mercredi 10 février 2010

LA PERSONNALITÉ -- 96e partie

De toute la littérature consultée, rien n’indique que la variable perception de soi n’a été analysée en fonction des besoins des retraités.

Pourquoi choisir l’approche phénoménologique? Cette approche a pour objet la description de l’expérience vécue (Giorgi, 1970 et 1978; l’Écuyer, 1975 et 1978; McLeod, 1972; Valle et King, (1978). L’approche phénoménologique se marie très bien avec l’apport de la psychologie humaniste (Rogers, 1961; Morris, 1966) et de la psychologie humaniste (Rogers, 1961; James, 1926; Maslow, 1962 et 1969; Perls, 1976; Allport, 1971).

Comme disait Sabourin, 1981, p.19 :

…le concept de soi constitue une structure phénoménale, i.e., une portion
différenciée du champ de conscience qui regroupe toutes les perceptions qu’un
individu a de lui-même, perceptions qui sont investies d’un jugement de valeur
et organisées de façon consistante.


La perception de soi dans une perspective phénoménologique globale a fait l’objet de premières études par Combs et Snygg (1959), Perron, (1959); Raimay, (1971 et 1975); Rogers (1961) et Shlien (1962).

Selon Combs et Snygg (1959), le comportement d’une personne est indissociable de son champ phénoménologique c’est-à-dire ce dont un individu est conscient au moment de son action. Ce champ se fonde en un soi phénoménologique composé des diverses perceptions que l’individu a de lui-même et qui le guide dans son agir pour être en harmonie avec lui-même.

Comme l’indique Toulouse 1974, pp. 1 et 2 :
…à l’intérieur du champ phénoménologique de l’individu on peut postuler
l’existence d’une représentation consciente de soi telle que vue, perçue et
expérimentée par l’individu dont la somme constitue le concept de soi.


L’homme a la capacité de se faire une image personnelle de ce qu’il est et de ce qu’il représente aux yeux des autres. Il est capable de percevoir son propre comportement, de se voir agir. C’est la perception de soi, la perception que l’individu a de lui-même en tant qu’objet d’observation, en tant qu’acteur et en tant qu’observateur.

La perception de soi est considérée par plusieurs auteurs (Allport, 1955; Bromley, 1977 et 1978; L’Écuyer, 1975 et 1978; Pierce et Chiriboga, 1979; Dallaire, 1979; Baulu-McWillie, 1981; Sabourin, 1981 et Rosenberg, 1979) comme une structure multidimensionnelle composée d’éléments hiérarchisés qui se modifient selon l’âge et le sexe. La perception de soi est alors perçue comme un ensemble, un tout.

La perception de soi comme un ensemble repose sur des sous-ensembles. Pour Mable et Rosenfield (1966), Manis (1955) et Taylor (1953) il y a une structure cognitive à la perception de soi formée des idées, des images et des opinions que la personne a d’elle-même. C’est ce qui constitue le premier sous-ensemble.

Le deuxième sous-ensemble est composé des impressions des sentiments que la personne éprouve à son égard (Rogers, 1961 et Super, 1963) de même que des évaluations subjectives (O’hara et Tiedman, 1959; Klausner, 1953). Il s’agit d’un jugement personnel d’évaluation que l’individu fait de lui-même. L’expression estime de soi est souvent confondue avec le type d’évaluation subjective (Coopersmith, 1959 et 1967).

Le comportement forme le troisième sous-ensemble. L’individu se voit comme acteur, il anticipe ses propres réactions. En se voyant agir, il développe une image de ses propres comportements.

Par définition, un comportement s’exprime en actes ou en gestes; il est donc directement lié dans la mesure où un comportement reflète une attitude (Fernandez et Dieshein 1979; pp. 26 et 27).

Ces trois sous-ensembles interreliés constituent un dynamisme appelé perception de soi. Il faut se rappeler que les théoriciens de la Gestalt s’opposent farouchement à toute vision réductionniste, le tout étant plus grand que la somme de ses parties. « Le tout génère une dynamique spécifique qui ne peut être épuisée par l’étude de chacune des parties » nous dit Toulouse, 1974, p.3.

Plusieurs psychologues se sont interrogés sur l’étude scientifique de la perception de soi (Allport, 1955; Hilgard, 1949; Lowe, 1968). Pour certains, il subsiste encore aujourd’hui une ambivalence à ce sujet (Gergen, 1977;Hilgard, 1980; Mischel, T., 1977; Mischel, W., 1976; Pervin, 1978; Rychlak, 1976). Par contre, Hamechek, (1978), L’Écuyer (1975 et 1978), Shlien (1962), Shrauger et Schoeman (1979) et Wylie (1961, 1964, 1974 et 1979) démontrent largement que le domaine de la perception de soi est toujours d’actualité. Il nous apparaît impossible de vouloir et de pouvoir répondre à cette question de façon définitive, toute réponse serait alors fragmentaire et partielle.

* à suivre *

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