lundi 24 octobre 2011

VIOLENCE FAMILIALE 63e partie

Reconnaître son vrai Soi et s’ouvrir à la différence
Se rapprocher peu à peu de ses désirs propres, de ses goûts, de ses aspirations. Se reconnaître le droit à la différence par rapport à ses antécédents et au système familial connu, en reconnaissant la part d’identification à des figures de son passé et en restant à l’écoute des autres. Trouver soi-même réponse à ses besoins plutôt que de l’attendre de figures parentales fabriquées par l’illusion. Choisir véritablement sa vie, autant dans ses relations affectives que dans ses activités, avec le minimum d’infiltration sournoise des fantômes du passé.
Faire le deuil de l’amour rêvé

Réaliser les limites, l’imperfection des objets d’amour et par conséquent, reconnaître les conditions réelles de son enfance, voilà l’étape la plus pénible et la plus longue dans ce processus. Il s’agit de faire le point sur ce qui a été difficile, pleurer le vide laissé parce qui n’a jamais eu lieu, vivre la colère et la tristesse liées aux manques. C’est aussi voir ses parents comme des humains eux-mêmes tributaires de leur passé. Vivre ce deuil implique donc pour le sujet la difficile prise de conscience de l’impossibilité de changer lui-même plutôt que de vouloir modifier son ou ses parents. C’est donc accepter de façonner son devenir avec ce qui a été et ce qui est, et non à partir de ce qui aurait dû être.

Comme dans tout processus de deuil, celui-ci soulève des émois souvent excessifs et difficiles à porter : révolte, solitude, tristesse, colère, culpabilité. Pour certains dont les pertes, les manques et les violences subis ont été très intenses, le deuil peut se transformer en mélancolie, en ce sens que le cours de leur vie sera d’autant alourdi par le boulet de ce passé par moments inassumable. S’engager dans une démarche personnelle présentera des exigences proportionnelles aux blessures subies, sans garantie de se libérer des fantômes du passé, avec des moments de résistance et de désespoir, et d’autres, d’ouverture et d’espérance. Le deuil porte en lui-même un visage mortuaire, mais offre aussi une facette vivante puisqu’il fait partie de la continuité de la vie.

Travailler ainsi pour soi, c’est aussi travailler pour sa descendance, en lui offrant un être plus vrai plus ouvert à la vie et à la souffrance malgré tout inévitable, mais qui sache d’autant mieux le guider sur le chemin de la découverte de soi.

Le changement ne se fait pas sans douleur. Entre le connu et le possible, le sujet affronte l’angoisse de « s’exposer », i.e. d’oser vivre pleinement le dérangement entraîné par la prise de conscience de soi et des autres, l’inquiétude d’être déloyal à certains moments, et des sentiments de culpabilité et de honte parfois lourds à soutenir. La voie de la transformation exige donc du courage et de la détermination, et aussi d’avoir foi et espoir dans la vie et dans un mieux-être.

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