lundi 7 septembre 2009

Retour au Bercail - 16e partie

SYMPTÔMES POSITIFS

Hallucinations

Les hallucinations sont des perceptions fausses, des inexactitudes qui affectent nos sens et nous amènent à entendre, voir, goûter, toucher ou sentir des choses qui n’existent pour personne d’autre. Au cours des phases aiguës de la schizophrénie, le patient insistera probablement sur le fait qu’il entend des voix qui lui seul peut entendre. Il entend parfois des bruits, des claquements ou des sons qui ne sont pas des mots. Bien que cela soit plus rare, il lui arrive de voir, de sentir ou de ressentir des choses que les autres ne peuvent déceler. La description de ces perceptions diffère d’un patient à l’autre. Il s’agit parfois d’idées qui s’imposent et qui lui apparaissent comme étant importantes. Cependant, elles semblent souvent provenir de l’extérieur de la personne et elles sont perçues comme des conversations entre d’autres personnes, ou encore comme des ordres ou des compliments (ou des insultes) à l’endroit du patient. À certains moments les voix sont rassurantes, à d’autres moments elles se font menaçantes. Assez souvent, les remarques entendues ne s’adressent pas au patient bien qu’elles semblent le concerner d’une certaine façon (elles peuvent même être désobligeantes). Les individus qui entendent ces voix affirment qu’elles sont « comme une bande magnétique qui joue dans ma tête ». L’expérience est à ce point réelle que plusieurs schizophrènes sont convaincus qu’on leur a implanté un émetteur dans la tête. Ils peuvent aussi en arriver à croire que cette sensation étrangère est d’origine surnaturelle. Elle est tellement réelle pour le patient qu’il lui est impossible de l’écarter comme étant seulement le fruit de son imagination.

Au cours des périodes de convalescence, les patients ont le dessus sur leurs « voix »; souvent ils peuvent les entendre ou les écarter à volonté. Ils peuvent aussi apprendre à ne pas en tenir compte ou à les considérer comme des incidents bénins de la vie courante. Cependant, au cours des épisodes aigus, les hallucinations (généralement les mêmes d’un épisode à l’autre) prennent le dessus, et le patient a alors l’impression d’être une victime impuissante à la merci d’une « présence étrangère ».

Les patients et leur proche doivent admettre que les hallucinations sont des symptômes de la maladie. Il ne sert à rien de discuter de leur existence objective ou de leur vraisemblable. L’expérience est vraie et très réelle et il faut l’accepter comme telle. Les tentatives visant à « redresser la personne » entraînent de la résistance, de la tension et de l’hostilité. Il est néanmoins utile de préciser au patient que les autres n’entendent pas, ne voient pas, ne sentent pas et n’éprouvent pas les mêmes choses que lui. Cela permet d’identifier cet épisode comme une expérience spéciale vécue par le patient, qu’il soit ou non en mesure de l’accepter comme un symptôme de la maladie. Au moins, tous et chacun sont à même de reconnaître qu’il se passe quelque chose.

Les hallucinations répondent bien à une diminution du stress et à une augmentation des doses d’antipsychotiques. Il est important de garder le patient occupé puisque cela constitue une distraction utile. Les autres stimuli peuvent parfois entrer en concurrence avec les « voix » et les faire taire. Il faut encourager le patient à parler avec son thérapeute de ses hallucinations, de leur moment d’apparition et de leur contenu. Cela peut aider à découvrir la nature du stress qui les provoque. Une autre stratégie utile consiste à faire voir au patient qu’il a un certain pouvoir sur ses hallucinations. Souvent le patient a inconsciemment pris l’habitude d’écouter ses voix comme si celles-ci s’adressaient à un objet passif. Il peut être étonnamment efficace d’orienter son esprit vers d’autres centres d’intérêt et de l’aider à reconnaître qu’il n’a pas besoin d’attendre la manifestation de ses voix. Il s’agit là de techniques que le patient met lui-même au point avec le temps et dont l’apprentissage comporte de nombreux tâtonnements. Il est important d’encourager le patient à persévérer, à ne pas abandonner, à parler de ces choses avec le thérapeute et de l’assurer de la compréhension de sa famille et de ses amis intimes. Entendre parler constamment d’hallucinations peut devenir exaspérant, mais il est facile de comprendre que ces événements extraordinaires préoccupent le patient. Les hallucinations chroniques doivent être acceptées comme faisant partie de la vie de tous les jours et elles ne constituent habituellement pas une excuse suffisante pour s’exempter de participer aux activités ou aux travaux ménagers.

* à suivre *

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