différentes ou entre individus appartenant à d’autres groupes sociaux – sont modelés par la société. Les parents, l’école et les médias sont les principaux porte-parole de cette culture. Ce sont eux qui donnent aux enfants, par les valeurs qu’ils véhiculent, par les méthodes éducatives qu’ils utilisent et par la nature des relations qu’ils tissent, des modèles de rapports sociaux. C’est à partir de cette information que les jeunes se construisent uen représentation sociale des relations interpersonnelles. De plus, c’est cette représentation, en grande partie, qui guide la conduite des jeunes. Autrement dit, la représentation sociale que les jeunes se font de la construction des rapports entre hommes et femmes, entre individus de différents groupes ethniques etc., oriente leur conduite et influence grandement l’utilisation ou non de violence dans le règlement de conflits interpersonnels.


* à suivre *

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