lundi 6 juillet 2009

La Mort - 18e partie

Le discours sera donc pour lui un sermon qui aura pour idée centrale la mort envisagée du point de vue chrétien. « La mort est la mesure que Bossuet applique aux joies, aux maux, aux désirs et aux agitations de l’homme ». C’est aux lumières supérieures qu’elle jette sur la vie que Bossuet éclairera ces grandes destinées dont il doit retracer l’histoire. L’oraison funèbre sera un sermon appuyé sur un exemple. « Ainsi Bossuet sauva la dignité d’un genre menacé par l’esprit courtisan » (J. Clavet), et assura la continuité de son action apostolique.

Retracer une grande existence, faire une biographie qui soit en même temps un portrait était donc le premier de ses devoirs. Ici se rencontrait une difficulté : comment dire la vérité sur une tombe qui vient à peine de se refermer sur un mort illustre, en présence de sa famille, de ses amis, alors que cette vérité ne fut pas toujours glorieuse, qu’elle fut même parfois scandaleuse? L’éloge traditionnel était souvent menteur, mais Bossuet ne se prêtera pas à la flatterie : « Nous ne donnons point de fausses louanges devant les autels ». Ce serait offenser le Dieu de vérité. Il ne fait qu’un minimum de concessions aux convenances les plus élémentaires.


* à suivre *

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