lundi 28 septembre 2009

Punkitude - 3e partie

L’excentricité vestimentaire et corporelle

Chez les Punks

Sexualité perverse, sado-masochisme

Les filles « punks » empruntent leur vocabulaire vestimentaire au stéréotype de la prostituée et de la vulgarité. Yeux faits, bouche peinte, juchées sur des talons ou, au contraire, portant des bottes militaires, elles déambulent, provocantes, en collants résille et mini-jupe, ou moulées dans des pantalons à impression panthère, leurs cheveux décolorés ou de couleurs agressives, crêpés et laqués, ces modernes gorgones évoquent l’image de la femme « à acheter ». Mais gare au « Monsieur tout le monde » qui tombe dans le piège tendu et se laisse aller à des commentaires trop crus à des invites directes. Il ne recevra en retour que quolibets, insultes, tutoiement de mépris, regards méprisants.

La chanteuse et comédienne Madonna a vulgarisé cette image créée par les petites filles « punks » de la fin des années 70 : chaînes « rockers », mais surtout prote-jarretelles et sous-vêtements sexy apparents. Inversion symbolique, dessus dessous, intimité qui se donne à voir.

Plusieurs images se mêlent, femme-enfant décorée comme un arbre de Noël, femme fatale, femme dominatrice, jeux sur l’image. Fin des années 70, début des années 80, l’amour romantique n’était pas de mise chez les punks (alors que les nouveaux punks des années 83-85 se tiennent par le cou dans la rue). On pouvait voir dans la rue une jeune fille tirant un homme en laisse, un collier de chien autour du cou.

De manière générale, garçons et filles portent de nombreux éléments vestimentaires qui connotent habituellement la sexualité sadomasochiste : ceintures et bracelets de force en cuir noir cloutés, colliers de chien, cuir et skaï noir, casquettes de cuir à haute coiffe évoquant le spectre nazi. Une partie de ces éléments se retrouve dans le milieu homosexuel S.M. (sado-maso), dont la plupart des membres, tout en goûtant cette imagerie, hommes virils, fantasme de domination, tiennent à affirmer, qu’ils ne se sentent rien de commun avec les milieux néo-fascistes. Les punks allaient plus loin en portant des croix gammées et autres symboles nazis par surenchère à la provocation. Ayant compris que toute provocation, dès lors qu’elle est connue et identifiée comme telle, est acceptée et même récupérée, les punks se devaient d’afficher ce qui était inacceptable aux yeux de tous. Cette démarche de sémiologue nihiliste jouait sur l’arbitraire du signe, sur la connotation des signes empruntés : quand rien n’a plus de sens, tous les signes sont équivalents et renvoient au néant.

* à suivre *

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