jeudi 29 mars 2012

LA DÉTRESSE DES HOMMES - 59e partie


IVRESSE MENTALE ET SON TRAITEMENT

Notre expertise nous amène à percevoir cette toxicomanie comme le résultat avant tout d’une manière inadéquate pour la personne d’interagir avec son environnement. Il y a aucun doute que tout  le monde désire que l’individu pour qui l’alcool est un problème, adopte une attitude responsable à cet égard.

L’alcoolique est responsable des gestes qui l’ont amené à cet état. Et il est responsable des  gestes à poser pour s’en sortir. Il est responsable  des gestes à poser pour ne pas revenir à l’état qu’il déplore lui-même. Il se trouve donc devant tout un répertoire de possibilités dans lequel il doit faire des choix : choix d’aspirations, choix de comportements. Redonner à la personne sa responsabilité, ce n’est pas la condamner pour ce qui est arrivé, c’est le libérer de lourdes chaînes qu’elle traînait, c’est croire en elle, c’est la respecter dans le sens profond de l’humain qu’elle représente.

Vu sous cet angle, l’alcoolisme est une technique d’adaptation, c'est-à-dire l’adoption graduelle d’un mode d’agir pour se maintenir comme personne, pour faire face à sa réalité quotidienne, pour «  réchapper » devant les réalités de sa vie et devant les soubresauts émotionnels que celle-ci suscite en lui. Chacun se trouve constamment dans une telle conjoncture. Peu de situations humaines ne provoquent pas d’émotions, d’anxiété, de crainte, de joie, de dépression ou autres. Le mode habituel consiste à affronter la situation malgré les émotions engendrées et à en arriver à une sorte de solution où chacun est parfois gagnant et parfois  perdant. La tentation est grande alors pour chacun de se faire accompagner d’alcool, ou de psychotrope quelconque, dans cet échange avec la vie, de faire face à la situation en agissant sur son organisme soit pour se rendre plus fort devant celle-ci, soit pour l’éviter totalement.

Le renforcement du comportement de boire se répète à chaque nouveau verre, de sorte que bientôt l’alcool doit toujours être présent et en quantité de plus en plus grande puisque la tolérance physiologique entre en jeu. La personne est alors «  alcoolique ». Elle a fait et continue de faire un mauvais usage de ce que la société préconise, c'est-à-dire boire en diverses circonstances. Elle cherche dans l’alcool une situation, alors que l’alcool ne sera jamais une solution aux épreuves de la vie, de sa vie.

Avec une telle conception, l’intervention auprès de l’alcoolique ne peut être seulement médicale. Même si, dans 5% des cas, il faut agir d’abord en vue de rétablir rapidement l’organisme intoxiqué pour le remettre en état de fonctionner, l’intervention médicale ne peut toucher à l’alcoolisme même.
Pour réussir à amener les alcooliques à un mode de vie productif, un programme de traitement doit permettre à ces personnes de ressentir de la fierté et de l’espoir, et d’accepter ses responsabilités.

L’alcoolisme n’est pas une maladie mentale et ne peut être approché par les moyens propres à cette difficulté. En effet, on observe qu’il peut y avoir une amélioration du fonctionnement personnel sans que change le comportement de boire, tout comme on observe dans la position médicale que l’adoption de l’abstinence totale peut s’accompagner d’une plus grande mésadaptation psychologique et sociale.

On reconnaît de plus en plus aujourd’hui, sous l’influence de la psychologie humaniste et de la médecine holistique, que c’est à toute la personne de l’alcoolique qu’il faut s’adresser dans la recherche avec lui, d’une solution à son problème. L’approche psychosociale touche la personne dans sa conception d’elle-même en tant que personne valable qui, comme tout le monde, est assaillie de nombreuses émotions, qu’elle a tendance à noyer dans l’alcool  plutôt que de les aborder par une action constructive. Elle touche la personne dans sa relation avec son entourage qu’elle doit mieux comprendre et vis-à-vis duquel elle doit mieux s’exprimer. Elle touche l’organisation de sa vie même dans les choix de la personne pour obtenir ce qui peut être désiré selon des aspirations réalistes et légitimes. Modifier son style de vie, c’est apporter des changements dans toute la configuration personne-environnement, dans l’expression interne ( ses croyances, attitudes, ses schèmes de perceptions et de pensées ) et dans l’expression externe de cette configuration ( ses actions). L’intervenant accompagne l’alcoolique au cours de ce processus : il l’écoute et attire son attention sur divers aspects, il lui suggère des pistes d’exploration personnelle, orale ou écrite, concernant l’alcool, concernant l’alcool et ses effets métaboliques, il renforce les efforts qu’il fait en vue d’adopter de nouveaux comportements. Tout cela se traduit par une présence attentive, active, qui respecte la responsabilité de l’alcoolique dans le processus que ce dernier a entrepris.

Les malaises existentiels menant à de mauvais styles  de vie ne doivent plus être considérés comme des choses extérieures à la personne qui, comme un virus, s’infiltrent dans l’organisme selon le modèle médical. On doit plutôt voir l’état qui résulte de ces malaises comme étant consécutifs à un mauvais choix de solution, nettement justifié d’ailleurs, mais inapproprié face aux désirs et aux aspirations existant au moment du choix.

Reconnaître cette responsabilité, c’est reconnaître la responsabilité nécessaire à la réorientation des choix vers des comportements plus adéquats. On aura recours, lorsqu’il s’agit de difficultés de cet ordre, au médecin ayant une approche holistique, au psychologue ou tout autre intervenant, non pour remettre entre ses mains le problème ou la mésadaptation alcoolique, mais pour recevoir de sa part l’attention nécessaire pour la mise en marche du processus de modification de soi. La route à suivre est longue, mais les résultats assez encourageants obtenus à ce jour laissent croire qu’avec le temps, ceux-ci seront plus importants.

On peut conclure au sujet de la dépendance :
-Les psychotropes perturbent les émotions, les perceptions et les comportements d’une personne. Les drogues les plus dangereuses sont celles qui créent la dépendance, laquelle est physiologique et psychologique.
-Les  stimulants produisent une activation du système nerveux central, ils peuvent produire une intoxication.
-Les narcotiques produisent la détente, calment la douleur et l’anxiété. Les hallucinogènes engendrent des hallucinations et d’autres modifications de la perception Ainsi, ils  peuvent amener la personne dépendante à une prise de conscience.

Mais, qu’est-ce que la conscience, et quels sont les différents états de conscience?                    La conscience est une structure cognitive supérieure ( loin de la périphérie, loin du sens) chargée d’assurer la direction et l’intégration de l’information et dont le fonctionnement donne lieu à une expérience subjective. On distingue au moins trois niveaux de conscience : la conscience implicite, la conscience réflexive, et la méta conscience.

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