samedi 22 août 2009

Retour au Bercail - 2e partie

Beaucoup de schizophrènes éprouvent de la difficulté à communiquer une idée. Ils s’efforcent de se faire comprendre des autres mais ils ne réussissent qu’à créer un sentiment de frustration mutuelle. Il arrive que le fait d’écrire cette idée améliore la compréhension. Certaines personnes estiment que les schizophrènes s’expriment mieux par le dessin, la musique ou le mime qu’avec des mots, qui leur semblent particulièrement difficiles.

L’expression du visage est parfois un meilleur indicateur de l’idée à transmettre que ne le sont les mots. Certains schizophrènes deviennent complètement « perdus »; ils ne répondent pas aux questions et se mettent plutôt à regarder fixement dans l’espace. Le mieux est de ne pas s’en formaliser et de poursuivre tout bonnement la conversation. La rudesse et l’acharnement ne sont pas les causes de cet état, ce sont les traces qu’a laissées la schizophrénie.

Les membres de la famille peuvent découvrir que l’ex-malade ne peut suivre de simples instructions et se demandent s’il n’a pas définitivement « perdu ses capacités intellectuelles ». Ce n’est pas le cas. C’est plutôt comme si son esprit était à la merci d’une stimulation compétitive. Il faut essayer de donner les instructions dans un endroit calme, une à la fois, et veiller à ce que les distractions extérieures soient réduites au minimum.

Certains ex-malades se plaignent de ne pas pouvoir se concentrer ou d’être incapables de lire. Nous avons tous déjà éprouvé des problèmes semblables; par conséquent, nous avons tendance à proposer nos propres solutions et à nous sentir ensuite vexés si l’autre n’essaie même pas de les mettre en pratique. Il vaut mieux ne pas proposer de solutions à moins qu’elles ne soient spécifiquement demandées. Le fait de rassurer la personne et de lui affirmer que ses capacités reviendront avec le temps semble beaucoup plus utile.

Les sautes d’humeur sont fréquentes et l’ex-malade peut éprouver de la difficulté à entretenir une émotion, quelle qu’elle soit. C’est une situation à laquelle il faut s’attendre et le comportement le plus approprié consiste à garder une distance affective relative : pas de démonstration exubérante des sentiments, pas de conversation à cœur ouvert, pas d’interaction qui serait trop stimulante. Il n’est pas facile d’apprendre à entretenir une relation distante avec un proche parent mais cette situation crée le climat affectif le plus favorable à la guérison du schizophrène.

* à suivre *

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