dimanche 13 septembre 2009

Retour au Bercail - 22e partie

SYMPTÔMES NÉGATIFS
Retrait social/Dépression


Pendant la période de convalescence, les schizophrènes passent la grande partie de leur temps seuls. Ils ne cherchent pas la compagnie d’autrui et ne semblent d’ailleurs pas la tolérer très bien. Ce comportement est partiellement attribuable à la maladie. Les patients semblent avoir perdu quelque chose et l’énergie et l’intérêt normalement associés aux interactions sociales n’existent plus. Il faut faire preuve de tolérance et de patience pour venir à bout de cette attitude. Une augmentation graduelle des stimulations sociales est utile, mais elle doit être très progressive et il faut y mettre fin si elle semble avoir un effet défavorable.

L’isolement est en partie attribuable à la dépression. Le patient peut se rendre compte après un épisode aigu de maladie qu’il a mal agi ou qu’il s’est abaissé de quelque façon, qu’il a interrompu ses études ou délaissé ses amis, qu’il a gâché sa carrière, qu’il souffre d’une affection récurrente pouvant entraver la réalisation de ses ambitions, ou qu’il ne peut plus supporter autant de stress que ses amis. Tout cela peut être déprimant. La disparition des délires qui contribuaient peut-être à renforcer son estime de soi entraîne aussi de la dépression. L’idée délirante d’être quelqu’un d’exceptionnel, ou l’idée d’être aimé par quelqu’un de spécial ou encore l’idée d’être aimé par quelqu’un de spécial ou encore l’idée d’avoir un destin extraordinaire en sont des exemples. Le traitement ayant fait disparaître cette conviction, le patient peut devenir déprimé même s’il a retrouvé le sens de la réalité. La réalité ne peut remplacer la beauté de l’illusion.

Les sentiments dépressifs sont douloureux puisqu’ils regroupent le regret, l’angoisse, l’impression d’impuissance et le désespoir. La personne se sent souvent maladroite, laide, terne, débraillée et peu attachante. Elle a l’impression que nul ne l’aime. Elle peut même songer au suicide.

Le suicide n’est pas rare chez les schizophrènes et cette possibilité doit toujours être présente à l’esprit. Il survient le plus souvent parmi les hommes jeunes au cours des cinq premières années de la maladie. Une fois cette période dangereuse passée, le risque de suicide diminue considérablement. Habituellement, une personne qui a l’intention de se blesser commence d’abord par en parler, puis elle peut faire plusieurs tentatives superficielles avant de passer à quelque chose de plus grave. Il est souvent difficile de déterminer à quel point il faut prendre au sérieux l’expression de ces intentions ou une blessure légère. Il est préférable de toujours prendre ces choses au sérieux et de signaler au thérapeute toute idée suicidaire ou toute tentative pour se blesser.

En général, la dépression doit être prise au sérieux et il faut en signaler tous les symptômes au thérapeute. Celui-ci peut alors poser un diagnostic précoce et intervenir sans délai. Ce comportement contribue à rassurer le patient sur les soins et l’intérêt que vous lui prodiguez. Il importe aussi de s’assurer que le patient s’alimente convenablement, fait de l’exercice, dort pendant la nuit et reçoit des stimulations pendant la journée. La satisfaction de ses besoins psychologiques est également importante : compréhension, encouragement, valorisation, attitudes flexibles, loyauté, réconfort et marques d’espoir. Cela contribuera à construire son estime de soi. Parmi les moyens pouvant combattre la dépression figure aussi l’augmentation graduelle des responsabilités sur le plan du travail, des activités sociales, récréatives et professionnelles. Ces activités permettent à certains individus d’acquérir des techniques de survie qui les aident à s’adapter à la maladie. Une patiente dit utiliser une « échelle de mesure interne », c’est-à-dire qu’elle se compare à ce qu’elle était un mois ou un an plus tôt. Elle peut ainsi compter les « gains positifs » et apprécier sa détermination. Cet exercice lui évite les déprimantes comparaisons avec autrui.

Les dépressions sont habituellement limitées dans le temps et elles obéissent à des antidépresseurs spécifiques que le médecin peut souhaiter prescrire. Chez certains patients, les antidépresseurs accentuent les symptômes de la schizophrénie; le médecin doit donc décider de la mesure la plus judicieuse dans chaque cas.



* à suivre *

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