mardi 16 novembre 2010

INTERVENTION POUR CONJOINTS - 1e partie

Au Canada, une enquête menée il y a quelques années par les professeurs F. Ouellet, M-C Saint-Jacques et Jocelyne Lindsay, a fait ressortir que 18% des hommes âgés de plus de 18 ans, mariés ou conjoints de fait, ont déclaré avoir commis au moins un acte de violence physique à l’endroit de leur conjointe, durant l’année précédant l’enquête. De plus, lorsque l’on a interrogé les hommes séparés ou divorcés par rapport à leur dernière année de vie commune, 30% d’entre eux ont signalé avoir usé, au moins une fois, de violence physique face à leur partenaire. Il est par ailleurs inquiétant de constater que « plus de la moitié des répondants de sexe masculin qui ont déclaré avoir malmené leur partenaire avaient 291 as ou moins. »

Qu’en est-il aujourd’hui? Il est difficile d’évaluer si la violence conjugale prend de l’ampleur. Chose certaine cependant, elle est de moins en moins tolérée et différentes approches ont été développées afin d’en diminuer l’occurrence. Parmi les nouvelles formes d’intervention, on retrouve le traitement des conjoints violents. Les recherches menées à ce jour font ressortir trois éléments justifiant le traitement de l’agresseur. Tout d’abord, il faut considérer qu’une majorité de femmes violentées retournent ou continuent de vivre avec leur conjoint (Browning; Saunders; Gondolf; Farley & Magill; Nations Unies). D’autre part, la violence survit au-delà de la séparation. Ainsi, «84% des femmes qui n’ont jamais repris la vie commune après avoir quitté la maison d’hébergement signalent au moins un incident violent avec leur ex-conjoint » (Giles-Sims cité dans MacLeod). Finalement, il semble que la violence, loin de cesser avec la fin d’une union, se déplace d’une conjointe à une autre (Browning; Farley; Magill; Rondeau). Si l’intervention à privilégier auprès de ces hommes soulève plusieurs débats, l’idée de leur offrir un traitement, qu’il y ait ou non action légale, est de plus en plus admise. Ces constats ont donc favorisé au Québec l’émergence de plusieurs programmes de traitement pour conjoints violents. À ce sujet, l’étude de Rondeau a permis de dénombrer l’existence de 16 organismes québécois, dont 15 offrent un programme d’aide aux conjoints violents. On sait cependant peu de choses de l’efficacité de ces programmes.

Le présent article s’inscrit dans le cadre plus large d’un projet de recherche portant sur l’évaluation de l’efficacité de deux groupes de traitement pour conjoints violents. Il s’agit des groupes G.A.P.I. et S.A.H.A.R.A.S. Au moment où se développait cette étude, nous avons eu à examiner les résultats obtenus par d’autres chercheurs. Ainsi, le premier objectif de cet article est de rendre compte des principaux thèmes que nous avons rencontrés dans les écrits portant sur l’évaluation des groupes de traitement pour conjoints violents. Le second objectif vise à faire état du contexte particulier dans lequel s’exerce l’évaluation de l’efficacité de ce type de programme. Ce contexte de recherche est fortement modelé par la nature du problème à l’étude, notamment à cause de son caractère de dangerosité et d’illégalité.

* à suivre *

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