jeudi 2 septembre 2010

IDENTITÉS CULTURELLES - 1e partie

LE CHOC DES IDENTITÉS

C’est quoi pour vous?

On pouvait lire sous la plume de Claude Gauvreau que l’intégration des immigrants, relations interculturelles, identité québécoise, laïcité…autant de sujets qui soulèvent les passions depuis le débat déclenché il y a un an par la question des accommodements raisonnables. Quels rapports établir entre la majorité francophone et les minorités ethnoculturelles et religieuses? Comment concilier le respect des différences et la préservation de valeurs communes? Comment s’ouvrir à l’autre sans se renier soi-même?

Ces questions, sur lesquelles ont pu se pencher la Commission présidée par Gérard Bouchard et Charles Taylor, surgissent dans une société de plus en plus confrontée au pluralisme des identités. Sur les 42,000 nouveaux immigrants que le Québec accueille en moyenne chaque année, la majorité provient de l’Afrique et de l’Asie et non plus de l’Europe, culturellement plus proche de nous. Mais le choc des identités auquel on a assisté depuis quelques mois est également le reflet d’un contexte politique favorable à l’expression des différences.

« Depuis les années 60 et 70, l’espace politique en Occident s’est reconfiguré autour des revendications identitaires », affirme le professeur de sociologie Jacques Beauchemin. Après les luttes menées par les Noirs américains et par le mouvement des femmes pour l’égalité sociale et sexuelle, on a vu, dit-il, se multiplier les groupes exigeant le respect de leur différence : jeunes, homosexuels, membres de minorités ethniques ou religieuses. Or, une société qui se définit uniquement dans la diversité, sans lieu de rassemblement, peut difficilement porter un projet d’avenir. « La reconnaissance élargie des droits de chacun est devenue le seul projet que poursuivent les sociétés multiculturelles comme le Canada et le Québec », déplore Jacques Beauchemin.

« Le message est souvent confus. On sabre dans les programmes de
francisation, on crée un nouveau programme d’enseignement de l’histoire au secondaire qui insiste davantage sur l’histoire de la modernité occidentale que sur le récit national des Canadiens français. Ce n’est pas ainsi que l’on fera connaître aux néo-Québécois les grandes particularités de la société d’accueil, soit son histoire, sa culture et sa langue. » - Éric Bédard, professeur d’histoire à la TÉLUQ.


* à suivre *

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