vendredi 10 septembre 2010

Vieillissement et le moment présent - 2e partie

Pour E. Casseus, l’intervenant auprès des personnes âgées devra donc aider celles-ci à restructurer leur identité perdue par une relecture de leur passé, comme il devra tenir compte des affects sous-jacents au sentiment d’un avenir qui rétrécit et qui fuit. C’est là tout le soutien à apporter au vécu émotionnel du temps des personnes âgées de l’Hôpital de jour pour faciliter leur adaptation dans le temps présent et faire en sorte qu’elles actualisent leurs potentialités et ce, pour mieux profiter des traitements et éviter le repli sur soi et la régression, ces personnes étant aux prises avec des perspectives d’avenir qui évoquent pour elles l’idée de la mort, le sentiment de finitude et de néantisation.


Deux chercheurs québécois font remarquer dans une étude que les sujets québécois (de cette étude) éprouveraient des difficultés relativement sérieuses, presque problématiques, à vivre dans le présent, à être assidûment en contact avec leur vécu immédiat et donc à en prendre conscience et à agir en fonction de lui.

Selon ces chercheurs, les personnes âgées participantes « …auraient plutôt une tendance non actualisante à vivre soit en fonction du passé fait de regrets, de nostalgie, de sentiments de culpabilité ou de ressentiment, soit en fonction de l’avenir avec des attentes, des anticipations, des projets idéalistes, des appréhensions ». S’appuyant sur cette recherche et notre connaissance de la clientèle, le projet part de l’hypothèse selon laquelle les personnes âgées ont une tendance à vivre en fonction du passé et nourrissent des craintes face au futur. Nous tenterons cependant, par notre démarche de groupe avec les participants, de renforcer le sentiment d’exister dans le présent.

Nous avons observé que l’attitude de certains bénévoles de l’Hôpital de jour face au temps n’encourageait pas les bénéficiaires à maintenir leurs acquis. Selon le point de vue qu’ils ont exprimé, leur suivi à l’Hôpital ne représentait qu’un acte ponctuel, une simple sortie. Leurs propos illustrent que ces personnes ont tendance à désinvestir et à adopter une attitude de vie qui peut se résumer à : « À quoi bon ? »

Notre observation de la clientèle nous a permis aussi de constater que celle-ci désire donner plus de consistance, de vigueur et d’orientation à sa vie de tous les jours. Ces personnes expriment le besoin de reprendre confiance en leurs moyens, leurs capacités de survie, leur courage et leurs convictions pour continuer à mieux affronter la vieillesse. Elles souhaitent pouvoir revaloriser les éléments favorables de leur environnement et de leur autonomie physique.

C’est pour faciliter l’adaptation sociale et psychologique de cette partie de la clientèle de l’Hôpital de jour au passage du temps présent que nous avons entrepris la démarche de groupe dont nous vous présentons maintenant les résultats.


* à suivre *

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