mardi 9 novembre 2010

ENFANTS ET LE DIVORCE - 2e partie

Besoin des enfants

Notre réflexion sur ce thème provient de notre pratique ne thérapie familiale et de notre expérience en médiation. Les écrits de Françoise Dolto nous ont également inspiré, entre autres Quand les parents se séparent, paru en 1988.

Dolto parle de la nécessité de maintenir trois continuums dans la vie du jeune enfant (0 – 8 ans) lors du divorce de ses parents :
- Le continuum du corps, ce qui correspond à son être intime. La maison fait partie de ce continuum dans le sens où le corps de l’enfant s’identifie à la maison dans laquelle il vit. Son corps s’est construit dans un certain espace avec ses parents qui étaient là. Si l’espace change, l’enfant ne s’y retrouve plus dans ses repaires spatiaux et temporels.

- Le continuum de l’affectivité, c’est-à-dire pouvoir maintenir des liens avec ses deux parents. Ce n’est pas l’enfant qui divorce mais bien les parents. Il a besoin de sentir qu’il a le droit d’aimer et d’être aimé de ses deux parents. Les parents peuvent dire à l’enfant qu’ils ne regrettent pas leur mariage à cause de sa naissance et surtout qu’ils continueront à l’aimer, entièrement, même dans sa partie qu’il a hérité de l’autre conjoint.

L’enfant a aussi besoin d’avoir accès à ses deux lignées parentales même lorsqu’un des parents a disparu. L’enfant a besoin de plusieurs modèles d’identification féminine et masculine présentés par ses parents, grands-parents, oncles et tantes. L’enfant est issu de ses deux lignées et il a besoin de ses racines pour continuer à grandir.

- Le continuum de la vie sociale, ce qui correspond à son être social – les amis, l’école, le quartier. Plus l’enfant a investi son être social, plus le parent devra être attentif à l’impact sur l’enfant d’une trop grande demande d’adaptation sociale, surtout dans une période de crise où le jeune a justement besoin du soutien de ses amis. (Dolto).

D’autres besoins peuvent aussi être invoqués : celui d’informer les enfants des projets de séparation de leurs parents, y compris les tout-petits. Il est aussi nécessaire que cette annonce se fasse dans une situation triangulée, c’est-à-dire conjointement par le père et par la mère. L’enfant a besoin pour se déculpabiliser d’entendre les raisons de la séparation de ses parents. Il n’a pas besoin de réentendre les blâmes mutuels. Ce qui est motif de divorce, c’est que chacun veut retrouver sa liberté, soit sa liberté sexuelle, soit sa liberté d’action, soit sa liberté pécuniaire, parce qu’il n’y a plus d’amour, qu’il n’y a plus de désir de rester ensemble.

Françoise Dolto insiste par-dessus tout pour que l’enfant soit entendu, ce qui n’implique nullement qu’on fasse ensuite tout ce qu’il demande. Il est nécessaire pour que l’enfant humanise son vécu qu’il passe par l’expression verbale de ses sentiments.

« Il faut soutenir chez un jeune la liberté de penser et de s’exprimer sur
la situation qui lui est faite. Comme il aura pu en parler, il sera reconnu
comme quelqu’un qui a le droit de penser et il ne sera plus dans le désespoir de
la solitude. »


* à suivre *

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