mercredi 19 janvier 2011

LA NOTION DU DÉSIR CHEZ LE COUPLE 18e partie

Le docteur Barbara Sherwin, professeur de psychologie d’obstétrique et de gynécologie à l’université McGill, nous a appris beaucoup de choses quant à la testostérone chez les femmes. Aux cours de ses recherches, Sherwin a donné différentes préparations hormonales à des femmes ayant un taux de désir très peu élevé du fait de l’ablation de leurs ovaires. Elle a mené une expérience sur quarante-quatre femmes qu’elle a séparées en trois groupes. Aux femmes du premier groupe, elle a donné de l’œstrogène, une hormone que l’on prescrit couramment aux femmes en phase de ménopause, naturelle ou chirurgicale. Aux femmes du second groupe, elle a donné un mélange d’œstrogène et de testostérone. Et les femmes du troisième groupe, elles, ont reçu un placébo. Sherwin, ensuite, a scrupuleusement répertorié les activités sexuelles de chacune des femmes participant à l’expérience Celles qui avait eu de l’œstrogène ou un placebo n’ont assisté à aucun changement dans leur vie sexuelle. Mais en revanche, celles qui avaient eu le mélange; œstrogène-testostérone avaient senti une montée importante de leur taux de désir.

Mais peu d’études proposent des résultats aussi tranchés. Et d’ailleurs, Sherwin a reçu très peu d’appels de maris ronchons se plaignant de ce que leur femme soit devenue trop « hot »! « Cela fait rire tout le monde », dit-elle, « mais quand un homme dépasse la cinquantaine, il n’a pas forcément envie d’augmenter la fréquence de ses rapports sexuels ». Quant aux femmes, la plupart choisissent de poursuivre le traitement. « En effet », commente Sherwin, « mis à part le fait que la progestérone restaure leur sens du désir, elle leur procure aussi un meilleur bien-être. Les oestrogènes peuvent également influer favorablement sur leur humeur amoureuse ». Quant au mélange œstrogène-testostérone, il semble vraiment avoir un effet tonique puissant sur les femmes.

Et la testostérone naturellement produite par l’organisme féminin? Quel effet a-t-elle sur la sexualité de la femme? Pour le savoir, le docteur Patricia Shreiner-Engel, officiant à l’hôpital du Mont-Sinaï, à New York, responsable de toute la partie psychologique du service de gynéco-obstétrique, a étudié la relation entre la progestérone et l’éveil du désir sexuel sur un groupe de trente jeunes femmes en parfaite santé. Tout d’abord, elle a mesuré le taux de testostérone présent en chacune d’entre elles, et elle s’est aperçue qu’il y avait des différences significatives parmi elles. Les femmes ayant un fort taux naturel de testostérone, elle les a mises dans un groupe qu’elle a appelé « P+ », et celles ayant un faible taux dans le groupe appelé « P- ». Puis, sur une période de quelques semaines, elle a pris note des relations sexuelles de chacune. Elle a découvert que les femmes appartenant au groupe « P+ » avait le taux de désir et d’excitation sexuelle le plus élevé, et pouvaient aussi maintenir leur excitation en éveil le plus longtemps. Que la testostérone soit naturellement présente dans le corps de la femme ou qu’elle le soit artificiellement, elle semble avoir un effet significatif sur ses élans sexuels.

* à suivre *

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