dimanche 5 juillet 2009

La Mort - 17e partie

Le nom de Bossuet s’attachera toujours à ce genre d’éloquence comme celui du plus grand orateur qui l’ait illustré. Il l’a surtout profondément transformé; il y a imprimé la griffe de son génie, en même temps que la marque de son âme sacerdotale.

Qu’était l’oraison funèbre avant Bossuet? Un discours d’apparat, pour lequel on demandait un orateur en renom, comme on suspendait des tentures autour du cercueil et dressait des catafalques. C’était au XVIe et au début du XVIIe siècle un débordement d’éloquences pédante ou frivole, pompeuse ou précieuse, pour louer princes, ducs, maréchaux, cardinaux de France, reines et grandes dames. La religion tenait là fort peu de place, comme, souvent, elle en avait tenu peu dans la vie des défunts.

Bossuet hésita, nous dit-on, à aborder un genre si profane. Il déclare dans une de ses premières oraisons funèbres : « Quand l’Église ouvre la bouche des prédicateurs dans les funérailles de ses enfants, ce n’est pas pour accroître la pompe du deuil par des plaintes étudiées, ni pour satisfaire l’ambition des vivants par de vains éloges des morts. Elle se propose un objet plus noble dans la solennité des discours funèbres : elle ordonne que ses ministres, dans les derniers devoirs que l’on rend aux morts, leur donnent un saint dégoût de la vie présente et que la vie humaine a donné à ses espérances trompeuses ».

* à suivre *

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