mardi 10 mars 2009

Toxicomanie Regard Anthropologique 11e partie

Et le sens du jeu se trouve dans le vertige extatique du moment où pourrait se produire la rencontre avec la chance, la possibilité entrevue de se fondre à Dieu, de pouvoir enfin le maîtriser. Après le plaisir extatique des premières planètes, après la démarche ascétique et solitaire (Valleur, 1983), la conduite ordalique peut être considérée comme la troisième modalité de la quête toxicomaniaque, que déjà De Felice avait rapproché d’une démarche mystique (De Felice, 1936).

Le sens des conduites ordaliques chez le toxicomane

Dans la prière muette du joueur à la chance, mais aussi dans celle du torero, du cascadeur, du toxicomane, nous avons pu, avec J. Charles-Nicolas, voir le mouvement du sujet remettant sa vie et tout son être entre les mains d’une puissance supérieure.

Et la caricature nous en est fournie par une situation non exceptionnelle dans notre pratique : un patient se présente pour la première fois à l’accueil de Marmottant. Il paraît vraiment très, très « raide », et plutôt que de le laisser traîner trop dans la salle d’attente, un accueillant ou un médecin l’entraîne vite à part dans un bureau. Le thérapeute en général hésite sur l’attitude à avoir : doit-il faire comme si de rien n’était – neutralité oblige – et attendre simplement ce que le patient pourra dire? « Est-ce qu’il fait remarquer qu’il exagère de venir ici dans un état pareil? Est-ce qu’il refuse de discuter et lui demander simplement de revenir plus clair?...Or, le patient, à peine rentré dans le bureau, s’écroule, pas forcément entre les bras du médecin, mais dans le coma. Nous ne savons rien de lui, simplement a-t-il eu le temps de dire qu’il voulait voir quelqu’un, et plus fréquemment un « toubib ».

* à suivre *

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