lundi 1 juin 2009

La Déduction - 1e partie

Qu’est-ce que déduire?

Tandis que la connaissance animale se réduit aux données immédiates de la sensation et aux associations qui en résultent automatiquement, l’homme peut, réfléchissant sur ce qu’il connaît déjà, augmenter son savoir : il a la faculté de raisonner.

Il y a déjà une ébauche de raisonnement dans l’analogie par laquelle on conclut d’un cas donné à un autre cas semblable; le raisonnement est plus explicite dans l’induction par laquelle de quelques cas on tire la loi générale de tous les cas de la même espèce; mais il n’y a de raisonnement logique que la déduction. C’est cette forme de raisonnement que nous avons à étudier en cherchant à préciser ce que c’est que déduire.

Dans cette étude, nous nous placerons successivement au point de vue du logicien et au point de vue du psychologue.

Le logicien ne s’occupe que de la pensée faite, nettement formulée en proposition : la pensée qui se fait, mêlée encore d’imprécisions et de virtualités, ne l’intéresse pas. Aussi donne-t-il de la déduction des définitions très nettes, encore qu’assez diverses.

Il est – ou il était – classique de définir la déduction le raisonnement qui conclut du général au particulier. On opposait ainsi la déduction à l’induction, qui consiste, au contraire, à conclure du particulier au général.
Mais on a fait remarquer avec raison que cette définition ne convient pas à tous les raisonnements déductifs. Elle est vraie, sans doute, si l’on s’en tient aux exemples classiques que l’on donne pour faire l’analyse du syllogisme : L’homme est mortel; or, Socrate est homme; donc, Socrate est mortel. Mais elle n’est pas vraie de la déduction mathématique : lorsque je dis : A= B; or B = C; Donc A = C, la généralité ou la particularité des termes n’entre point en considération. Bien plus, cette définition ne convient même pas à tous les syllogismes. En disant : Les vaniteux sont menteurs; Or, les philosophes ne sont pas menteurs; Donc, ils ne sont pas vaniteux, je ne conclus pas du général au particulier, mais de deux propositions générales j’en tire une troisième également générale.

* à suivre *

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