lundi 14 septembre 2009

Retour au Bercail - 23e partie

Symptômes Négatifs

Apathie, absence de motivation, d’intérêt et d’énergie

Ces symptômes négatifs apparentés sont souvent confondus avec de la paresse. Ils en ont l’apparence mais, en fait, ils sont un effet de la maladie et ils se présentent comme une incapacité à passer à l’action. Le patient passe beaucoup de temps au lit, il est peu disposé à participer aux activités de la maison et il ne fait pratiquement rien d’autre que de manger et dormir. Les symptômes négatifs sont très affligeants pour la famille et les amis et ils peuvent prendre beaucoup de temps à disparaître. Ils peuvent persister de six mois à cinq ans après un épisode aigu de schizophrénie.

Bien qu’elle ne soit pas aussi pénible que la dépression, l’apathie semble comme un vide intérieur à la personne qui l’éprouve. L’individu a l’impression d’être ennuyeux, assommant et lassant. On voit des cas où les patients arrêtent volontairement leur traitement pour redevenir gravement malades et ainsi ressentir autre chose qu’un pur vide.

Le meilleur traitement de ces symptômes négatifs se compose des éléments suivants : stimulation graduelle, milieu bien structuré, interactions sociales et beaucoup d’appui. La stimulation, la structure, la socialisation et le soutien sont les quatre facteurs importants dans la schizophrénie. La stimulation consiste à ajouter de nouveaux éléments au répertoire de la personne sur les plans suivants : emploi du temps quotidien, rencontres sociales, événements divers, activités, milieux. Il est important de procéder lentement et graduellement puisque trop de nouveauté à la fois risque de perturber le patient. Commencez d’abord par des activités simples qui exigent peu d’habileté (jeux de cartes, jeux de société, ping pong) et qui ne requièrent la participation que d’une ou deux autres personnes. N’ayez pas de grandes attentes et ne comptez pas que les patients vont prendre plaisir à ces activités. Le plaisir viendra plus tard, une fois surmontées les difficultés et l’anxiété. Reconnaître qu’un travail est bien fait, apprécier, complimenter, tout cela peut aider. L’apprentissage de nouvelles tâches se fait plus facilement si l’accomplissement de la tâche est suivi d’une récompense immédiate. Ne demandez qu’une chose à la fois et non plusieurs. N’oubliez pas que les aptitudes non verbales sont parmi les mieux préservées chez le schizophrène; faites donc surtout appel à ce genre d’aptitude.

Le structure regroupe l’emploi du temps quotidien et les attentes pour chaque partie de la journée : moments pour se lever, pour se vêtir, pour manger et pour participer aux activités. L’horaire quotidien doit être prévisible et comporter des changements graduels pour éviter l’ennui. Le patient doit connaître ses responsabilités et savoir à quoi s’attendre s’il ne les assume pas. Les membres de la famille doivent être prêts à appliquer les mesures prévues si les tâches ne sont pas accomplies.

Exemple : Lucie reste au lit jusqu’à midi et son père en est irrité.

Réaction inutile : « Sors du lit, espèce de paresseuse. Ta mère ne t’apportera plus ton repas au lit. »

Réaction utile : « Lucie, la famille mange à 13 heures. Viens nous rejoindre. Nous comptons sur toi. La table sera desservie à 13 heures 45 et ce sera long avant le souper. Essaie donc de ne pas être en retard. »

(Tous les membres de la famille doivent alors demeurer fermes sur ce point et ne pas lui apporter de nourriture au cours de l’après-midi si elle ne les rejoint pas à table.)

La socialisation et l’appui ne nécessitent pas d’explication. Même si les patients désirent rester seuls, ils ont, comme tout le monde, besoin d’interactions sociales. Ils en ont besoin pour des raisons affectives mais aussi pour des raisons strictement pratiques. La présence des autres dans leur vie est nécessaire pour les aider à accomplir diverses tâches comme faire le bilan de leurs finances, se garder en bonne santé, se procurer suffisamment à manger, régler les problèmes juridiques, etc. Les familles ne devraient pas tenter de pourvoir à tous ces besoins. Il faut inciter le patient à voir d’autres personnes, même si ces contacts sont limités et superficiels. On ne doit pas oublier que les interactions sociales sont difficiles pour le patient qui doit donc compter sur beaucoup d’appui et d’encouragement. Les nouvelles tâches, surtout si elles impliquent des gens, sont plus faciles à accomplir en compagnie d’un ami. Il ne faut pas s’attendre à ce que les patients entreprennent de nouvelles choses de leur propre initiative. Vous devez être prêts à les accompagner tant qu’ils ne se seront pas fait d’amis au nouvel endroit.

* à suivre *

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