jeudi 10 septembre 2009

Retour au Bercail - 19e partie

Symptômes Positifs

Préoccupations

Il s’agit d’idées fixes qui ne sont pas nécessairement fausses (comme dans le cas du délire), mais amplifiées. Elles revêtent donc une importance extraordinaire et le patient dépense un temps énorme à les retourner dans sa tête.

La même idée peut revenir sans cesse à l’esprit du patient. Il s’agit souvent d’une préoccupation suscitée par le désir de faire ce qu’il faut, de bien le faire et de le faire à temps. Généralement cette préoccupation grandit et devient irréaliste. Les choses se passent couramment ainsi : la préoccupation consume tellement du temps du patient que celui-ci n’accomplit pas « ce qu’il faut faire » et attribue alors cette omission aux mauvaises intentions d’autrui. Le patient peut aussi rationaliser son incapacité d’agir en invoquant la volonté de Dieu. Tout aussi souvent, il peut lui arriver de conclure qu’il est physiquement incapable d’accomplir la tâche.

Voici quelques exemples d’explications non réalistes : « Je ne peux pas me lever parce que je suis paralysé. » « Je suis censé rester au lit aujourd’hui parce que c’est le jour du Seigneur. » « Si je me lève, je vais me blesser. »

Ces explications semblent bizarres à l’entourage du schizophrène, mais elles paraissent justifiées au patient lui-même. Celui-ci ne comprend pas pourquoi les autres n’y voient que des « excuses ». Il lui semble que les explications qu’il invoque pour rendre compte des faits sont meilleures que n’importe quelle autre.

Ces préoccupations ont parfois pour le patient un caractère mystifiant. Elles semblent exiger une réflexion intense et un décodage. Le schizophrène consacre beaucoup de temps à cette activité et c’est pourquoi il croit avoir résolu des énigmes que les autres n’ont pas éclaircies puisqu’ils n’y dépensent pas de temps. Lorsqu’il est perdu dans ses pensées, il ne veut pas en être distrait. Il lui semble qu’il a une tâche importante à accomplir à ainsi essayer d’en arriver au fond du « problème » et, à ces moments-là, il n’apprécie pas les tentatives faites par autrui pour amorcer la conversation ou l’impliquer dans des activités.

Les préoccupations se manifestent généralement au cours de la phase active de la maladie, mais elles peuvent persister durant la convalescence et elles peuvent prendre la forme des rêveries diurnes. Il ne faut pas les laisser régir la vie du patient ou de ses proches. En ce sens, les distractions sont utiles tout comme peuvent l’être la discipline et un emploi du temps quotidien qui laissent peu de temps au patient pour s’asseoir et penser. Il faut veiller à assurer les nécessités de la vie tels le sommeil, la bonne alimentation, l’exercice, l’air frais, la propreté, la santé et les contacts sociaux. Les préoccupations ne doivent pas perturber la satisfaction de ces besoins. Si la chose se produit, c’est probablement qu’il faut augmenter la dose des médicaments.

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