samedi 22 mai 2010

COMPRENDRE L'IDENTITÉ MASCULINE 10e partie

Le comment faire

Le groupe est animé par un homme ou coanimé par deux hommes ou un homme et une femme. Quand les garçons arrivent, les animateurs leur disent qu’il s’agit d’une occasion de participer à des activités amusantes qui leur permettront d’explorer ce que c’est d’être un gars. On leur dit qu’ils peuvent dire ce qui leur passe par la tête, que presque tout sera considéré comme pertinent et significatif (Malekoff, 1997). L’objectif est de dissoudre le mur de honte qui les sépare de leurs propres affects. Au fur et à mesure que se dissout le mur, ils refont connaissance avec ces affects, découvrent leurs sens et se les réapproprient de manière à ne pas les percevoir comme des menaces à leurs masculinités.

Les reflets, reformulations et autres interventions des animateurs approfondissent l’échange herméneutique. Les dynamiques de groupe y sont aussi pour beaucoup. En plus, d’exprimer leurs propres idées et affects, les participants témoignent des autres qui s’expriment de façon masculine, dans des corps masculins et avec un langage non verbal masculin. Ils ont l’occasion de constater qu’il est possible d’exprimer une grande gamme de pensées et d’affects sans que cela ne soit catastrophique pour leurs masculinités. Ce vécu est assimilé comme autant de manières d’être un gars.

Ces phénomènes de miroir et de modelling se produisent également vis-à-vis des animateurs masculins. Quand il s’agit d’un modèle avec une coanimatrice, la présence d’une femme peut parfois inhiber l’expression des participants, surtout en ce qui concerne les propos sexuels. Par contre, cela procure aux participants l’occasion de voir une relation homme-femme où règne la coopération et de s’habituer à parler de leurs affects en présence d’une femme (Meuner et Roy, 2000). En fait, certains garçons réagissent de façon positive à la présence maternelle d’une coanimatrice. Une coanimation homme-femme permet aussi la reproduction du triangle oedipien au sein duquel le garçon peut cheminer de la mère vers le père sans pour autant perdre la disponibilité de la mère.

Il arrive parfois que l’animateur adopte un rôle plus féminin et maternel et que l’animatrice assume un rôle davantage masculin et paternel. Par exemple, l’animateur peut se pencher sur la facilitation de la verbalisation des affects pendant que l’animatrice s’occupe de maintenir l’ordre et la discipline au sein du groupe. Ceci permet aux participants d’observer la flexibilité des rôles sexuels.

L’Oiseau de feu ne propose pas de recettes quant à l’identité masculine. Les participants suivent leurs propres chemins et en arrivent à leurs propres conclusions. Le modèle est donc heuristique.


* à suivre *

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