mardi 25 janvier 2011

LA NOTION DU DÉSIR CHEZ LE COUPLE 22 partie

J’ai trouvé que cette brève introduction à la biologie du désir balayait en grande partie la confusion que ressentent certains couples. Un homme a dit : « Vous avez tendance à croire que votre partenaire a le même intérêt pour le sexe que vous. Et si elle ne veut pas faire l’amour avec vous, vous vous dites que c’est parce qu’elle ne vous aime plus ou ne vous trouve plus attirant. Savoir qu’il existe une autre explication est un réel soulagement! » Une femme, au début de la soixantaine, est arrivée aux mêmes conclusions :

« Je comprends maintenant que la constitution de mon mari est en rapport direct
avec sa baisse d’intérêt pour le sexe. Il a moins de testostérone. Je pensais
que je ne lui plaisais plus. » Lors d’une pause entre deux séances de travail,
une femme m’a dit : « Je n’ai jamais éprouvé beaucoup de désir en matière de
sexe. Mais depuis que je vous ai écoutée, je me sens enfin ‘normale’ pour la
première fois de ma vie. C’est pour moi un immense soulagement. »


Mais l’information et la connaissance sont rarement suffisantes. La plupart des couples cherchent à minimiser leurs différences au lieu de chercher à mieux se comprendre mutuellement. Un homme a dit franchement : « Super! Maintenant, je sais pourquoi ma femme est si peu attirée par le sexe! Mais je veux quand même qu’elle change à ce sujet. »

On me pose régulièrement la question de savoir s’il est possible d’augmenter son degré de désir grâce à un apport supplémentaire de testostérone. Ma réponse est « oui », à condition qu’il s’agisse d’un homme ayant un taux d’hormones sexuelles anormalement bas. Depuis quelque temps déjà, les médecins prescrirent des injections de testostérone aux hommes qui commencent à prendre de l’âge ou qui ont un taux anormal d’hormones. Mais maintenant que cette hormone peut être administrée grâce à un petit timbre à coller sur la peau le traitement est beaucoup plus agréable. Cependant, si l’apport d’hormones ne s’emploie pas plus couramment, c’est qu’il reste certaines zones d’ombre en ce qui concerne la relation entre la testostérone et le cancer de la prostate.

Et pour ce qui est de prescrire de la testostérone aux millions de femmes qui ont un faible taux de désir? À la publication des résultats fracassants des études de Barbara Sherwin sur la testostérone et les femmes, elle a été littéralement assaillie de questions. Quels médicaments prescrivait-telle? À quel dosage? Quels étaient les effets secondaires?

Malgré l’effervescence et l’excitation générées par ces découvertes, les médecins ont mis longtemps avant de se décider à prescrire de la testostérone aux femmes. Lors d’un colloque sur les troubles du désir sexuel, un médecin généraliste a dit qu’il avait passé plus de cinq heures au téléphone pour trouver un endocrinologue qui veuille bien ne serait-ce qu’écouter son désir de prescrire de la testostérone à l’une de ses patientes.

* à suivre *

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