lundi 14 décembre 2009

LA PERSONNALITÉ - 31e partie

Depuis de nombreuses années, beaucoup de penseurs ont élaboré des théories concernant la perception de soi et la conscience de soi. En ce sens, les théories les plus anciennes remontent aux Grecs, mais le véritable envol a été donné par le philosophe René Descartes avec ses interrogations sur la relation entre le corps et l’esprit. Descartes découvrit sa propre existence par induction et déduction. Il s’agissait, en effet, des premiers jalons expérienciels portant sur la connaissance de soi.

Pierce (1868) et Wundt (1880) ont été les premiers à affirmer l’existence de la conscience de soi et à réfléchir sur son origine. James (1890) a identifié deux approches afin de mieux comprendre le soi, l’une considérant le soi comme élément de connaissance et l’autre comme un objet connu. James fut également le premier à faire une distinction entre le soi spirituel, le soi matériel, le soi social et le soi corporel. Il observa que la façon d’être et d’agir d’une personne dépend entièrement de la manière dont on se perçoit. Il en vint à conclure que nos sentiments de valeur de soi et d’estime de soi se développent à partir de la perception que l’on a de soi en comparaison avec les personnes aux habiletés, aux talents et aux aptitudes semblables aux nôtres (Baulu-MacWillie, 1981, p.11).

Ce n’est véritablement qu’à partir de Freud (1923) que l’on retrouvera dans la littérature un lien entre la vie psychologique, le comportement et la perception de soi. Il nous apparaît nécessaire et utile de consacrer une bonne partie de cette partie à l’étude de sa pensée sur le sujet, ainsi que sur la perception de soi, l’âge et la personnalité en nous attardant plus spécifiquement aux contributions d’Erikson et de Maslow. En fait, tout le courant des humanistes, issu de la pensée psychanalytique, accorde une place prépondérante aux expériences infantiles dans le développement du moi. Luborsky (1964) nous explique que, dès l’enfance, l’être est pris dans une forme d’immobilisme où il n’y a pas d’issue. Pour Baltes et Goulet (1971), le développement s’arrête avec la fin de l’adolescence, alors que pour Lefebvre-Pinard, 1980, p.58, l’adolescence marque un état terminal, un genre de plateau, de relative stabilité.

Analysons la notion de la perception de soi en regard de la grille d’évaluation soit l’échelle des âges (l’expression est de Michel Phillibert) selon Freud, Erikson et Maslow.

La perception de soi a toujours eu une place prépondérante dans l’histoire de la psychanalyse. Dans l’œuvre de Sigmund Freud en particulier, elle est associée au moi qu’il distingue bien du ça et du surmoi; aujourd’hui cependant, les nouveaux théoriciens de la psychanalyse ont laissé partiellement de côté la pathologie pour véhiculer une conception plus normale de la personnalité. L’accent est mis sur la survie de l’individu et les fonctions innées d’adaptation. La psychanalyse s’élabore différemment suivant la personnalité et les recherches de certains auteurs. Quelques uns vont insister sur les pulsions libidinales, d’autres sur l’environnement ou les tendances innées d’adaptation, etc.

Nous brosserons dans les pages qui suivent un tableau d’ensemble de l’importance et de l’évolution des perceptions de soi en fonction du critère âge et des besoins fondamentaux selon Freud, Erikson et Maslow.


* à suivre *

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