samedi 7 février 2009

Toxicomanie et la Femme 17e partie

Au regard des caractéristiques psycho-sociales, selon toutes nos sources, 43% à 75% de ces femmes admises en traitement pour alcoolisme vivent seules et la seule augmentation du taux de divorce dans la population générale ne suffit pas à couvrir cette surreprésentation de femmes seules par rapport à la population générale. Les femmes alcooliques de faible niveau socio-économique auraient davantage de visibilité publique tandis que celles de niveau moyen et élevé, une meilleure intégration sociale. Ce sont ces dernières qui appartiennent aux cohortes vraisemblablement les moins signalées et les moins étudiées. Concernant leur famille, plus que leurs homologues masculins, les femmes alcooliques ont un parent – père, sœur, frère, conjoint – qui est alcoolique : elles semblent « attraper » l’alcoolisme dans leur famille. Bien que le cycle menstruel des femmes ait été perçu comme un facteur précipitant la surconsommation d’alcool, ces observations doivent être relativisées par d’autres facteurs. Quant à la sexualité des femmes alcooliques, les écrits racontent davantage leur misère sexuelle que leur plaisir mais les hypothèques proposées pour rendre compte de ce phénomène sont prématurées dans l’état actuel des connaissances.

Chez les femmes alcooliques, on constate, plus fréquemment que chez les hommes alcooliques, la présence d’antécédents psychiatriques. Elles ont aussi commis plus de tentatives de suicide que leurs homologues masculins. Le taux de suicides réussis est plus élevé que parmi les hommes alcooliques, tendance qui est à l’inverse de celle de la population générale. Certains événements stressants ou des crises reliées à un passage difficile de la vie – des deuils, des séparations – précipiteraient la consommation abusive d’alcool chez plusieurs femmes. Elles ont une plus faible estime d’elles-mêmes que les hommes alcooliques et que les femmes non-alcooliques. Enfin, l’alcoolisme et la dépression ont une prévalence élevée chez ces femmes. Il se pourrait que les femmes déprimées soient particulièrement susceptibles de développer une dépendance vis-à-vis de l’alcool, et, a fortiori, vis-à-vis de l’alcool et des tranquillisants mineurs, et qu’elles soignent leur dépression avec ces psychotropes qui serviraient d’auto-médication.

Travail

L’examen de la situation des femmes en milieu de travail oblige à réévaluer la perception traditionnelle de la ménagère alcoolique qui boit seule, à la cachette. Un corps d’études confirme en effet l’hypothèse selon laquelle ce sont les femmes au travail qui, plus que les femmes au foyer, sont susceptibles de consommer de l’alcool et de devenir des buveuses à l’excès.

En nombre restreint, les études effectuées parmi les femmes occupant un emploi rémunéré signalent les jeunes femmes, les femmes mariées et celles vivant seules comme des groupes fragiles. Les problèmes de surconsommation des professionnelles, des ouvrières, des femmes ayant des antécédents d’alcoolisme dans la famille ou ayant des enfants on également été soulignés.

Étant donné l’importance croissante des femmes parmi la population active, il serait nécessaire d’établir plus clairement la situation des femmes alcooliques au travail, surtout dans les secteurs où la main-d’œuvre féminine est concentrée, afin d’élaborer des stratégies d’intervention et de prévention cohérentes.

* à suivre *

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