lundi 16 mars 2009

Toxicomanie Regard Anthropologique 17e partie

A contrario, il est possible de soutenir que cette faille proviendrait de la difficulté à dépasser une image idéale de soi-même, renvoyée en miroir par le regard de la mère. Ainsi, pour reprendre les termes de Piera Aulagnier, une déidéalisation progressive n’aurait pu se produire, non plus que le passage d’un Je idéalisé à un Je identifiant… La violence ordalique rejoindrait peut-être ainsi ce que Bergeret (1981) nomme la violence fondamentale, violence fondatrice et nécessaire dont un avatar est le fantasme de matricide.

Selon Braunschweig et Fain (1975), l’épreuve ordalique est ce qui permet à un enfant de dépasser le lien à une femelle destructrice, désexualisante, pour accéder au maternel protecteur, c’est-à-dire à une relation à la mère inscrite dans un champ culturel. Dans cette optique, la mort de celui qui échoue à l’épreuve est la juste punition de l’inceste, frappant l’enfant qui n’a pas réussi à être autre chose qu’objet de complétude de la mère…

Transgression suprême, le jeu avec la mort est donc aussi appel à la Loi, jugement de Dieu invalidant les dépositaires de cette Loi pour en interroger le fondement ultime.

* à suivre *

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