lundi 15 novembre 2010

ENFANTS ET LE DIVORCE - 6e partie

Conclusion

Donner une place à l’enfant ne signifie pas bien sûr « parentiser » celui-ci en l’impliquant trop dans les décisions. En aucun cas l’enfant ne doit porter seul le poids des choix relatifs à la garde et à l’accès ou toute autre décision le concernant.

Il s’agit plutôt de donner à l’enfant une place pour exprimer ses besoins, ses inquiétudes, ses doutes, ses peurs, ses récriminations, de l’aider à communiquer à ses parents ce qu’il pense et ressent (par exemple : arrêter la chicane, raccourcir les visites, voir son père ou sa mère sans la présence de l’autre conjoint). Il s’agit de donner à l’enfant le soutien dont il a besoin pour s’adapter à sa nouvelle situation. Il s’agit aussi de pouvoir signaler aux parents les signes de détresse des enfants afin qu’ils puissent trouver dans un autre service l’aide dont ils ont besoin.

L’implication de l’enfant dans le processus de médiation peut amener une dépolarisation du problème. Le conflit dyadique fortement chargé d’hostilité devient alors un problème où plusieurs perspectives entrent en ligne de compte, chacune pouvant être objectivée pour être située par rapport aux autres.

Les parents qui divorcent sont préoccupés et ont besoin de discuter des besoins des enfants et de leur propre attitude à leur égard. C’est au médiateur à se positionner dans le sens d’une intervention systémique préventive à l’égard des besoins des enfants et de leurs parents.

Évidemment, si l’on veut introduire l’enfant comme participant à la médiation, on devra lutter contre la résistance des adultes qui veulent à tout prix protéger l’enfant des conflits parentaux. Nous devrons considérer l’enfant comme une ressource dynamique au sein du système familial plutôt que comme une victime du système parental.

Une telle conception nous amènera sûrement à développer de nouvelles stratégies d’intervention systémique en médiation.

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