mardi 8 juin 2010

L’HOMME VIOLENT ET LA RELATION D’AIDE - 6e partie

Motifs des clients en milieu/fin de programme : les premiers pas vers la responsabilisation

Au niveau des clients en milieu/fin de programme, les attributs se répartissent assez également entre les attributs suivants : ses agressions, conflits de couple et rupture. Toutefois, on pourra noter la différence du regard rétrospectif quant à la perception de la situation vécue comparativement aux répondants en début de programme.

Ainsi, dans l’attribut ses agressions, le répondant suivant parle de son besoin d’aide et des conséquences de la violence dans sa vie et dans celle de son entourage :

Je dirais un état de crise (…) j’ai besoin d’aide, ce n’est plus juste un saut
d’humeur à l’occasion, ça devient… j’ai pas attendu non plus de garrocher ma
copine dans les murs mais c’était déjà assez grave (…)…à un moment donné tu te
dis si t’es pour vivre de même toute ta vie à faire du mal à toi pis ensuite à
tous les autres qui ont pas rapport pis qui méritent pas ça (…) j’ai pas envie
de passer ma vie dans cet état-là.


Cet autre répondant, quant à lui, parle de conflit de couple dans le sens d’une escalade mutuelle. C’est lors d’un incident où leur enfant de 4 ans a reçu une gifle que le répondant a réalisé les conséquences du climat de violence dans son couple :

Mon épouse a frappé (ma fille la) la plus vielle. (…) Là, la semaine après ma
femme a encore giflé la petite (…). Là un moment donné un soir j’ai dit : « Faut
qu’on se parle » (…) Puis…elle a dit : « Non, non, on va s’en reparler demain ».
Puis là j’ai pris panique, j’ai vidé son garde-robe, j’ai fait ses valises, (…)
On s’est rappelé par après. Elle est venue me revoir le lendemain. On a regardé
qu’est-ce qu’on pouvait faire puis c’est là qu’on a décidé.


À ce stade-ci, le répondant parle de responsabilité partagée quant à la violence, tout en précisant que c’est lui qui mettait la limite aux aspects de violence psychologique seulement :

Là j’ai dit : « Non ». Nous on avait comme principe, verbal, des menaces,
c’était correct. Quand ça débordait sur le physique….je m’étais mis une barrière
psychologique, physique on pouvait pas…on pouvait pas transgresser cette
barrière-là.
Voici le dernier cas d’un répondant en milieu de programme qui attribue son motif à commencer une thérapie à sa situation de rupture, craignant de devenir violent envers sa conjointe, se définissant surtout comme violent envers lui-même :


Mais je suis violent envers moi-même (…). C’est pour ça que j’ai été là parce
que ma violence je la retournais contre moi, contre mes choses (…). Bien c’est
là, c’est comme, ça a été ma séparation, c’est ma séparation qui a eu lieu puis
tout ça. Puis vu que je vivais mal un peu ma séparation puis tout ça, j’ai dit :
« Avant que je fasse une gaffe puis que je devienne violent, bien j’aime autant
aller voir cet organisme-là qui va m’aider ».

* à suivre *

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