mercredi 7 juillet 2010

L'HOMME FACE À LA SÉPARATION : 2e partie

Poursuivant l’article de Jean-Martin Deslauriers dans Le père et la communication des sentiments

La communication des sentiments constitue une attente nouvelle à laquelle on demande aux hommes de répondre. Des hommes ont le sentiment de le faire. À leur manière, ils démontrent l’amour par des gestes; l’action constitue un canal privilégié pour exprimer l’amour (Dulac). « Bien, pour moi, l’important, c’était de leur montrer que je les aimais, puis de leur fournir tout le matériel, maison, habillement, les ci, les ça, l’école ». (Antoine).

La difficulté survient plus souvent lorsque les gestes sont le seul mode d’expression de l’affection. Même si l’action constitue la « preuve d’amour » de façon très tangible, peut-être n’a-t-elle pas autant de sens pour la femme, si elle n’est pas accompagnée de mots pour le dire. Également, nombreuses sont les situations où l’action s’avère impuissante à supporter et réconforter ceux qu’il aime; il s’agit là d’une limite que des pères plus traditionnels peuvent rencontrer. Certains diront alors à leurs enfants qu’un homme ne pleure pas, il ne démontre pas de doute, il guide, etc. Ainsi, les stéréotypes rigides constituent un facteur de vulnérabilité de l’exercice de la paternité que la conjointe est plus douée, entre autres pour la communication, le père peut être porté à céder sa place.

Le père et le partage des tâches

Effectivement, voyant que leur conjointe prend l’éducation des enfants en charge, des pères plus traditionnels y verront un ordre naturel des choses et se concentreront sur la sphère publique de leur vie plutôt que domestique (Dulac).

Le niveau de responsabilité que les femmes prennent, des fois, mais ne même
temps, il y a une partie qui fait leur affaire, parce que c’est une partie
qu’elles contrôlent, ça leur appartient. Je savais qu’il y a des choses qui
appartenaient à T. (ex-conjointe), qui étaient chères pour elle. Puis, ça
faisait mon affaire en même temps, c’était correct ce genre d’organisation
familiale traditionnelle, je ne me sentais pas dévalorisé. (Benoît).

Cette réflexion au sujet du partage des responsabilités amène une autre question nouvelle : Est-ce possible que, malgré tout, des mères trouvent certains gains secondaires à porter ces responsabilités familiales?

Quant à la question des responsabilités financières, des hommes étaient en désaccord – et certains le sont toujours – avec le fait que leur conjointe gagne un salaire, malgré que ce deuxième revenu allège le fardeau financier supporté par le père (Dorais). Des hommes sentent qu’ils ne remplissent pas leur rôle de pourvoyeur de façon adéquate si leurs conjointes assument cette responsabilité avec eux. De leur côté, des femmes se sentent peut-être moins compétentes dans leur rôle de mère, si leur conjoint assume cette responsabilité avec elles. Encore là, un parallèle peut se faire avec un homme qui apprécie que sa conjointe rapporte un revenu important au compte familial. Cependant, si elle gagne autant ou plus que lui, il est possible qu’il se sente diminué, car les hommes se jaugent à leur réussite économique et à leur statut social (Dorais).

C’est paradoxal, ça faisait son affaire que j’étais un bon papa mais, en même
temps, ça ne faisait pas son affaire que les gens le reconnaissent, que les gens
disent : B, c’est un bon papa, il s’occupe des enfants, il fait sa part puis il
fait tout ce que toi tu peux faire (Benoît).
Même si des pères s’engagent de façon plus intime auprès de leurs enfants, composer avec leur vie de travailleur demeure un défi (Dulac).


* à suivre *

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