mardi 15 juin 2010

THÉRAPIE CONJUGALE, POURQUOI FAIRE? 1e partie

INTRODUCTION

La thérapie conjugale a été développée par des psychanalystes qui ont axé leurs études et leurs interventions sur les individus dans le couple (Bergler; Greene; Grunebaum et Christ; Martin). Ils n’ont pas prêté attention au mariage comme tel. Dans les années soixante et soixante-dix, la thérapie conjugale est passée du domaine des psychanalystes et des psychiatres à celui des travailleurs sociaux à cause de leur fonction de soutien et de protection des familles. La théorie des systèmes a alors eu des répercussions profondes sur le travail avec des familles. Peu à peu, la thérapie conjugale est également devenue plus systémique : c’était l’approche préférée de l’American Association for Marriage and Family Therapy et aussi des Écoles de service social à Montréal, comme l’université McGill et l’Université de Montréal. L’accent est passé de l’individu au système. Des travailleurs sociaux en milieu universitaire, dans les agences et les hôpitaux. Shirley Braverman estime que les intervenants sociaux ont perdu de vue l’individu dans le système à cause de leur accent sur la pensée systémique.

La documentation des années quatre-vingt a clarifié l’approche systémique et a décrit différents modèles de thérapie conjugale. La plupart étaient basés sur les concepts psychodynamiques et systémiques (Freeman; Jacobson et Gurman; Weeks; Paolino et McGrady). Ces auteurs essayaient d’intégrer les modèles (Braverman). Néanmoins, il existait une lacune pour les cliniciens : aucun schéma ne pouvait clarifier le moment de passer de la thérapie conjugale à une thérapie individuelle. Ayant l’expérience avec plusieurs étudiants où leurs cas cliniques ont abandonné la thérapie de couple subitement, l’auteure a décidé d’étudier ces cas pour voir où était le point tournant. Pourquoi la supervision n’a-t-elle pas été capable de mettre le doigt sur le mécontentement des clients vis-à-vis la thérapie? Souvent, les étudiants savaient qu’ils ou elles tournaient en rond, mais ne savaient pas comment s’en sortir. Après avoir étudié plusieurs cas de personnes qui ont quitté la thérapie de façon inattendue, l’auteure s’est rendu compte que les cas où les gens avaient une peur de l’intimité, sous-jacente aux problèmes présentés, étaient ceux qui abandonnaient la thérapie subitement.

Cette connaissance a donné naissance à la thèse proposée dans cet article : que les problèmes d’intimité sont mieux traités dans une thérapie individuelle que dans une thérapie conjugale systémique.

Comment savoir quand c’est le moment de passer du conjugal à l’individuel? Pour traiter de ce thème, l’article décrira d’abord les caractéristiques de l’intimité ainsi que la manière dont elle se développe chez l’enfant, selon les théories psychanalytiques relationnelles. Il y aura ensuite une description de cinq patterns différents qui sont des signes indiquant, selon cette étude, qu’il est temps de passer à la thérapie individuelle. La conclusion affirmera le point de vue de l’auteure selon lequel, pour les intervenants sociaux, l’approche thérapeutique ne doit être ni systémique ni psychodynamique mais qu’une intégration des deux est nécessaire.


* à suivre *

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