lundi 24 août 2009

Retour au Bercail - 3e partie

Près des trois quarts des malades qui retournent dans leur foyer montrent des signes plus ou moins grands de repliement et de claustration. Ils préfèrent la solitude à la compagnie d’autrui; les interactions sociales ne leur plaisent pas; peu d’activités suscitent leur intérêt; il leur est difficile de se sentir enthousiastes ou motivés par quoi que ce soit. Même leur hygiène personnelle peut être négligée. Plus rien ne semble les toucher. Toutefois, il faut se rappeler que ces réactions sont prévues et ne pas interpréter le manque d’intérêt comme un affront dirigé contre vous ou contre votre famille. Il est important de proposer des activités récompensées et d’encourager la participation (la récompense est plus efficace si elle est tangible), mais il ne faut pas se vexer si les suggestions sont rejetées. L’ex-malade a besoin d’appui et de structure; il s’adapte mieux à une routine quotidienne qu’à des exigences inattendues.

Quoique rares, les agressions sont possibles et généralement motivées par la crainte. Il faut rester calme et éviter les disputes. On doit prévoir autant d’espace vital que possible et ne pas approcher la personne, au sens physique. Un comportement agressif signifie probablement la nécessité d’un traitement plus efficace.

La dépression est fréquente et le risque de suicide constitue malheureusement une menace constante. Le schizophrène en convalescence se sent souvent excessivement vulnérable, désoeuvré, embarrassé et honteux de son comportement morbide, et il est surtout incapable de surmonter les stigmates de sa maladie mentale. La poursuite du traitement permettra d’effacer ces sentiments dépressifs, mais les proches devront être capables d’écouter le désespéré sans se laisser entraîner eux-mêmes. Il faut empêcher le malade de se faire du mal et mettre le thérapeute au courant.

Certains symptômes ou agissements sont particulièrement troublants parce qu’ils rappellent ce que le malade a vécu avant l’épisode de schizophrénie. De tels signes peuvent laisser présager un danger pour cette personne même si, objectivement, ils semblent anondins. Par exemple, l’insomnie nocturne constitue un symptôme courant et n’est généralement pas alarmante. Elle peut toutefois revêtir une importance particulière chez certaines personnes. Lire la Bible, retirer les plantes de la pièce, s’habiller de noir, peuvent paraître des agissements inoffensifs mais ils peuvent signifier un trouble chez une personne donnée. Il est important que les familles soient sensibilisées à ce genre de symptômes précis et qu’elles communiquent leur inquiétude au médecin traitant ou au thérapeute.

* à suivre *

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