vendredi 2 juillet 2010

VIOLENCE DES JEUNES À L'ÉCOLE PRIMAIRE - 7e partie

Quelques leçons pratiques…

La collaboration de tous les acteurs est essentielle au succès de tels projets. La formation des comités fut précieuse à cet égard. Cependant, le projet fut précieux à cet égard. Cependant, le projet fut proposé aux écoles et non créé par celles-ci; aussi, à répéter l’expérience, faudrait-il prévoir davantage de temps et d’énergie à harmoniser les conceptions de la violence et de l’intimidation, à créer une véritable synergie autour de la question et des modalités d’intervention proposées dans le projet. Il importe que la direction soit bien enracinée dans la communauté desservie par l’école. La clef du succès réside dans la flexibilité et le respect de la culture du milieu (école, quartier). Le principe de fond demeure toujours que l’école a la responsabilité d’initier un climat et des pratiques favorisant l’harmonie entre les enfants, de fournir aux parents des moyens pour intervenir auprès de leurs enfants, qu’ils soient victimes, abuseurs ou témoins de cette violence.

La sensibilisation de tous les acteurs à l’intimidation est essentielle au programme. Certains se disent déjà très sensibles au problème, mais plusieurs d’entre eux éprouvent des difficultés à le définir et à l’identifier sur le terrain. Il est donc nécessaire d’en parler, d’allouer plus de temps à la formation du personnel scolaire (de la direction au personnel clérical et des transports), de lui fournir des outils pratiques pour observer les situations de conflit, les désamorcer et intervenir efficacement.

Les activités présentées aux enfants doivent éveiller leur intérêt et faciliter leurs apprentissages. Aussi, les sessions en classes portant sur les habiletés sociales de base doivent être très concrètes, simples, directes et accessibles aux enfants (beaucoup de matériel visuel et tactile, des manipulations, des jeux de rôles, affiches, bandes dessinées géantes, concours de toutes sortes…). Les élèves plus âgés peuvent être sollicités pour animer les jeux des plus jeunes, responsabilités que plusieurs adorent; les plus négatifs, opposant refus ou obstruction, peuvent être retirés de la cour de récréation aux moments opportuns. Les activités de groupe, pour victimes ou pour agresseurs, doivent être bien présentées aux enfants; un travail de sensibilisation aux difficultés personnelles et aux avantages de l’entraide doit commencer dès le début du projet, impliquer les enfants et leurs parents. Par ailleurs, pour favoriser l’homogénéité des groupes, il est bon d’éviter un trop grand écart d’âge entre les participants, et même de tenir compte des niveaux de scolarité. En outre, le bon fonctionnement des groupes est favorisé par l’assiduité et la ponctualité des enfants; les parents et les enseignantes doivent donc être mis à contribution.

L’implication des organismes communautaires du secteur est un atout de taille. Ils représentent un excellent complément aux initiatives de l’école et ont ainsi l’occasion de se faire connaître dans un contexte non menaçant. Ils peuvent, à plus long terme, accompagner les enfants et les familles dans leurs difficultés. Quoique parfois fragile, c’est un partenariat essentiel. Une difficulté fut ici d’assurer la stabilité à long terme du personnel recruté pour les activités de la période du dîner. Diverses formules furent essayées; la co-animation par un membre de la communauté (à contrat ou bénévole) renforcée par la présence d’un animateur professionnel (interne ou externe à l’école) a semblé la meilleure formule.

Certains parents semblent dépassés; l’école doit alors fournir la consultation et des outils leur permettant d’accompagner leurs enfants tout au long des activités de l’année. Le rapprochement des organismes communautaires peut s’avérer un de ces outils.

Enfin, et non de moindre importance, les activités de tels programmes ne devraient pas nécessiter de changements structurels d’importance dans l’école (personnel, locaux, mobilier, horaire…) ou dans la présentation des activités scolaires. Au contraire, elles devraient pouvoir s’harmoniser aux activités normales, tout comme celles qui soutiennent le projet pédagogique d’école.



* à suivre *

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