jeudi 17 juin 2010

THÉRAPIE CONJUGALE, POURQUOI FAIRE? 3e partie

THÉORIES PSYCHANALYTIQUES

Les théories psychanalytiques basées sur les relations humaines plutôt que sur les instincts nous permettent de bien comprendre l’individu dans le contexte de sa famille. Ces théories offrent des ponts valables entre les théories psychodynamiques et la théorie des systèmes. Samuel Slipp, David et Jill Scharff ont essayé d’intégrer la théorie de la relation d’objet avec la thérapie de la relation d’objet avec la thérapie de couple et de famille. Une autre théorie relationnelle psychodynamique, la psychologie du soi (Kohut), apporte une dimension différente au niveau du développement de l’individu et augmente davantage cette intégration. Elle est particulièrement utile avec les couples et les familles où certains individus souffrent de troubles narcissiques.

D’où vient l’instabilité du soi typique aux individus typique aux individus qui ont peur de l’intimité? Au cours de leur développement, la proximité émotionnelle leur a apporté beaucoup de peine et un sentiment de menace du soi (Lansky). Ils se protègent, soit en niant toute différence entre eux-mêmes et les autres, soit en érigeant des obstacles énormes entre eux et les autres (Scharff et Scharff). Ils ont un niveau de différentiation de soi assez bas. Par conséquent, ils développent une tendance à se perdre dans une relation ou à se tenir à l’écart. Habituellement, ils sont amenés à consulter par le conjoint.

Même dans les mariages non perturbés, on retrouve une complémentarité conjugale. Les thérapeutes savent qu’un individu ne peut pas avoir une relation conjugale à long terme avec quelqu’un qui diffère grandement de lui en maturité et en structure psychique (Giovacchini; Dicks; Bowen). Christopher Dare, un thérapeute britannique, dit : « Ce qui se passe dans un mariage doit être compris comme une expression des aspects fondamentaux de chacun des partenaires. Les concepts psychanalytiques – comme l’inconscient, la collusion (complicité inconsciente), l’identification projective – nous ont aidés à comprendre que dans un système (en faisant référence plutôt au système conjoint), les individus ont l’air d’être différents l’un de l’autre à la surface mais, en profondeur, chacun porte un aspect de l’identité de l’autre (i.e. les objets internes, les différentes identités qui font partie de la structure psychique de l’individu) (Dicks; Zinner; Willi). Néanmoins, les deux membres d’un couple ne sont pas identiques et, malgré leur similitude intérieure, chacun possède une gamme de capacités relationnelles qui lui est propre. C’est exactement sur cette différence relationnelle que le thérapeute du couple doit porter son attention.


* à suivre *

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