mardi 12 novembre 2013

CLIN-D’OEIL SUR L’HISTOIRE D’HAÏTI - Période 1957 à nos jours

CLIN-D’OEIL SUR L’HISTOIRE D’HAÏTI
Période 1957 à nos jours

Duvalier accède à la présidence dans un contexte de conflit ouvert; en septembre 1957 il est porté au pouvoir par une fraction de l’armée, après toute une année de luttes électorales et d’exacerbation des passions.

Les candidats défaits se retranchent dans la clandestinité et aussitôt organisent la rébellion. S’engage alors jusqu’à la mort une épreuve de force brutale.

A) Luttes de factions avant tout!  Le peuple de partout sollicité, n’y comprend rien.
Personne au fond ne lutte pour les intérêts de la nation.  Lutte plutôt pour le pouvoir et la reconquête des privilèges traditionnels menacés avec l’avènement de Duvalier.  N’ayant l’appui d’aucune classe sociale, le Président, pour contrôler la situation, sera obligé de concentrer tout le pouvoir entre ses mains et de mettre en marche la machine de la terreur: Présidence  à vie, chef suprême et effectif des forces armées, chef des tontons macoutes. Ce n’est plus alors un gouvernement, c’est une force de répression et un pouvoir personnel.

B) L’opposition systématique a précipité Duvalier dans la tyrannie. Mais il y allait déjà de lui-même sûrement.  Depuis toujours, en effet, il rêve d’une âme mystique pour son peuple.  Devenu Président de la République, il est d’abord hanté par l’unité morale de la nation haïtienne (SIC!) plutôt que préoccupé de l’équité sociale dans la nation.
Il se voudrait plus Prêtre du pays qu’administrateur de la République. C’est précisément en vertu de cette tendance profonde qu’il peut se vanter, contre tous les faits, l’harmonie du temporel et du spirituel.

C) Leader Spirituel de la Nation (SIC!), il ne souffre par conséquent aucune résistance qui puisse entraver l’accomplissement de la mission spirituelle.  Il lui faut tout le pouvoir, une sorte de force spiritualiste, toujours plus de pouvoir pour écraser les pouvoirs d’opposition naissants; d’où qu’ils viennent.  Dans la mesure où l’Église peut constituer et susciter un corps d’opposition elle va être, elle aussi, prise en chasse et désorganisée.

Pour pénétrer dans la forteresse spirituelle, Duvalier n’aura même pas besoin de cheval de Troie!  La route est déjà grande ouverte.  Les contradictions internes de l’Église d’Haïti vont lui faciliter la tâche d’Épuration du Spirituel jusqu’à ce que s’ensuive harmonie parfaite avec le temporel.

D) Le Clergé
Tout d’abord le clergé haÏtien comme partout ailleurs, n’a pas dédaigné la course aux privilèges ni résisté à la pression des sympathies des grands.

Dans une Haïti où le bovarysme a fleuri en haut lieu du savoir et de la puissance comme herbes folles, ce clergé venu pour la plupart de l’étranger échappait difficilement à l’hospitalité et au rapt des puissants raffolant d’étiquette européenne.  Bien sûr, il se prétendait au service des pauvres et des petits.

Dommage, toutefois, que l’on ne puisse pas servir à la fois même en religion - le maître et l’Esclave!

Au sein même de l’organisation eclésiastique s’institua la course aux privilèges et aux titres honorifiques.  Cela permet d’inventer des rangs distinctifs, certes n’ayant rien de fonctionnel, juste propres à créer des distances sociales.

Presque chaque prêtre, curé ou vicaire, rêvera un jour qu’il est nommé curé ou vicaire de la paroisse la plus productive.  Il aura aussi sa petite ambition sacerdotale de devenir un jour chanoine et qui sait!

Comme consolation de vieillesse, camérier secret du pape.


Duvalier, en tout cas, se fera un devoir de satisfaire ce petit penchant aux privilèges; il distribuera volontiers promotions et attentions, prébendes et distinctions et se liera ainsi plus d’un apôtre de l’Évangile, du sommet de la Hiérarchie jusqu’à la base. Il aura ainsi exaspéré la division dans l’Église pour mieux se l’asservir.

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