vendredi 27 février 2009

Toxicomanie Regard Sociologique 9e partie

Regard Anthropologique

Pour Ronald Verbeke, parler de toxicomanie c’est pouvoir poser les vraies questions : « Face aux comportements d’usage de drogues illicites, on en est toujours, dans nos sociétés francophones, à se poser la question : « pourquoi ces usages? » et à chercher une pathologie sous-jacente à ces comportements. La réponse est pourtant claire. Ces usages ne s’expliquent-ils pas tous, en fin de compte, du moins en occident, par la recherche d’états de conscience plus gratifiants, donc par la quête d’un peu plus de bonheur ou d’un peu moins de malheur? Certains parleront de plaisir plutôt que de bonheur de stress ou dépression plutôt que de malheur. Mais est-ce tellement différent? Dès 1929, dans « Das Unbehageninder Kultur », Sigmund Freud écrivait « l’action des drogues est à ce point appréciée et reconnue comme un tel bienfait dans la lutte pour assurer le bonheur ou éloigner la misère que des individus et même des peuples entiers leur ont réservé une place permanente dans l’économie de leur libido. On ne leur doit pas seulement une jouissance immédiate mais aussi un degré d’indépendance ardemment souhaité à l’égard du monde extérieur ».

Des Amérindiens aux pigmées d’Afrique Centrale, à travers toute l’histoire de l’humanité, existe-t-il une société qui n’ait pas recouru apparemment : les Eskimos, jusqu’à l’arrivée des Blancs, parce que rien ne poussait sur leur sol. Dans « The natural mind », que beaucoup considèrent comme l’ouvrage le plus lucide et le plus serein jamais écrit sur la problématique des drogues, Andrew Weil fait remarquer que l’usage des psychotropes est à ce point universel qu’il doit correspondre à un besoin inné, chez l’être humain, de variations périodiques des états de conscience.

* à suivre *

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