lundi 6 septembre 2010

IDENTITÉS CULTURELLES - 3e partie

Pour Yolande Geadah, deux pièges sont à éviter : le racisme (« Les immigrants sont tous pareils ») et le relativisme culturel (« satisfaire toutes leurs revendications pour ne pas les stigmatiser »). Elle estime que les Québécois ont le droit d’exprimer un malaise face à des revendications qui remettent en question des valeurs démocratiques, comme l’égalité entre les hommes et les femmes. « Pour protéger l’espace public de l’empiètement du religieux, il faut rejeter certaines demandes concernant le port de symboles religieux dans les institutions, affirme-t-elle. Il faut refuser la séparation des sexes dans l’espace public, l’aménagement de salles de prières dans les écoles et l’application de principes religieux au plan juridique comme c’est le cas dans les tribunaux islamiques. »

Agusti Nicolau Coll est en faveur de la déconfessionnalisation des institutions, mais ne croit pas qu’il faille interdire pour autant toute manifestation du religieux dans l’espace public. « Pourquoi une dimension aussi importante que la religion devrait être confinée à la sphère privée? Dans une société pluri-religieuse, les institutions doivent s’adapter à la diversité tout en assurant que certaines demandes d’accommodements n’entravent pas leur fonctionnement », soutient-il. Instructeur d’une équipe de soccer dans ses temps libres, il n’interdirait pas à une joueuse musulmane de porter le foulard islamique si elle le désire.


« Ce qui m’inquiète surtout, c’est moins le fait de permettre à des jeunes
filles de porter le hidjab à l’école, par souci d’inclusion, que l’augmentation
du nombre d’écoles confessionnelles privées financées par l’État, dit Micheline
Labelle. Ces écoles sont passées d’une trentaine, il y a quelques années, à une
soixantaine aujourd’hui. »


* à suivre *

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